‹ Question scolaire [microforme]Chapitre 8 sur 9 · PORTA PTS · texte numérisé non relu

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sacrifices passés; nous perdrions la situation légale que:nous:occupons aujourd'hui,

Telles.sont quelques-unes des conséquences qui naîtraient de cette tentative d'essai du règlement si nous nous y prêtions. Et ce ne sont pas les seules.

Nos futurs moyens d'action seraient aussi fatalement compromis. Nous n'au-

rions plus la même liberté d’allure. Il y

a encore des juridictions non épuisées: les portes nous en seraient irrémédiablement fermées.

Que l'on ne nous parle point d’acceptation ou d’essai sous protêt !

Les protêts dans le domaine politique, les protêts accompagnés d’un recul immédiat surtout, ne sauvent rien. C'est comme l'expression platonique des derniers regrets de la victime se couchant pour mourir,

C'est une erreur capitale, dans ces sortes de ‘conflits, d'abandonner une position inexpugnable ; c'est exhiber sa faiblesse, c'est se livrer.

Maintenant que la bataille est bien engagée, il est mieux pour tout le monde qu’elle aille jusqu'au bout. C'est notre intention de la continuer. Nous aurons

l'énergie de passer outre, Comment, voici

des négociations dont l'issue n'est en somme que l'abandon complet, pituvable et humiliant de nos droits, et l’on voudrait que nous donnions les mains à cette œuvre néfaste! Oh non! nous ne consentirons pas à nous enlizer dans les sables de la simple toiérance quand nous sommes solidement établis sur le terrain du droit!

Les responsabilités qui pèsent sur nos épaules sont trop grandes pour nous permettre cette fuyante manœuvre.

C'est fort bien de nous parler:des bonnes dispositions actuelles de M. Greenway. Mais le même M. Greenway nous en:a fait autrefois des promesses ; il s'est engagé dans des circonstances importantes, par des déclarations solennelles, à nous conserver les droits mêmes que nous revendiquons aujourd’huil Qu'a-t-il fait de sa parole et de ses engagements? Il les a violés les uns après les autres! Il n’a plus de titre à notre confiance, et nul ne devrait demander à la minorité de se mettre à la merci du gouvernement dont il est le chof, :

Nous allons vous traiter avec justice, nous disent messieurs les ministres manitobains. Avant de. nous: fier à cette:nou:

velle promesse, il convient d’être fixé sur

le sens qu’au fond de leur âme ils donnent à.ce mot ‘ justice”. ‘Justice ”’ pour eux veut dire qu’il leur est loisible de déposséder la population catholique du Manitoba d’une partie de ses biens et de ses droits acquis; que cette population a tort de s'objecter à des écoles où ses enfants seraient élevés en dehors d:s influences de la foi catholique; qu'ils ont le droit de méconnaître tous les privilèges que la constitution nous confère, Telles ont été leurs prétentions pendant les sept dernières années; c’est encore ce qu'ils entendent par le mot “justice”. Or, en ue espèce de justice, nous ne croyons pas Supposons toutefois que le gouvernement actuel, fatigué de l'agitation des sept dernières années, so décidât enfin à administrer ce règlement duns un esprit de généreuse libéralité, nous ne pourrions prévoir-ce quo ferait un cabinet subséquent, Ou plutôt, nous le savons que trop.

Il est de toute évidence que dans un avenir fort peu éloigné, une nouvelle agitation surgirait, nous replongeant dans les mêmes difficultés.

On allèguerait avec beaucoup de raison, qu’en somme cette demi-heure d’enscignement religieux, en dehors des heures de clusse, est chose assez insignifiante ; que ce serait tout aussi bien de la supprimer entièrement pour n'avoir plus, d'un bout à l’autre de la province, que des écoles laïques ou neutres, Ah! notre voix s’élèverait encore contre ces tendances funestes, mais les échos de cette voix iraient se perdre dans l’espace. Comme aujourd’hui | l'on en appellerait à nos sentiments; on

|ferait valoir ces raisons de paix et de -bonne entente que l’on met actuellement | de l'avant pour nous amener à un désistement de nos droits, On ne manquerait |point de nous dire que les droits dont | nous aurions, en 1897, consenti à faire bon | marché, étaient d’une importance beaucoup | plus considérable que les bribes de privi- | lèes dont nous pourrions encore être en | possession, et qu'en ayant de bon gré fait l'abandon, il ne devrait point nous en coûter de consommer notre sacrifice; on nous demanderait d'effacer de nos propres mains les derniers vestiges de ces privilèges.

En discourant de ces questions, on ne peut s'empêcher de songer au travail que stbit: l'opinion publique, et à la lassitude qui finit par s'emparer de celle-ci. Les

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