DOCUMENT N° III
St-Lin des Laurentides, 2 août 1889.
Monseigneur,
Avant d'accepter définitivement la place de Vice- Recteur de l'Université Laval à Montréal, pour la-
quelle vous m'avez fait l'honneur de me désigner au Conseil de l'Université à Québec, et que vous me pressez de ne pas refuser, la prudence me force de poser quelques questions à Votre Grandeur:
I. — 1° Vu que le décret Jam dudum, en date du 2 février 1889, s'exprime ainsi : "Le Vice-Recteur de la " Succursale sera désigné par les Evêques de la pro- " vince de Montréal, qui le présenteront au Conseil " Universitaire, et celui-ci ne pourra le refuser que " pour des raisons approuvées par les mêmes Evêques";
2° Vu que la lettre de Mgr B. Paquet, Recteur de l'Université Laval, m'annonçant ma nomination, est conçue en ces termes : "J'ai l'honneur et le plaisir de " vous annoncer que le 27 du courant, le Conseil " Universitaire vous a nommé Vice- Recteur de l'U- " niversité Laval à Montréal";
3° Vu que dans cette lettre de Monsieur le Recteur, il n'est pas fait allusion à la désignation qu'ont faite Nosseigneurs les Evêques de la province ecclésiastique de Montréal :
J'aimerais à savoir si le Conseil Universitaire, qui a nommé le Vice- Recteur de la manière ci-haut citée, peut renvoyer le Vice-Recteur sans le consentement de Nosseigneurs les dits Evêques de la province ecclésiastique de Montréal.
IL — En attendant que la question monétaire soit réglée entre le Séminaire de Québec et le diocèse de Montréal, et que des ressources soient créées pour la Succursale, l'Archevêque de Montréal peut-il m'assu-
rer le remboursement de mes dépenses de temps et d'argent, tels que frais de voyage, absences de ma paroisse, frais de pension, pension et salaire d'un second vicaire, pension et salaire d'un secrétaire, dépenses de la maison de l'Université, annonces dans les journaux de la réouverture des classes, etc., etc.; comme j'entends n'être responsable directement ni indirectement d'aucunes dépenses occasionnées par ma charge de Vice-Recteur.
III. — S'agit-il, dans ma conduite comme Vice-Recteur, de l'application loyale, large et entière du dernier décret papal Jam dudnm avec le favores sunt ampliandi pour Montréal dans toutes les questions douteuses ?
Espérant une réponse favorable, je demeure avec le plus profond respect, de
Votre Grandeur, Monseigneur,
Le très humble et très dévoué serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre,