‹ Question universitaire de Montréal (volume 2)Chapitre 15 sur 47 · L. A. Jette · texte numérisé non relu

L. A. Jette

S. Pagnuelo.

J. P. Rottot.

W. H. HlNGSTON.

J. B. Proulx, Ptre.

Montréal, 9 septembre 1891.

Aux Eminentissime et Illustrissimes membres du Conseil Supérieur (de Haute Surveillance) de l'Université Laval, Archevêques et Evêques des Provinces ecclésiastiques de Québec et de Montréal.

Eminentissime et Illustrissimes Seigneurs,

J'ai l'honneur de transmettre, sous ce pli, à Votre Eminence et à Vos Grandeurs une requête des membres du Conseil d'affaires de l'Université Laval à Montréal.

La même poste portera à Votre Eminence et à Vos Grandeurs l'opuscule imprimé, auquel il est fait référence dans la susdite requête.

Je demanda la permission d'ajouter quelques considérations, comme le Conseil d'affaires m'a chargé d'appuyer de vive voix et par écrit, la requête qu'il signait à l'unanimité des membres

présents, ainsi qu'on peut le voir par la résolution suivante, extraite du cahier des délibérations :

" Résolu unanimement que la requête au Conseil Supérieur de l'Université qui a été arrêtée ce soir soit signée par tous les membres de ce comité et présentée par Monsieur le Vice- Recteur, l'abbé J. S Proulx, qui donnera verbalement et par écrit toutes les raisons et développements à l'appui d'icelle."

Les principaux motifs qui recommandent l'adoption du projet de loi, soumis à l'examen de Votre Eminence et de Vos Grandeurs, sont exposés dans la lettre à Son Eminence le Cardinal Simeoni, laquelle se trouve en tête de l'opuscule ci-joint. Il en reste encore quelques autres. Pour le moment, si Votre Eminence et Vos Grandeurs veulent bien me le permettre, je me contenterai de toucher seulement trois considérations.

Le premier considérant est qu'il est difficile d'imaginer un bill qui assure et protège davantage la haute influence de l'épiscopat dans la direction des affaires monétaires de l'Université à Montréal :

1° Non seulement l'Archevêque de Montréal et les Evêques ses suffragants font partie de la Corporation ;

2° Non seulement l'Archevêque de Montréal est de droit le président de la Corporation, avec voix délibérative et prépondérante;

3° Non seulement l'Archevêque de Montréal et ses suffragants peuvent voter aux assemblées de la Corporation, s'ils se trouvent dans l'impossibilité d'y assister, par leurs représentants ;

4e Non seulement l'Archevêque de Montréal est représenté dans le Bureau des Gouverneurs par le Vice-Recteur et un délégué, dans le comité exécutif de ce Bureau par le Vice- Rectei r ;

5° Non seulement la Corporation doit être composée, par moitié, d'ecclésiastiques ;

6° Non seulement, pour être membre de la Corporation, il faut être Catholique; mais encore:

7° Aucun choix des Gouverneurs n'est valide sans l'approbation de l'Archevêquede Montréal;

8° Les Gouverneurs ne peuvent acquérir d'immeubles à titres onéreux, ni aliéner les immeubles de la Corporation, etc., sans le consentement de l'Archevêque de Montréal ;

9° La surveillance du Vice-Recteur, qui est toujours l'élu des Evêques, sans que la Corporation n'ait rien à voir dans ce choix, a une action très étendue: or cette surveillance, en définitive, est celle des Evêques. puisqu'ils ont ce fonctionnaire entièrement à leur ordre et disposition ;

10° L'Archevêque de Montréal et ses SufFragants forment un Conseil qui prononce en dernier ressort sur toute question de doctrine et de morale, et sur tout conflit qui pourrait surgir entre la Corporation, les Gouverneurs et les Facultés, ou entre l'un de ces corps et l'un

de ses membres : l'épiscopat formant ainsi une espèce de cour suprême dont la décision est finale.

Vraiment, que peut-on souhaiter de plus ? — Et comment ne pas profiter des dispositions favorables des laïques eux-mêmes qui donnent, volontiers, les mains à des arrangements aussi bien pondérés :

Le deuxième considérant est que le bill "Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal," que ce projet de loi est destiné à remplacer, est loin d'offrir les mêmes garanties de catholicité.

1° L'Archevêque de Montréal n'y a aucun contrôle, comme il l'a dans notre projet de loi, sur la nomination des Gouverneurs, ni sur les actes du bureau d'administration. Il est dans la Corporation tout simplement un membre comme un autre, avec quelques attributions d'honneurs particuliers ;

2° Il n'y est pas même fait mention des SufFragants ;

3° La Corporation est loin d'être composée, par moitié, d'ecclésiastiques, mais ce qui est bien plus sérieux, c'est que

4° Il n'est pas même nécessaire d'être Catholique pour être membre de la Corporation ; ainsi :

5° Peuvent appartenir à la Corporation tout ancien élève qui paiera une contribution annuelle de cinquante centins ou une somme de cinq piastres une fois payée, et tout souscripteur d'au moins cent piastres au fonds de la Corporation, seraient-ils, élève ou souscripteur, protestants, juifs, et francs-maçons;

6° Bien plus, de même sans être catholiques, peuvent faire partie du Bureau des Gouverneurs les souscripteurs d'au moins cinq cents piastres au fonds de la Corporation et tout délégué de toute institution souscrivant au moins mille piastres.

On voit, par là, à quel danger se trouve exposée une Université essentiellement catholi-

que, comme celle de Laval, en voyant ses portes

ouvertes au droit absolu de l'argent dans un

pays où l'argent est surtout en des mains protestantes.

Je ne blâme rien, je n'accuse personne. Je sais que cette lacune, que je .signale dans le Syndicat de 1887, est loin d'être le fruit de la mauvaise volonté; et qu'on a, sans aucun doute, tiré le meilleur parti des circonstances d'alors; seulement, comparant les deux bills, il m'est bien permis de faire ressortir les améliorations qu'ont rendu possibles les circonstances d'aujourd'hui.

Quand bien même le fonctionnement de ce Syndicat ne serait pas devenu virtuellement impraticable pour d'autres raisons, ce seul point faible,ce me semble,sumrait pour faire souhaiter de le voir remplacer par notre projet de loi, si respectueux de l'autorité des Evêques, si orthodoxe dans le choix des membres qui doivent composer la Corporation, et si conforme à l'esprit et même à la lettre des décrets romains.

Troisième considérant : la nécessité où nous sommes, en face de la prospérité matérielle d'autres institutions universitaires, de créer à courte échéance un fonds monétaire offrant ton tes les garanties d'une administration sérieuse, et susceptible de voir s'accroître, par la confiance, les sympathies substantielles du district de Montréal.

J'avais l'honneur d'écrire à Son Eminence le Cardinal Simeoni, le 31 juillet dernier : " Entre les raisons qui militent en faveur de ce projet de loi, il ne faut pas oublier le voisinage de l'Université McGill. A côté de cette institution florissante de nos frères séparés, laquelle grandit de jour en jour, il serait malheureux que l'Université catholique n'eût toujours, à Montréal, (matériellement parlant, je voulais dire) en quelque sorte, qu'une agence de second ordre ; pour soutenir la compétition avec avantage, il lui faut un éclat, un resplendissement exté-

rieur, qu'elle ne pourra jamais avoir tant que le Vice-Recteur restera un fonctionnaire isolé. Il importe dégrouper autour de lui, du travail, de la bonne volonté et de l'expérience qui puissent se dévouer d'une manière autorisée et légale au développement des ressources locales."

J'ajouterai ceci. Des dons considérables n'attendent que le moment où l'Université Laval à Montréal aura d«'S administrateurs légaux et responsables pour se déclarer publiquement. Il importe de ne pas décourager les bonnes volontés ; ou ne retarde pas impunément les dévouements individuels, ni l'élan du public. Par là, on s'exposerait à donner des prétextes plus ou moins plausibles à l'action de ceux qui veulent une Université laïque, complètement en dehors du contrôle des autorités religieuses et on augmenterait, sans profit pour personne, leurs chances de succès.

C'est pourquoi les membres du Conseil d'affaires espèrent que Votre Eminence et Vos Grandeurs voudront bien donner, avant longtemps, une sérieuse attention à l'étude de leur

projet de loi, afin qu'il soit prêt à être présenté à la Législature de la Province de Québec, lors de sa prochaine session. Ils m'ont chargé de l'expédier à Votre Eminence et à Vos Grandeurs plusieurs jours avant la réunion du Conseil Supérieur de l'Université, pour qu'il leur soit loisible de l'étudier en particulier, à tête reposée. Ils ont confiance qu'Elles ne pourront pas ne pas remarquer les efforts qu'ils ont faits pour assurer la prépondérance de l'autorité épiscopale dans l'administration des finances de l'Université Laval à Montréal. Leur confiance égale le respect avec lequel ils sont prêts à recevoir les suggestions qu'il plaira à Votre Eminence et à Vos Grandeurs de leur faire, pour le succès de la tâche qu'ils ont entreprise sous la direction de leur vénéré Archevêque.

Dans ces mêmes sentiments de respect et de confiance, croyez que je suis,

De Votre Eminence et de Vos Grandeurs, Eminentissime et Révérendissimes Seigneurs,

Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prêtre, V. R. Cf. L. M.

Pi S. — Cette lettre écrite, on me fait remarquer que je n'ai pas insisté assez sur le danger qu'il y a, au cas où ce projet de loi ne réussirait pas, ou tout autre semblable, de voir à Montréal la masse des laïques les mieux disposés, ahuris enfin, fatigués, se réunira d'autres moins bien disposés, pour travailler à la fondation d'une Université, en dehors de tout contrôle religieux au moins en ce qui regarde la constitution civile, afin de ne pas rester indéfiniment, disent-ils, sous le rapport de l'organisation et de l'influence universitaire, dans une position inférieure vistà-vis les autres races et les autres croyances. D'après moi, ce danger existe, plus grand que plusieurs ne semblent le croire. Une fois que les digues seront brisées, qui retiendra le torrent? Aujourd'hui que nous avons le concours plein et entier des laïques pour l'établissement et la consolidation d'un mode d'être tout à fait catholique, lequel ne pourra que se développer, sachons en profiter : ceci dit clairement et franchement, mais sous toute réserve et soumis avec le plus grand respect.

Montréal, 7 septembre 1891.

Mgr B. Paquet, R cteur de l'Université Laval.

Monseigneur le Recteur,

J'ai l'honneur de vous adresser en même temps que cette lettre :

1Q — Une requête du li Conseil d'affaires de l'Université Laval à Montréal" au Conseil Supérieur de Haute Surveillance de l'Université Laval ;

2° — Un opuscule imprimé, dans lequel se trouve, à la page 9, un projet de loi pour incorporer civilement " Les Administrateurs de l'Université Laval à Montréal".

Si vous-même, Monseigneur le Recteur, ou le Conseil de l'Université, aviez à nous communiquer quelques observations à propos de ce projet de loi, croyez que nous serions très heureux de les recevoir et d'en tenir compte.

Vous ne serez pas sans remarquer qu'il est dit dans ce projet de loi en toutes lettres:

" Rien de contenu au présent acte ne sera in- ' terprété comme amoindrissant ou affectant en ' aucune manière les pouvoirs, droits ou privi- 6 lèges accordés à l'Université Laval à Québec 4 ou au Conseil de la dite Université par la i Charte Royale de Sa Majesté la Reine Victo- ' ria, en date du 8 décembre 1852, érigeant en 6 corporation civile la dite Université Laval à ' Québec, l'intention du présent acte étant de ' ne déroger en rien à la dite Charte."

Je demeure dans les sentiments de la plus haute considération,

Monseigneur le Recteur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

J. B. PROULX, Prêtre,

Québec, 16 septembre 1891.

Révérend M. J. B. Proulx,

Vice-Recteur U. L. Montréal.

Monsieur le Vice-Recteur,

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 9 de ce mois, adressée à Mgr Paquet, ainsi que des documents qui l'accompagnaient et qu'elle annonçait.

Autorisé par Mgr le Recteur à prendre connaissance, pendant son absence de Québec, de toutes les lettres qui lui sont adressées, j'ai parcouru les documents que vous lui avez envoyés. Bien que Mgr Paquet doive rentrer sur la fin de cette semaine, je ne crois pas cependant devoir retarder de vous rassurer sur leur réception.

La quasi-impossibilité de réunir un qiiortim du Conseil Universitaire pendant les vacances,

va remettre nécessairement nu mois d'octobre la considération de votre projet pir le Conseil.

Sans vouloir p évenir l'action de celui-ci, je nie permets de vous dire de suite mon impression personnelle actuelle.

Je serais donc surpris si le Conseil Universitaire se permettait de suggérer la moindre modification au projet présenté:

lG Parce qu'il a été étudié avec beaucoup de soin pur des personnes compétentes, intéressées, et qui, étant sur les lieux, sont plus à même que nous d'apprécier les circonstances ;

2° Parce que la clause IX sauvegarde tous les droits conférés à l'Université Laval par la Charte Royale ;

3° Parce que le projet ayant été soumis à Rome avant d'être communiqué au Conseil Universitaire, celui-ci ne voudrait pas s'exposer à sembhr corriger ce qui pourrait avoir déjà été approuvé à Rome. Notre devise constante a été d'accepter purement et simplement ce qui est voulu par le Saint-Siège. Si nous avons paru hésiter quelquefois, c'était uniquement parce

que la volonté de Rome ne nous paraissait pas suffisamment manifestée.

Voilà, dans tous les cas, les idées que j'essaierai, pour ma part, de faire prévaloir au Conseil Universitaire.

Agréez, Monsieur le Vice-Recteur, l'expression du profond respect avec lequel J'ai l'honneur d'être,

Votre très humble serviteur,

THOS. E. HAMEL, Prêtre.

Montréal, 22 septembre 1891.

Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre (1), Archevêque de Montréal.

Monseigneur,

J'ai l'honneur de vous communiquer la copie d'une lettre de Mgr Hamel. En l'absence de

(1) Dans le sommaire, bien que cette lettre ne paraisse être qu'à l'adresse de Mgr Ed. Chs Fabre seulement, j'ai dit : " Le Vice-Recteur fait remarquer " aux Evêques de la Province

Mgr Paquet, il accusait réception de ces documents que j'ai envoyés également et au Recteur de l'Université, et à chacun des Membres du Conseil Supérieur de l'Université. (Lettre du 22 sept. 1891.— N° IV.)

Dans cette lettre, je remarque surtout deux choses : premièrement, un ton de bienveillance (1) qui fait plaisir et qui engage à espérer beaucoup pour l'avenir ; deuxièmement, la " quasiimpossibilité, comme dit Mgr Hamel, de réunir un quorum du Conseil Universitaire pendant les vacances."

ecclésiastique de Montréal, que... " En effet, copie de chaque lettre adressée à Mgr l'Archevêque de Montréal sur les affaires de l'Université, était envoyée en même temps à ses Suffragants ; bien plus, lorsque les questions ou les réflexions étaient exposées de vive voix à Mgr Fabrc, de suite le même jour, une lettre les portait à la connaissance de Nosseigneurs les Evêques de Sherbrooke et de Si-Hyacinthe. Dans ce dernier cas, je citerai ordinairement la copie envoyée à Mgr Racine, comme des deux évêques Suffragants il est le plus ancien par l'âge et la dignité épiscopale.

(1) J'ai un désir si ardent devoir s'établir l'accord, que je m'empresse toujours de donner crédit à toute bonne parole qui nous vient du côté de Québec, immédiatement, au risque de voir les évé nements venir lui donner le démenti.

Pour ce dernier point, je comprends qu'il n'est pas, en effet, aussi facile de faire cette réunion du Conseil pendant les vacances que durant le cours de l'année. Cependant, elle est possible, puisque, à mon occasion, elle a déjà eu lieu deux fois : la première le 27 juillet 1889, lorsque j'ai été nommé Vice-Recteur ; la seconde le 30 septembre 1889, lorsque je portai devant Mgr le Recteur les arrangements de l'union provisoire entre les deux Ecoles de médecine.

Il serait regrettable que le Conseil Supérieur, dans sa réunion de cette semaine, ne fût pas en état de donner sur notre projet de loi une réponse définitive. Le retard nous épuise, nous tue. L'opinion publique, dans ses espérances universitaires, devenue nerveuse par une attente *et des désappointements de plusieurs années, regarderait tout retard comme un moyen indirect de faire avorter ses désirs. Même, la plupart des hommes de bonne volonté qui travaillent avec moi n'échappent pas à l'impatience sous ce rapport. Le succès dépend du moment psycholo gique : il faut saisir la balle au bond. La

fortune, sur sa roue, passe et met du temps à revenir.

Li Faculté Médicale, de ce temps-ci, navigue en eau calme et passe à travers les écueils et les difficultés avec une aisance admirable. Samedi soir, après de longs pourparlers, se réglait tout à fait amicalement la question du local : les cours, pour cette année, se donnent dans les deux maisons, les finales à l'Ecole près de l'Hôtel- Dieu, les primaires à la Place Jacques-Cartier. Il aurait été singulier d'abandonner l'Ecole, qui est garnie d'un système complet d'enseignement et qui appartient à la Faculté, pour venir s'installer entièrement, à grands frais, dans une maison qui n'est pas à nous, et dont nous pouvons être éconduits à six mois d'avis. D'un autre côté, l'Ecole étant étroite pour le nombre d'élèves que nous aurons, la Place Jacques- Cartier devient une décharge opportune, prob iblement jusqu'à ce que le local en un même endroit soit devenu suffisamment ample. C'est uu moyen terme qui ne manque pas de raison d'être.

Sur cette question des Ecoles de Médecine, quel apaisement! Quelle épine tirée du talon épiscopal ! Sans cette union, dans quel brouhaha, dans quel tiraillement ne serions-nous pas actuellement, nous tous et les décrets romains? Eh bien, ce qui a été fait pour cette question épineuse, de grâce, faisons-le pour u l'Administration de l'Université Laval à Montréal," doucement, fermement et promptement. Dans son importance, cette seconde question, moins chargée peut-être de rancunes et de divisions que l'autre, n'en est pas moins au premier rang. Pas de succès monétaire à Montréal pour l'Université Laval, sans notre corporation financière ; et pas de succès monétaire, pas d'Université qui vaille. Le temps est arrivé de s'affirmer à Montréal publiquement comme institution sérieuse, ou de végéter pour toujours, sinon de périr.

J'oubliais de dire à Votre Grandeur que l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal a fait estimer ses biens, par des arbitres spéciaux, d'après les dispositions du bill passé

à la dernièro session. Ses dettes et redevances payées, il lui reste un surplus d'environ $4,500 piastres. Il est facile, je crois, de rencontrer cette somme. Je vous reparlerai de la chose à Québec. Cette montagne qui de loin paraissait un Himalaya n'est plus qu'une taupinière.

L') bon Dieu évidemment nous bénit. Et cette bénédiction continuera sur notre œuvre difficile, si vous nous continuez votre assistance, votre sympathie et votre prière.

Je demeure avec une haute considération, De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très obéissant serviteur,

J. B. PROULX, Ptre,

Montréal, 22 septembre 1891.

Son Eminence le Cardinal Simeoni, Préfet de la S. C. de la Propagande.

J'ai reçu en son temps la lettre que Votre Eminence m'a fait l'honneur de m' écrire en date du 4 août dernier. Je La remercie de la bienveillance dont cette importante missive était empreinte. (Voir au Supplément, le N° I.)

Je n'ai pas été surpris que Votre Eminence m'ait dit de présenter notre projet cle loi au Conseil Supérieur. Je m'y attendais. Dès le commencement, nous étions décidés à aller devant tous les Evêques de la Province de Québec et de la Province de Montréal réunis. Preuve, ce qui est dit dans un compte rendu des délibérations du Conseil d'affaires de l'Université Laval à Montréal. Je cite. La citation

fera voir en même temps les raisons que nous avions d'envoyer, tout d'abord, à Rome notre projet de loi. (i)

" Nous «avions fort bien que ce projet de 6 de loi, en ce qui regarde les intérêts généraux 4 de l'Université, ne serait-ce que indirecte- ' ment, régulièrement devait être présenté au ' Conseil Supérieur de l'Université Laval. . .

" Nous avons envoyé à Rome, tout d'abord, 6 notre projet de loi pour faire honneur à la ' première autorité, en lui donnant, avant toute 4 autre, connaissance de notre dessein.

u Nous l'avons envoyé à Rome pour faire ' acte de bous catholiques : car, si Rome, prima 1 /acte, avait trouvé notre projet impraticable, 4 nous l'aurions retiré.

" Nous l'avons envoyé à Rome, pour prévenir ' tout retard. Car, au Conseil Supérieur, quel- ' qu'un même de l'extérieur aurait pu dire : ' Avant que le projet de loi ne soit soumis à ' l'étude, référons-en à Rome. . ."

(1) Voir, uu Supplément, Je N° VI. (Note de l'édition WontréalHiRe,)

Le 4 septembre, je réunissais le Conseil d'affaires. Pour son information entière et complète, j'envoie à Votre Eminence le compte rendu détaillé des travaux qui furent faits et des décisions qui furent prises dans cette réunion.

Entre autre choses, Elle y verra qu'il fut décidé unanimememt d'adresser une requête au Conseil Supérieur de l'Université pour le prier de vouloir bien examiner notre projet de loi sur la formation du " Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal," demandant en même temps avec instance que cet examen fût fait assez tôt pour nous permettre de présenter la loi à la prochaine session de la Législature. (Requête du 4 sept, 1891.— N° I.)

De plus, dans cette réunion, je fus chargé d'envoyer la susdite requête à Nosseigneurs les Evêques, et de l'appuyer auprès de Leurs Grandeurs, verbalement et par écrit: ce que je fis de suite, par écrit, dans une lettre en date du 9 septembre. Votre Eminence voudra bien y remarquer que je déclare que nous sommes

prêts à recevoir les suggestions du Conseil Supérieur avec le plus grand respect. (Lettre du 9 sept, 1891.— N° II.)

En même temps, j'envoyais le dit projet de loi à Mgr le Recteur de l'Université, avec une lettre dans laquelle je disais en propres termes : " Si vous-même, Mgr le Recteur, ou le Conseil de l'Université, aviez à nous communiquer quelques observations à propos de ce projet de loi, croyez que nous serions très heureux de les recevoir et d'en tenir compte." (Lettre du 9 sept. 1891.— N° III.)

Demain, je pars pour aller soutenir le projet verbalement, s'il en est besoin, devant le Conseil Supérieur qui se réunit à Québec. Je suis plein de confiance. Cependant, je ne me fais pas d'illusions : les susceptibilités sont si grandes que je m'attends à quelque mouvement de flanc, à quelque arrêt momentané, comme le prouve la lettre que j'écris aujourd'hui même à Nosseigneurs les Evêaues de la Province de Montréal. (Lettre du 22 sept. 1891.— N° V.)

Tout de même, je compte d'une foi iuébran-

lubie sur la divine Providence qui vient toujours à notre secours à point nommé, et sur Rome qui aide les hommes dont les efforts tendent à amener dans nos affaires universitaires F apaise * ment, la modération et le fonctionnement pratique.

Croyez que je suis toujours avec une vénération profonde,

De Votre Eminence,

Eminentissime Seigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Pire,

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