Léon XIII, Encyclique Rcrum novaram
ac(juis appartiennent exclusivement au propriétaire, et, en ce sens, ces biens sont strictement privés ; mais, comme l'enseigne la théologie, par leur destination ils demeurent toujours biens communs et doivent servir (M'avantage de tous, sous peine d'aller contre la fin qui leur a été assignée par la nature, c'est-à-dire par Dieu. « Par rapport aux choses extérieures, dit saint Thomas il est deux droits qui appartiennent à l'homme. Le premier est celui de les administrer et de les employer, et, à ce point de vue, il est permis à l'homme de posséder des choses en propre ; c'est même nécessaire pour le bien de l'humanité. Le second droit qui appartient à l'homme par rapport aux choses extérieures, c'est le droit d'en user. Sous ce rapport l'homme ne doit pas regarder les choses extérieures comme lui étant propres, il doit les regardercomme communes, et ainsi se montrer disposé à en faire part aux autres dans leur nécessité... \ »
t) Tandis que le Collectivisme affirme que « la propriété est un vol » et que le Libéralisme économique soutient qu'elle constitue un droit tellement absolu, tellement illimité que le possesseur est libre de faire de ses biens toutce qu'il veut,u à la seule condition de ne pas marcher sur les plates-bandes du Gode civil », l'Ecole catholique professe l'opinion intermédiaire, qui seule est acceptable et juste : le droit de propriété est un droit véritable, venant de Dieu, inhérent à la nature humaine, inaliénable, transmissible, mais non absolu et illimité. La propriété est comme un fief qui doit être administré conformément aux vues du suzerain, etle suzerain, enl'espèce, c'est Dieu. Le propriétaire doit se considérer comme une sorte d'intendant de Dieu et se rappeler qu'il est tenu de faire des biens qui lui sont confiés l'usage pour lequel seul ils lui ont été accordés.
d) La théorie du droit absolu est antinaturelle. Son application, ainsi que le fait remarquer Ketteler, « est un crime perpétuel contre la nature, car elle trouve parfaitement juste de détourner, pour la satisfaction de quelques-uns, ce que Dieu a destiné à la nourriture et aux vêtements de tous. Elle est un crime encore contre la nature parce qu'elle tend à éteindre les plus nobles sentiments dans le cœur des hommes et à y déve-