DOCUMENT N° CIX
Montréal, 1,3 novembre 1889.
Monsieur le Vice-Recteur,
Depuis quelques jours, il existe beaucoup de malaise chez quelques-uns de nos collègues au sujet de
certaines conditions offertes aux membres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, lorsqu'il a été question d'union entre cette Institution et la Faculté Médicale Laval de Montréal.
Les soussignés, membres du Comité chargé de s'occuper de cette importante affaire, vous prient de bien vouloir répondre aux questions suivantes, afin de faire disparaître tout malentendu :
1Q En vertu de quel pouvoir les garanties que vous nous avez données, l'ont-elles été, au sujet de la nomination des professeurs, de leur révocation, des programmes d'enseignement, de la durée des cours, etc. ?
2° Votre position au point de vue légal étant mise en doute, nous désirons savoir si le Conseil Universitaire de Québec, qui a accepté votre nomination comme Vice- Recteur, a le droit de la révoquer ad nu- Htm ?
3° On a affirmé que vous ne pouviez, en aucune manière, lier le Conseil Universitaire de Québec, quant à ce qui concerne la Succursale Laval de Montréal. Veuillez donc nous dire si ce Conseil a le pouvoir de défaire ce que vous avez fait jusqu'aujourd'hui comme Vice-Recteur ?
4Q D'après la Charte civile de l'Université Laval, il n'y a qu'un seul Conseil Universitaire ; et d'après les explications données par le Cardinal Simeoni, dans sa lettre du 26 juin dernier au Cardinal Taschereau, " il faut comprendre qu'il n'y a qu'un seul Conseil Universitaire pour les deux sections de Québec et de Montréal ; d'où vient alors l'autorité que possède cha-
cune des Faucultés de la Succursale Laval à Montréal de se régir elle-même ?
Nous croyons devoir ajouter que quelques-uns de nos collègues vous accusent d'avoir dépassé les limites de vos pouvoirs dans les actes que vous avez faits en vue de l'union entre les deux Facultés.
Nous vous prions donc d'avoir l'obligeance de répondre aux questions ci-dessus, afin de nous mettre en état de donner, de votre part, toutes les explications nécessaires à ceux de nos collègues qui nous ont chargés de travailler à l'Union entre les deux Facultés, et qui l'ont acceptée loyalement ; et de résoudre les objections que nous susciteront les membres de l'Ecole qui ont cru devoir refuser cette union.
Veuillez nous croire, Monsieur le Vice- Recteur,
Vos très dévoués serviteurs,
THS. E. D'ODET D'ORSONNENS, WILLIAM H. HINGSTON, L. E. DESJARDINS.