DOCUMENT N° CX
Montréal, 14 novembre 1889.
MM. les Docteurs d'Odet d'Orsonnens, Hingston et Desjardins.
Messieurs,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 13 courant. Elle ne m'a été remise qu'à midi. ^Un
de votre Comité, M. Hingston, m'a demandé, par le téléphone, une réponse pour ce soir. Une réponse adéquate à des questions aussi vastes, demande tout un mémoire ; il m'est impossible de le rédiger à si bref délai. Comme ces éclaircissements sont pour vos confrères, vu que vous-mêmes, guidés par la prudence qui a dicté votre conduite depuis nos premières entrevues, avez demandé et accepté la solution à tous ces doutes, je répète ici l'offre que j'ai fait faire à l'Ecole par M. Desjardins, savoir : d'en rencontrer tous les membres dans une assemblée générale. Les dissidents pourront y amener leur avocat. J'irai seul. Je me flatte de pouvoir y contenter tout le monde de bonne volonté. Vous me dites que plusieurs de vos collègues m'accusent d'avoir dépassé les limites de mes pouvoirs, mais en quoi ? Ce n'est pas tout d'accuser, mais encore faut-il prouver. Il est évident que la politique de ceux qui veulent faire manquer l'union, est de soulever des doutes, de supposer la ruse chez moi et le manque de perspicacité chez vous. On feint d'oublier le point principal, c'est que vous avez gardé deux ans pour résoudre tous les doutes, assurer tous les intérêts, prévenir tous les malentendus et régulariser tout ce qui pourrait paraître irrégulier aux uns comme aux autres. On s'échaufTe comme si dès à présent l'Union était définitive, et que, dans deux ans, le Ciel devait infailliblement tomber sur la tête de ceux qui se seraient laissés prendre comme dans une ratière. J'avoue que vous êtes de trop grosses captures pour mon piège ; et vous admettrez, de votre
côté, qu'il est impossible d'apporter plus de franchise et d'honnêteté que je ne l'ai fait dans cette matière.
Croyez que je demeure avec une haute considération, Messieurs, votre très dévoué serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre.