‹ Question sociale et écoles socialesChapitre 11 sur 51 · Encyclique Rerum novarum · texte numérisé non relu

Encyclique Rerum novarum

qu'une question économique. « C'est l'opinion de quelques-uns, dit encore Léon XIII, opinion qui se répand dans le public, que la question sociale, comme ils disent, est seulement une question économique, quand, au contraire, il est certain qu'elle est, avant tout, une question morale et religieuse et qu'elle doit être surtout tranchée d'après la règle des mœurs et le jugement de la religion. Lors même, en effet, qu'on doublerait le salaire des ouvriers, qu'on établirait une proportion entre le temps et l'ouvrage, si l'ouvrier, comme il en a l'habitude, prête l'oreille à des doctrines et s'inspire d'exemples qui poussent au mépris de la divinité et à la dépravation des mœurs, il est fatal que son travail et son avoir s'évanouissent1. » La question sociale relève donc de l'Eglise qui a reçu la mission d'enseigner aux hommes ce qu'ils doivent faire comme ce qu'ils doivent croire.

Les efforts réunis de tous ne sont pas de trop pour enlever à la crise sociale une partie de sa douloureuse acuité, on ne comprendrait pas que l'Eglise s'abstînt et refusât son concours à une œuvre si éminemment utile. Il faut qu'elle s'occupe de la question sociale ; sa mission, son intérêt, ses traditions, son cœur et les circonstances lui en font un impérieux devoir.

2° Manière d'accomplir ce devoir. Le prêtre doit-il s'occuper lui-même de la question sociale ou est-il préférable qu'il laisse à des laïques croyants le soin de faire prévaloir les idées de l'Eglise et de continuer ses traditions ? La réponse est déjà toute donnée dans ce qui vient d'être dit. Pourtant très nombreux sont ceux qui soutiennent que le clergé devrait sinon se désintéresser des problèmes qui se posent autour de lui, au moins ne les suivre que de loin et laisser à d'autres le souci et la responsabilité de la solution à y apporter.

Parmi ceux qui repoussent toute ingérence du prêtre en ces matières : les uns le font par haine, prévention ou défiance de tout ce qui est clérical ; d'autres, par crainte de l'influence que pourrait prendre le clergé et des résultats heureux qu'aurait son intervention ; d'autres, parce que ces questions sont, d'après eux,.

Page 1