DOCUMENT N° XLI
Québec, 26 septembre 1889.
Sa Grandeur Mgr A. Racine, Evêque de Sherbrooke.
Monseigneur,
Je vous écris cette lettre chez Mgr Paquet, avec sa connaissance, après lui en avoir donné communication.
Dans le cours de la conversation, Mgr Paquet m'a dit que je pouvais ouvrir avec Laval, mais aucunememt avec l'Union ; au contraire, il ne voyait pas comment je pourrais le faire, vu que les nouveaux professeurs n'auraient pas de titre.
Je m'empresse de vous écrire cette rectification, car ce malentendu m'a été bien pénible. Merci de vos bons conseils, et croyez que je suis avec le plus profond respect,
De Votre Grandeur, Monseigneur, Le très dévoué et très obéissant serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre.
N. B. — La lettre étant partie, Mgr Paquet me dit : "A propos, je me rappelle ; en effet j'ai dit à Monseigneur Racine, sur les représentations qu'il m'a faites, que vous pouviez, si vous le vouliez, ouvrir les cours avec l'union des deux Ecoles de Médecine, à vos risques et périls, quitte à en passer parce que Rome déciderait. — Voulez-vous m' écrire cela ? — Bien loin de là, il m'est impossible de vous le permettre officiellement, et de vous le conseiller. — Je comprends, je puis le faire, si je l'ose, contre votre désir et contre votre gré."
Sur le bateau, en route pour Montréal, j'écrivis à Monseigneur l'Evêqne de Sherbrooke la petite note ci-dessous.
Si je rappelle ces incidents, si je cite ces let-
très, ce n'est pas dans le dessein de me plaindre, ni de jeter du louche sur la conduite de qui que ce soit. Seulement ces petits détails peignent une situation mieux que de longs raisonnements, et je tiens à faire comprendre comme, dans ces jours difficiles et pénibles, allant vers l'inconnu au milieu de réticences habiles et de réserves prudentes auxquelles je ne m'attendais pas, vu ma qualité de fonctionnaire de l'Université, j'eus à marcher sur des lames de rasoir. En aurais-je brisé quelques-unes, qu'y aurait-il d'étonnant ?