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foules s’habituent aux situations faites. Si vous les laissez choir des hauteurs où l’on parvient à les maintenir par l'exaltation de la lutte, il devient impossible de les y faire remonter. Après une trève, elles manquent de l'énergie nécessaire pour reprendre la bataille, ou pour retourner à d'anciennes positions, fût-il manifeste que ces dernières sont préférables à la position du moment. Voilà ce qui se produirait infailliblement au Manitoba si nous cessions momentanément la lutte, L'opinion publique, de toutes parts fatiguée, ne se sentirait
lus le courage de rompre cette trève per-
de; la minorité serait définitivement désarmée ot vaincue, et ses droits enfouis à jamais. Et c’est faire luire à nos yeux un vain espoir que de chercher à nous persuader qu'avec le temps notre position pourrait redevenir meilleure. Non, il n'est pas vrai, comme on ose nous le dire pour mieux nous endormir, que ce règlement ne soit qu'une première concession devant être bientôt suivie par d’autres, M. le procureur général du Manitoba, M. Cameron, a uettement tranché la question dans son discours à la législature provinciale. Expliquant l’article 7 du règlement, il disait :
Cet article repousse le système des écoles séparées, et démontre que l'intention de ce règlement est de le supprimer pour toujours.
Certes, ce langage est assez explicite.
L'avenir est fermé à tout espoir, et il est gros de dangers nouveaux.
Mais, nous dit-on, vous étiez prêts à accepter les propositions contenues dans le mémoire des délégués envoyés, il y a un au,à Winnipeg par l’ancien gouvernement ; or, ajoute-t-on, le présent règlement ne diffère pas en substance de ces propositions,
Jeréponds: 1° les propositions faites l'an dernier par les commissaires n'avaient d'autre objet que de fournir une base à des négociations sub+équentes auxquelles devaient prendre part la minorité et les autres parties intéressées; 2° la minorité n’a jamais accepté ces propositions; 3° elles diffèrent essentiellement du présent règlement,
Je dispose tout de suite de cette troisième assertion, Il va me suffire de citer un nouveau passage du discours de M. Cameron, l’un de ceux, remarquons le bien, qui ont pris part aux négociations dans les deux cas,
On a accusé, disait-il, le gouvernement du Manitoba d'avoir agi avec perfidie vu que les
termes du règlement sont en substance identiques À l'offre faite par les commissaires fédéraux il y a un an. Néanmoins il s’en faut de beaucoup qu'il en soit ainsi.... ['accusation est précisément opposé même de la vérité ; il n’y a pas la moindre similitude entre les propositions des commissaires fédéraux et celles d'aujourd'hui.
En effet, lo gouvernement manitobain refusait les propositions de l'an dernier parce que, dans son opinion, elles restituaient à la minorité ses écoles séparées ; ce même gouvernement accepte le présent règlement parce qu'il consacre la suppression permanente des écoles «éparées. Les propositions de l’année dernière reconnaissaient nos droits, le règlement de cette année est virtuellement le tombeau de ces mêmes droits,
Et maintenant, revenant à la première de mes assertions à ce sujet, je vous prie d'observer la différence essentielle qu'il y a entre l'attitude de l’ancienne administrution et celle du gouvernement actuel,
L'an dernier, les commissaires avaient positivement reçu instruction de ne conclure aucun traité sans avoir au préalable obtenu l’assentiment de la minorité à cette convention, Cette année le gouvernement fait un règlemont final sans le moins du monde se préoccuper du sentiment de la minorité.
Quant à l'intention imputée à la minorité de s'être montrée di-posée à accepter les propositions des commissaires de l’an dernier, elle est absolument dénuée de fondement. Sa Grandeur Monseigneur l'archevêque de Saint-Boniface en a manifesté sa désapprobation, De mon côté. j'ai mis par écrit, et communiqué au gouvernement, mon dissentiment, Je demande au sénat la permission de lire un passage de la lettre que j'adressai au premier ministre d'alors, à co sujet (sir Mackenzie Bowell) aussitôt qu'il me fut possible de me prorurer un exposé officiel des mouvements de la commission :
Je réclame pleine justice pour la minorité, Les propositions des commissaires ne nous donnent pas cette justice pleine et entière ; par conséquent il est de mon devoir de marquer mon dissentiment à l'endroit de ces propositions, lesquelles restent en deçà des limites assignées à nos droits, Inutile d'ajouter que je suis encore plus éloigné d'accepter les propositions du gouvernement du Manitoba. Je vous prie de mettre votre cabinet au courant des vues que je viens de vous exprimer.
Ces protestations suffisent pour rendre inattaquable la position de la minorité au sujet de la mission de la délégation de 1896. |
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Examinons sommairement maintenant le projet de loi réparatrice de l’an dernier. Ce projet de loi nous donnait :
1° Un conseil d'instruction publique catholique.
2° Un surintendant catholique de l’instruction publique.
3° Des inspecteurs d'école catholiques.
4° Des instituteurs catholiques partout, et indépendamment du nombre des élèves,
5° Des commissaires d'école catholiques.
6° Des examinateurs catholiques,
7° Une école normale catholique.
8° Le choix des livres,
9° Le droit d'imposer des cotisations pour le soutien de nos propres écoles,
10° L'exemption de tout impôt pour le soutien des autres écoles,
11° Il affirmait nos droits à une part proportionnelle de la subvention iégislative votée pour les fins scoluires.
Or, le présent règlement ne nous concède aucun de ces privilèges, Il no nous reconnait pas même de droits à un soul de ces privilèges, Et cependant on cherche à nous faire accroire qu’il est préférable à cette loi, Je ne puis revenir de l’étonnement que me cause cette persistance à fausser la «ituation, Je n'insisterai pas cependant sur ce point, parce qu'il me semble que le seul énoncé des faits suffit à dissiper tout malentendu à ce sujet.
Mis je désire mettre en relief l’un des aspects de ce projet de loi, Dans son ensemble il constituait une indiscutable consécration des droits de la minorité
catholique du Manitoba. Et pardesus |
tout, il fixait irrévocablement les principes constitutionnels qui doivent servir au règlement de ces questions. On y déclaruit formellement que les minorités pouvaient s'en remettre au pouvoir fédéral pour la protection de leuis droits et de leurs privilèges, Or, la consécration de cette uoctrine constitutionnelle, une fois obtenue par l'adoption définitive de cette loi, eût assuré la paix et l'harmonie pur tout le pays; car, avec le triomphe de cette politique, toute velléité d’empiètement sur les droits des minorités, en quelque province qu'elle se fût manifestée, aurait été tenue en échec et même étouttée dans son germe par le spectre de l’intervention fédérale,
Voilà qui était suffisant pour rallier à ce projet de loi les sympathies de tous les
amis sincères de leur pays et de sa constitution.
Certains nous représentent. que nous aurions pu de rechet être trainés devunt les
tribunaux et nous trouver par suite dans
quelque po-ition fâcheuse.
Quand la minorité donna son assentiment au projet de loi réparatrice, elle savait qu'elle courait au devant de quelque contestation judiciaire; mais elle savait aussi qu'appuyée sur les garanties impériales ; retranchée derrière le pacte parlementaire qui est comme la substance de notre constitution ; armée du jugement du Conseil privé, de l'ordonnance du Gouverneur général en conseil.et de la loi réparatrice, elle était en position d’entrer en lice avec l’espoir plausible d'en sortir triompbunte. La lutte alors nous auruit trouvés prêts.
Muis si nous acceptions ce règlement, nous ne pourrions même plus avoir l4 pensée de nous hasarder duns un litige quelconque à ce propos, Toute chance de succès nous serait ravie; notre cause serait à jamais ruinée,
Prêtez-vous à un compromis, nous suggére-t-on d’autres purts; entrez duns la voie des concessions mutuelles !
Mais que donnerons-nous, honorables messieurs ? On nous a tout enlevé !
Nous possédions une pierre précieuse, très pure ! On nous l’a prise. et l’on nous propose de laisser le spoliateur jouir en paix des fruits de son vol À lu seule condition de nous remettre un faux bijou! Ce n'est point là un compromis. C'est tout guin d’un côté, et perte de l’autre,
Il y a néanmoins, messieurs, des motifs plus élevés qui s'opposent à un compromis,
Pour la minorité, l’'élucation chrétienne de ses enfants est une question de conscience Or, j'ai eu l'honneur déjà de vous le dire: ces questions ne se décident pas rar assis et levé, Bien que l'honorable chef de la droite en cette Chambre (sir Oliver Mowat) ait cru pouvoir nous dire qu'à son avis, nos scrupules de conscience devaient trouver une satisfaction suffisante dans le règlement, nous déclinons, bien respectueusement du reste, d'en passer pur ses legons sur ce sujet, Il n'est pas juge des exigences de notre foi religieuse, pas plus que je no saurais l'être à son égard en semblables matières, .
En passant, laissez-moi donner cours à mon étonnement de voir l’idée d'un compromis nous venir de quartiers où l’on s’attendrait le moins à la trouver, L’hono-
rable sénateur pour Halifax (M. Power), par exemple, est l’un des membres les plus intransigeants de cette Chambre, A propos de bagatelles, il tient mordicus à son opinion, Muis, chose étrange, dès qu'il s’agit des intérêts sacrés de l'âme de nos enfants, il p'êche, lui, un catholique, il prêche le compromis. Cette attitude restera pour moi une énigme. Le fait est là, toutefois, qui porte à son comble mon étonnement, Mais je dois en toute loyauté dire à mon honorable collècue que les catholiques du Manitoba prendront la liberté de ne pas suivre res conseils,
L'honorable premier ministre, M. Laurier, a dit, il y à quelques temps, que la minorité, par l'intermédiaire de son procureur, n'avait pas demandé le rétablissement ue ses écoles confessionnel es; et l'honorable chef de la droite en cette Chambre a, en substance, répété la même assertion. Je dois m'inscrire en faux contre ces affirmations. Ce qu'a demandé la minorité, c’est très facile de s’en assurer, Nous n'avons qu'à consulter sos mémoires et ses requêtes, Nos revendications sont formulées comme suit :
(3) Qu'il soit déclaré que les dites lois en dernier lieu mentionnées portent effectivement atteinte aux droits et privilèges de la minorité catholique romaine des sujets de la Reine en matière d'instruction publique.
(4) Qu'il soit déclaré que Son Excellence le Gouverneur général en conseil estime nécessaire que les dis- Jositions des statuts en vigueur dans la province du
anitoba, avant l’adoption des dites lois, soient rétablies, en tant que besoin sera, à tout le moins pour assurer aux catholiques dans la dite province le droit de construire, entretenir, garnir de mobilier, gérer, conduire et soutenir ses écoles de la manière prévue par ce statut, leur assurer aussi leur part proportionnelle de toute subvention faite À même les fonds publics pour les objets de l'éducation, et exempter les membres de l'Eglise catholique romaine qui contribueront à soutenir les écoles catholiques romaines de tout paiement ou contribution destiné au maintien des autres écoles; où que les dites lois de 1890 devraient être modifiées ou amendées de manière à atteindre ces fins.
Voilà ce que, d’après nos instructions, M. Ewart devait demander comme le minimum de nos droits, voilà ce qu’il a sollicité pour nous; et la meilleure preuve qu'il n’a jumuis demandé moins se trouve dans lo fuit que tant le Conseil privé que le Gouverneur général en conseil nous ont accordé tout ce que nous avons demandé, selon la teneur de nos requêtes, Or, un tribunal n'accorde jumais au delà de ce qui lui est demandé.
M. Ewart a épousé notre cause avec enthousiasme ; il a rempli son devoir avec
science et dévouement et, en justice pour lui comme pour nous-mêmes, il! importait tout au moins de contredire une assertion qu'on s’est plu à répéter en cette enceinte comme au dehors.
Il importeruit également de répondre à beaucoup d’autres assertions qui se sont accumulées autour de cette questicn. Je ne voudrais pourtant pas abuser de votre indulgence. Qu'il me suffise de toucher très brièvement à quelques-unes de ces asrertions,
Le discours du Trône dit que le règlement est ‘le meilleur qu’il fût possible d'obtenir dans l'état existant de cette question irritante.” .
Il est facile de répondre à cet avancé.
Lorsque l'ancien gouvernement se mit en devoir de régler la question, si l'opposition d'alors eût généreusement offert sa coopération à Cette œuvre de paix et de justice, comme l'opposition actuelle est prête à le faire, tous les droits et privilèges nous appartenant nous auraient été restitués.
Depuis longtemps la question aurait trouvé une solution satisfaisante, depuis longtemps l'arêne politique n'en serait plus encombrée,
Je ne dois pas omettre de dire, avant de clore mes remurques, que la minorité du Manitoba à protesté de toutes ses forces contre ce règlement, Des résolutions exprimant le désaveu le plus complet ont été adoptées dans chacune des localités où se trouve un noyau de population catholique, Cette désapprobution a trouvé son expression la plus accentuée dans la deruière élection de Saint-Boniface, où le cundidat du gouvernement a dû lui-même condamner le règlement, afin de sauver son dépôt.
Pour justifier son attitude passée et sa conduite actuelle, le gouvernement prend pour prétexte que le projet de loi réparae trice n'offrait pas un remède suffisant aux griefs de la minorité, Puisqu’il est épris d'une si grande sollicitude à notre égard, que ne #oumetil à la considération des Chambres une mesure plus complète ? Il y a duns ses rangs des hommes de loi éminents; qu'il se mette à l'œuvre et nous donne une loi nous accordunt tous nos droits et pouvant défier toute contestation judiciaire, L'opposition actuelle lui donnela SON CONCOUTS,
Mais les ministre: devraient-ils dans cette tâche, rencontrer de graves dificultés, ce n'est point de leur part agir en hommes
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d'Etat que de les éluder par une honteuse capitulation. Le gouvernement d’un pays p’a pas le droit do fuir devant ses responsabilités; il n’a pas pas le droit de faire cause commune avec les agresseurs de la constitution; il doit protéger les droits de toutes les classes de la population.
On fait appel aux idées de paix, Qu'il me soit permis de rappeler au Sénat que
‘mous av'ons la paix avant 1890, Nous ne
sommes pas ceux qui l'ont.troublée, Que les coupables fassent les concessions constituntionnelles et équitables qui leur ont été commandées, et la paix et l'harmonie règneront comme auparavant. Certes, je le reconnais, nous avons besoin de paix 6t d'harmonie dans cette lointaine région du Canada, Le développement de nos immenses ressources en dépend largement.
Le Sénat me pardonnera, je l'espère, d’avoir retenu si longtemps son attention, Je suis l’une des victimes des spoliations de la majorité; je viens de la province où ces troubles ont pris naissance; je suis eu cette Chambre le seul représentant direct de la minorité; il était de mon devoir, cette fois encore, de fuire entendre ici ma voix en faveur de nos revendications et de l'intégrité de la constitution.
N'allez pas croire, toutefois, que nous demandions pour nos croyances religieuses des privilèges spéciaux. N'allez pas croire que nous voulions nous soustraire à l’action du gouvernement. Ne croyez ‘pas que nous voulions former une génération de citoyens hostiles aux institutions britanniques, Notre pensée est aux autipodes de pareilles intentions. Notre attache.
ment à la foi de nos pères n’atfaiblit point notro fidélité à la couronne. L’illustre représentant du très illustre pontife qui s'appelle Léon XIII, le proclamait hier, en termes explicites : notre allégeance à la couronne et aux institutions britanniques marchent de concert avec notre filiale et affectueuse soumission à l’Egli-e catholique. À Ce sont nos griefs, il est vrai, qui ont donné lieu à cette lutte; mais nous ne croyons pas combattre seulement pour nous.
C'ert d'abord pour l'âme de nos enfants que nous livrons bataille; mais nous luttons aussi pour la préservation des privilèges constitutionnels de chacune des provinces au Dominion.
Pur dessus tout, nous combattons pour
La crise actuelle est d'une importance plus que locale, Il semble que nous soyions au iournant d’un mouvement social d’une gravité décisive au Canada. Le christianisme restera-t-il la règle suprême de la vie publique et privée dans ce pays ?
Nous ne pouvons l’espérer, à moins de perpétuer l’enseignemerut de la religion chrétienne, mais d’une religion positive, dans les écoles. Si nous hunnissions cet enseignement des temples de la jeunesse, nous nous achemineriouns rapidement vers la décadence morale dont sont frappés nos voisins, chez qui plus d’un tiers de la population totule est plongée dans les abîmes de Pinfidélité.
C'est à ces fruyeurs que faisait écho le duc d’Arzyle lorsqu’en 1891, ayant à parler sur les üffaires australiennes à la Chambres des Lords, il rendit aux catholiques ce glorieux témoignage :
Les catholiques ont eu l’insigne honneur d’être les seuls à se refuser d'abattre dans leurs écoles, l’éternel étendard de la conscience, Je crois que cette résistance de la part des catholiques romains pourra devenir le germe d’une puissante réaction contre la pure sécularisation, contre ce que j'oserai appeler le vrai paganisme de l’éducation dans la colonie.
Une demi-heure d'enseignement religieux dans le local de l’école, après les heures de classe, ne peut conduire à la réalisation de ces nobles vœux. Un tel enseignement ne servirait même qu’à mieux mettre en relief, pour le moment, la sécularisation, ou si l’on veut, le caractère païen de uotre système scolaire, et à chasser prochainement de l'enceinte de l'école comme de l'esprit des générations grandissantes, toute trace de christianisme,
Je que veulent les catholiques, ce n’est pas seulement l'instruction, c’est l’éducation vraie.
Faire l'éducation d’un enfant, ce n’est pas seulement orner son esprit, mais c’est aussi former son caractère, cultiver les aspirations de son cœur et de son âme, Pour l’accomplissement de cette mission sacrée, l'atmosphère de l'école doit être imprégnée de la pensée chrétienne,
Ïl ne s’en suit pas, comme on l'a dit sans raison trop souvent à l’adresse de nos maisons d'éducation, que l’enseignement religieux doive totalement ab-orber la pensée de l’instituteur et le temps de la classe. Mais, dans l’école catholique, les exercices de la journée doivent, s'ouvrir et se terminer par une prière et des actes de
le maintien du règne de Jésus-Christ dans | foi catholiques. L’instituteur doit pouvoir, notre patrie.
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durant los heures de clusse, parler comme un catholique, des saints et de la bienheureuse Vierge Marie; il doit pouvoir, en enseignant à lire, conjurer l'enfant de pe jamais avilir ni son adolescence, ni son âge mûr, ni sa vieillesse, dans des lectures immorales; il doit uvoir le privilège, durant sa leçon de grammaire, «le dire à l'enfant que la langue dont il recherche les secrets et la correction, doit servir par dessus tout à la défonse de la vérité catholique; lorsqu'il enseigne l’arithmétique, il doit avoir le droit de rappeler à l'enfant que Dieu a créé toute chose avec nombre, poids et mesure; en enseignant la géographie, il doit lui être au moins permis, dans notre pays, de dire à l'enfant que les premiers missionnaires du Munitoba furent des prêtres catholiques, attirés das cette contrée par les sollicitations de Lord Selkirk, et dont l’œuvre évangélisatrice, couronnée de succès, fut en même temps une œuvre d'éducation et de civilisation; dans ses leçons d'histoire, il doit avoir le droit de signaler aux élèves l'intervention divine dans les événements du monde, Et ainsi de suite, dans toutes les branches des connaissances humaines. S'agit-il pour l’instituteur de recourir à des mesures disciplinaires, il doit être libre d'en appeler aux sentiments chrétiens de l'enfant plutôt qu'à la force brutale, plutôt qu'aux lois civiles ou à la loi naturelle pure.
l'Ofanes, l’on permet à la pensée de Dieu d'euvelopper, comme‘ atebüre lumière, l'esprit de l'enfant, et de s'infiltrer jusque dans les profondeur: les plus intimes de son être, afin que tout en lui, son instruction comme le reste, tende à en faire un bon chrétien, et par là même, un bon citoyen,
Dans ce système, ni le temps de l'instituteur, ni celui de l'enfant, ne «ont outre mesure accaparés pur les sujets religieux, Us simple regard parfois jeté sur les murs de ,4 maison d'école, où sont appendus des emblêmes chrétiens, et cela suffit !
Voilà sommairement exposé l'idéal catholique d’une école. Il n’y a rien dans cette conception qui puisse soulever la plus lé::ère objection, même si l’on voulait ne se placer qu'à un point de vue purement humain.
En combattant pour cet idéal, nous ne faisons que défendre nos droits et la constitution; nous combattons pour la couronne, pour notre patrie, pour la liberté, pour la doctrine du Christ! Cette lutte est un devoir sacré; c’est un apostolat, et j'espère qu'avec la grâce de Dieu, lu minorité catholique du Manitoba n'y faillira jamais.