‹ Question universitaire de Montréal (volume 4)Chapitre 10 sur 65 · N° III · texte numérisé non relu

N° III

L'idée de ce bill n'est pas une innovation, puisque Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, archevêque de Montréal, Mgr M. E. Méthot, recteur de l'Université Laval, le révérend Louis Colin, supérieur du Séminaire de St-Sulpice de Montréal, le révérend J. E. Marcoux, vicerecteur de l'Université Laval à Montréal, l'honorable P. J. 0. Chauveau, l'honorable juge L. A. Jette, le Dr E. P. Lachapelle, et autres pétitionnaires ont déjà obtenu de la législature de Québec, en 1887, une loi dans le même genre. (Document N° IV).

En effet, un homme seul, le Vice-Recteur, ne peut représenter convenablement, et constituer une administration aussi considérable. Il lui faut être entouré de conseillers aptes et de coopérateurs zélés pour inspirer confiance aux intérêts divers et aux diverses nuances d'opinions qui existent, nécessairement, dans un aussi vaste

district que celui de Montréal. A cette condition seulement naîtront et se fortifieront les sympathies efficaces et les sources de revenus, choses dont on ne peut se passer en aucune façon, puisque l'Université n'est pas fondée à Montréal, pécuniairement parlant. C'est là, pour nous, une question de vie et de mort.

Or, les membres du Conseil universitaire à Québec ne peuvent constituer ces coopérateurs du Vice-Recteur à Montréal pour les intérêts locaux et les trausactions monétaires. Comment consulter, dans les affaires de routine, dans les embarras de chaque jour, des hommes qui demeurent à soixante lieues ? Du reste, outre l'éloignement, l'Université à Québec s'est complètement désintéressée de l'administration des finances à Montréal. Mgr Paquet me l'écrivait péremptoirement à la date du 29 août 1889. (Document N° V).

La Succursale a été établie aux frais du diocèse de Montréal. La lettre de Son Eminence le Cardinal A. Franchi en date du 9 mars 1876, dit : "que toutes les dépenses nécessaires pour la Succursale devront être à la charge du diocèse de Montréal." Puisque c'est l'Archevêque de Montréal qui paie, n'a-t-il pas, tout naturellement.

le droit de constituer son administration financière, pour les affaires de l'Université, sur les bases qu'il juge les plus propres à la faire réussir ? C'est là tout simplement ce qu'il entreprend de faire aujourd'hui.

\u les circonstances, le syndicat financier établi par la loi de 1887 n'ayant pu atteindre son but, (Voir document N° I, préambule du bill), et étant devenu lettre morte quant à ses effets pratiques, Mgr l'Archevêque de Montréal, le 21 février 1891, me chargea d'organiser et de convoquer un conseil d'affaires provisoire, choisi entre les hommes les plus importants de la ville de Montréal, pour veiller à la confection d'un autre projet de loi, qui répondrait davantage aux besoins du moment. (Document N° VI).

Ce conseil se mit à l'œuvre avec beaucoup de bonne volonté. Après des séances plusieurs fois répétées, et à la suite d'études longues et sérieuses, il finit par s'arrêter au projet de bill ci-inclus, que Nosseigneurs les Archevêque et Evêques de la province de Montréal approuvèrent de leurs signatures le 29 avril dernier.

En même temps que ce bill, j'envoie à Votre Eminence le compte-rendu officiel de ces diverses

séances du Conseil d'affaires. (Document N° VI). En le lisant, Elle pourra constater par Ellemême quel esprit large, conciliant, et vraiment catholique a présidé aux travaux de ces hommes <de bonne volonté.

Entre autres choses, Elle y verra :

1° Qu'on n'a voulu " amoindrir en aucune manière les pouvoirs, droits ou privilèges, accordés à l'Université Laval par la charte royale de Sa Majesté la reine Victoria."

2° Qu'on s'est efforcé de s'inspirer en tous points des prescriptions et des désirs du décret Jam duditm ;

3° Qu'il a été fait dans l'administration du siège montréalais de l'Université une large part à l'élément laïque : les laïques ont généralement plus d'aptitudes que les ecclésiastiques pour les affaires d'argent ; en laissant un libre essor à leur énergie et à leur initiative, on a cru conjurer le danger de voir s'élever, par opposition, à côté de l'Université catholique, une université laïque indépendante, sans compter que l'on continue les traditions qui font la force de notre société canadienne, en cimentant par un nouveau lien l'union des autorités religieuses et du laïcisme chrétien ;

4° Que les Archevêque et Evoques de la

province sont constitués en un tribunal suprême pour décider de toutes les questions litigieuses qui pourraient surgir dans le siège montréalais;

5° Que le droit de veto le plus absolu est attribué par la loi, à l'Archevêque de Montréal, et dans la nomination des administrateurs et dans chacun de leurs actes administratifs de quelque importance ;

6° Enfin, qu'il est difficile d'imaginer une constitution plus catholique.

C'est pourquoi j'ose espérer que Votre Eminence, que la Sacrée Congrégation de la Propagande et que Notre Très- Saint Père le Pape auront pour agréable ce projet de loi qui a été préparé avec tant de soin, et qu'ils ne désapprouveront pas le dessein que Nos seigneurs les Archevêque et Evêques de la province ecclésiastique de Montréal ont d'en demander la sanction civile à la prochaine session de la législature de la province de Québec.

Dans cette espérance, votre pétitionnaire prie

et ne cessera de prier, demeurant toujours avec

la vénération la plus profonde,

De Votre Eminence,

Eminentissime Seigneur,

Le tr>s humble et très dévoué serviteur.

J. B. Pkoulx, Ptre.

IDOCTJIMIIEIISTT USTO I

ACTE pour rappeler l'acte qui constitue en Corporation le " syndicat financier de.

L'UNIVERSITÉ LAVAL A MONTREAL", 50 Vict.,

chap. 23, et pour constituer en corporation

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