DOCUMENT N° XXIV
Montréal,13 septembre 1889.
M. le Dr W. H. Hingston, Prés, de l'E. de Médecine.
Monsieur le Président,
Je n'ai reçu que ce matin votre lettre du 11 courant, comme elle était adressée au Séminaire, et que je demeure à l'Université, Place Jacques Cartier.
Je suis on ne peut plus heureux que les membres de votre Ecole désirent l'union avec Laval, cette année, et avant l'ouverture des cours, et que le projet financier présenté par moi semble vous convenir.
Vous me parlez d'autonomie. Sur ce sujet, pour le bien de la paix, du pays et de la religion, je suis prêt à aller aussi loin que me le permettent les décrets apostoliques qui sont la règle de ma conduite, et le respect que je dois aux sentiments de la Faculté de Médecine de la Succursale Laval à Montréal. Tout de même, il me semble que l'entente est facile. Dans cette assemblée du 7 de ce mois, la question a été sou-
levée sans que je m'y attendisse, sous plusieurs formes et en des termes plus ou moins indéterminés, comme il arrive ordinairement dans une conversation sur des sujets détachés. Vous me demandez une réponse officielle, je veux bien la donner. Mais vous admettrez, je le sais, que pour le faire d'une manière satisfaisante pour tous, j'ai besoin que l'on me pose officiellement la question, en termes clairs et précis. Au reste, au point où nous en sommes rendus dans nos négociations, c'est le moyen le plus prompt d'arriver à un résultat définitif.
En terminant, laissez-moi vous dire, Monsieur le Président, que c'est une conviction chez moi, que la bonne volonté dont nous paraissons animés d'un côté comme de l'autre, finira par trouver une solution qui satisfera toutes les aspirations et tous les intérêts.
Je demeure, avec une haute considération, Monsieur le Président,
Votre tout dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre.