‹ Question universitaire de Montréal (volume 4)Chapitre 46 sur 65 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

DES DÉLIBÉRATIONS DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ LAVAL A MONTRÉAL.

Montréal, 30 juin, 1891.

Il est résolu à l'unanimité qu'après avoir pris connaissance d'une lettre de M. l'abbé Proulx, vicerecteur, à M. le doyen de la Faculté, en date du 27 juin 1891, la Faculté déclare qu'elle est prête à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter le bon fonctionnement de la nouvelle corporation, pourvu toujours que, suivant l'entente et les conventions acceptées de part et d'autre, les droits et privilèges des membres actuels de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal soient entièrement sauvegardés.

Résolu, unanimement, que dans les circonstances présentes, la Faculté verrait avec regret M. le Dr Rottot se démettre de ses fonctions de doyen de la dite Faculté.

Pour copie conforme,

H. E. DESROSIERS

Secrétaire.

Rimouski, 7 juillet 1891.

M. le Dr H. E. Desrosiers,

Bue St- Denis, Montréal.

Monsieur le Professeur,

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre

en date du 30 juin, renfermant un extrait des délibérations de la faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, laquelle m'a été remise à mon arrivée à l'Evêché de Rimouski.

J'ai été heureux d'apprendre que " la faculté de Médecine déclare qu'elle est prête à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter le bon fonctionnement de la nouvelle corporration poruvu

que " En effet, pourvu que le moment de

transition actuelle soit rencontré avec largeur d'idées et hauteur de vues, la nouvelle corporation a devant elle le plus bel avenir.

" Pourvu toujours que, suivant l'entente et les conventions acceptées de part et d'autre, les droits et privilèges des membres actuels de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal soient entièrement sauvegardés."

Certainement, il a toujours été loin de ma pensée

de ne pas m'en tenir à l'entente et aux conventions telles qu'elles ont été acceptées. Seulement, il ne serait pas juste qu'il fût permis à chacun de prendre ses désirs pour des conventions.

Je vous ferai remarquer que le mot privilège vient pour la première fois, je crois, dans nos pourparlers. Je ne dis pas que j'y aie objection, mais c'est un mot vague et élastique, et, avant que de l'accepter, j'aimerais à en saisir, comme de juste,

la signification exacte.

Quant à la question du Doyen ou président de la faculté médicale, c'est une question dont la solution est au pouvoir de tous les membres de ce corps régulièrement organisé.

Je demeure avec une haute considération, Monsieur,

Votre très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Ptre.

Le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal doit-il être nommé chaque année ?

Après la lettre de Rome, en date du 9 juillet 1891, je crois que cette question est réglée définitivement.

MÉMOIEE

ou l'on étudie s'il convient de nommer le

Vice-Becteur de l'Université Laval

a Montréal chaque année.

Montréal, 8 mai 1891.

Sa Grandeur Mgr Ed. Chs Fabre,

Archevêque de Montréal.

Monseigneur,

Québec semble considérer comme parfaitement admis que le Vice-Becteur de l'Université Laval à Montréal doit être nommé chaque année. Vous m'avez fait l'honneur de me demander quelle est sur le sujet mon opinion. La voici, bien franchement.

La chose ne me paraît être ni désirable, ni obligatoire, ni admise.

d'abord elle n'est pas admise.

1° Si elle l'était, Mgr Paquet, dans les dispositions d'esprit où il s'est trouvé l'automne dernier,

en aurait exigé l'exécution absolument, qui en doute ?

2° Si elle Pétait, il n'y aurait pas de Vice-Recteur à Montréal depuis neuf mois ; et tous mes actes, comme tel, seraient nuls et de nul effet. Qui oserait soutenir une pareille prétention "l

3° Si elle l'érait, les évêques qui m'ont choisi pour remplir cette charge m'en auraient averti. Or, voici en quels termes Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, archevêque de Montréal, m'annonce la nouvelle de ma nomination.

u J'ouvre cette lettre pour vous dire que je reçois u à l'instant de Mgr Paquet une lettre qui ni'an- 11 nonce que vous êtes nommé Vice-Recteur. Deo " gratias ! "

4° Si elle l'était, Mgr Paquet n'aurait pas manqué de me le dire dans la lettre par laquelle il m'apprend officiellement que je suis Vice-Recteur de l'Université Laval de Montréal.

u J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer que le 27 du courant, le Conseil de l'Université Laval vous a nomméVice Recteur de l'Université Laval à Montréal. Je vous offre mes sincères et vives félicitations. J'espère que nos rapports seront toujours agréables et que, sous votre habile direction, la succursale de l'Université Laval prendra de nouveaux et heureux accroissements. De mon côté, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour vous rendre votre besogne aussi facile que possible." Donc, la chose n'était pas considérée comme admise de soi, lorsque j'ai été nommé Vice-Recteur ; donc le doute est né après coup. Et pourquoi ?... Voyons maintenant si cette opinion de Québec est appuyée sur quelque chose de légal.

1° La charge de Vice-Becteur a été établie à Montréal par une u lettre de Son Eminence le Cardinal A. Franchi, du 9 mars 1876, transmettant à Mgr l'Archevêque de Québec la décision de la Sacrée Congrégation delà Propagande, du 1er février 1876." Je cite de cette lettre ce qui regarde le Vice-Becteur de l'Université à Montréal.

" Il y aura à Montréal un Vice-Becteur résidant, nommé par le Conseil universitaire et approuvé par l'Evêque de Montréal, lequel Vice-Becteur suppléera le Becteur dans l'admission ou l'expulsion des étudiants. Cette surveillance est relative seulement à l'observation des règlements universitaires, attendu que, pour la conduite morale et religieuse, l'Evêque de Montréal y pourvoiera entièrement." Y est-il question de la durée de son terme d'office ? Aucunement.

2° La constitution Jam dudum transporte le pouvoir de choisir le Vice- Recteur, du Conseil universitaire aux Archevêque et Evêques de la province ecclésiastique de Montréal. Voici en quels termes : " Son Vice-Becteur (de l'autre siège de l'Université qui tient lieu de l'Université Laval exerçant son magistère à Montréal), son Vice-Becteur sera désigné par les Evêques de la province de Montréal, qui le présenteront au Conseil universitaire ; et celui-ci ne pourra le refuser que pour des raisons approuvées par les mêmes Evêques." Au moins ici, est-il question de la durée de ses fonctions ! Pas davantage.

Là où la loi se tait, pourquoi spécifier % Favores sunt ampliandi.

"Mais, dira-t-on, les officiers de l'Université, à part le Recteur, sont nommés annuellement." Trèsbien ; cela était peut-être convenable, lorsque le choix du Vice-Recteur relevait du Conseil universitaire. Mais, où est cette raison de convenance, depuis qu'il est choisi et désigné par les Evoques de la province de Montréal ?

Au contraire.

De même qu'il appartenait au Conseil universitaire de délimiter le ternie d'office du Vice Recteur, alors que le dit Conseil le choisissait ; de même il appartient aux Evêques de la province de Montréal de délimiter ce terme d'office, maintenant que ce choix relève de leur autorité: conséquence d'une logique irréfragable.

Enfin, serait-il désirable que le Vice-Recteur fut nommé chaque année 1

Non, et c^la pour trois raisons principales.

1° Un terme d'office aussi court, pour une position qui devient de jour en jour de plus en plus importante à Montréal, tuerait chez ce fonctionnaire toute énergie, et paralyserait tout esprit d'initiative.

2° Les Evêques ne trouveront aucun homme de valeur, qui consente à quitter un poste stable pour une position aussi précaire.

Quant à moi, quoique ma valeur soit bien minime, je n'aurais pas quitté l'exercice de mon ministère pastoral à St. Lin volontiers, si l'on m'eût dit : Vous êtes nommé pour un an seulement. Pour la preuve de ce que je viens d'avancer, voir le Nota- Bene, à la fin de ce mémoire.

3° Ce serait ouvrir annuellement, peut-être, auprès de l'Episcopat, la porte à des représentations ou récriminations possibles, qui pourraient devenir à la longue plus qu'embarrassantes.

Du reste, je crois Québec trop sage pour insister de nouveau sur ce point. Dans les circonstances présentes, ce serait prêter flanc, en maints endroits, à des interprétations qui tourneraient à l'avantage ni de l'Université, ni surtout du Conseil universitaire.

Ma conclusion est celle-ci :

1° Le terme d'office du Vice-Eecteur de l'Université Laval à Montréal n'est délimité, de par l'autorité supérieure, par aucune loi ; et le Vice-Eecteur actuel a été choisi, désigné et nommé pour un temps indéterminé, sous le bon plaisir des Evêques de la province ecclésiastique de Montréal.

2° S'il convient, ce que je ne nie pas, de délimiter ce terme d'office, ce soin appartient aux dits Evêques de la province de Montréal, et à eux seuls.

3° Dans cette dernière supposition, s'il m'est permis, sous forme de corollaire, de risquer une opinion, il me semble que ce terme d'office ne devrait pas être moindre que trois ans, si l'on veut donner à cette position de Vice-Eecteur une stabilité qui lui permette de se dévouer, en toute sécurité, aux travaux de longue haleine qui sont du ressort de l'administration universitaire à Montréal.

Le tout respectueusement, soumis par celui qui

est, avec la plus haute considération, De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très-humble et très-obéissant serviteur,

J. B. PEOULX, Ptre,

N B. — La preuve que je n'aurais pas quitté l'exercice du ministère pastoral à St. Lin, volontiers, si j'eusse cru que j'étais nommé Vice-Eecteur pour un an seulenu nt, on peut la trouver dans la lettre suivante que j'écrivis à Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Montréal, le 2 Août 1889.

" Monseigneur, avant d'accepter définitivement la place de Vice-Eecteur de l'Université Laval à Montréal, pour laquelle vous m'avez fait l'honneur de me désigner au Conseil de l 'Université à Québec, et que vous me pressez de ne pas refuser, la prudence me force de poser quelques questions à Votre Grandeur.

1° Vu que le décret Jam dudum, en date du 2 février 1889, s'exprime ainsi : u Le Vice-Eecteur de la succursale sera désigné par les Evêques de la province de Montréal, qui le présenteront au Conseil universitaire et celui-ci ne pourra le refuser que pour des raisons approuvées par les mêmes Evêques ;

2° u Vu que la lettre de Mgr B. Paquet, Eecteur de l'Université Laval, m 'annonçant ma nomination est conçue en ces termes: " J'ai l'honneur ' et le plaisir de vous annoncer que, le 27 du eou- ' rant, le Conseil universitaire vous a nommé 1 Vice-Eecteur de l'Université Laval à Montréal'; 3° " Vu que dans cette lettre de M. le Eecteur il n'est pas fait allusion à la désignation qu'ont faite Nosseigneurs les Evêques de la province ecclésiastique de Montréal :

" I. J'aimerais à savoir si le Conseil universitaire, qui a nommé le Vice-Eecteur de la manière cihaut citée, peut renvoyer le Vice-Eecteur sans le consentement de Nosseigneurs les dits Evêques de la province ecclésiastique de Montréal

III. u S'agit-il, dans ma conduite comme Vice- " Recteur, de l'application loyale, large et entière u du dernier décret papal Jam dudum, avec le " Favoressunt ampliandi pour Montréal dans toutes u les questions douteuses ? "

Je n'ai pas besoin de commenter cette lettre. IntelUgenti pauca. J. B. P.

St-Hyacinthe, 9 mai 1891.

Révérend J. B. Proulx,

Vice-Recteur U. L. M.

Mon cher Monsieur,

J'ai reçu ce matin votre mémoire sur la question de savoir si le Vice-Recteur de Montréal doit être nommé tous les ans.

Je n'ai pas été peu surpris qu'on ait en certain lieu soulevé cette question. Pour moi, elle est parfaitement claire, ainsi que vous le démontrez dans votre mémoire.

Le Vice-Recteur de Laval à Montréal n'occupe pas une sinécure, et il est personnage fort important dans le fonctionnement de notre grande institution. Je considère qu'il ne doit pas être plus sujet à changement que le Recteur de Québec, qui a au moins trois ans devant lui pour travailler en paix à la tâche qui lui est confiée.

J'ai confiance que cette nouvelle difficulté s'aplanira comme toutes les autres et qu'elle servira à

éclaircir de mieux en mieux la situation. Avec cet espoir, je demeure votre tout dévoué en N. S.

f L. Z. Ev. de St-Hyacinthe.

Montréal, 16 juin 1891.

A Son Eminence le Cardinal Simeoni,

Préfet de la S. 0. de la Propagande.

Eminentissime Seigneur,

Comme je sais qu'on agite de ce temps-ci la question de savoir si le Vice-Recteur de l'Université à Montréal doit être réélu chaque année, je me permets d'envoyer à Votre Eminence les idées que, sur leur demande, j'avais l'honneur de soumettre, le 8 mai dernier, à Nosseigneurs les Archevêque et Evêques de la province ecclésiastique de Montréal.

J'ose espérer que Votre Eminence verra, comme Leurs Grandeurs, qu'il existe de graves inconvénients à ce qu'une telle nomination revienne à des époques trop rapprochées.

Dans tous les cas, quoi qu'il advienne, je demeure et serai toujours, avec la plus haute considération et le plus profond respect,

De Votre Eminence,

Eminentissime Seigneur, Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Ptre,

Montréal, 23 juillet 1891.

Sa Grandeur Mgr Ed. Chs Fabre,

Archevêque de Montréal.

Monseigneur

Je vous envoie ci-inclus la copie d'une lettre que je viens de recevoir de Son Eniinence le Cardinal Siméoni. Il en ressort :

1° Que Québec n'a pas porté officiellement jusqu'ici devant la Propagande la question de l'élection annuelle du Vice-Eecteur à Montréal ;

2° Que la Sacrée Congrégation n'a jamais décidé que cette élection se ferait annuellement ;

3° Qu'elle n'a jamais exprimé de désir à ce sujet ;

4° Qu'elle n'en exprime encore aucun ;

5° Et que, par une conséquence qui me paraît toute naturelle, il appartient aux évoques qui choisissent le Vice Recteur à Montréal de fixer son terme d'office.

Croyez que je demeure avec une haute considéra.

tion,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PEOULX, Ptre.

A qui dois-je faire mon rapport annuel ? au Conseil Supérieur de l'Université Laval ? à Nos-

seigneurs les Archevêque et Evêques de la Province de Montréal ? à Monseigneur le Recteur ? Je le repète, je suis anxieux de le connaître.

Montréal, 9 mai 1891.

Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre,

Archevêque de Montréal.

Monseigneur,

Je vous envoie sous ce pli un quœsitum : u Le Vice-Becteur de l'Université Laval à Montréal doit-il présenter un rapport annuel au Conseil Supérieur de l'Université."

U ne s'agit pas, bien entendu, du rapport que je dois à Votre Grandeur, ni des renseignements qui sont dus à Nosseigneurs les Evêques de la province de Montréal, ni des communications qu'il convient de faire à M. le Recteur de l'Université : tâche que je m'efforce de remplir avec le plus de bon vouloir, d'ampleur, et de détails possibles.

Il s'agit, tout simplement, de ce rapport qui doit être présenté annuellement au Conseil Supérieur, tel qu'il est dit au îsTo. IX du décret romain Norma consilii supremœ vigilantiœ.

Sur ce sujet, je suis de même opinion que Mgr Paquet. Personne, mieux que le Vice-Recteur, n'est à portée de faire connaître aux vénérables membres du Conseil Supérieur la situation exacte à Montréal, et d'ajouter à son rapport écrit, s'il en est besoin, des explications orales. Car, cette clause IX du Norma consilii s'exprime comme suit :

" A la réunion régulière annuelle, le Recteur de

" l'Université sera invité à venir donner un rap- " port exact de l'état de l'Université au point de " vue de la doctrine et de la discipline. Ce rap- 11 port, qui sera donné par écrit, pourra être expli- " que oralement par le Eecteur si le Conseil le " demande."

Que ce rapport de Montréal arrive au Conseil Supérieur par l'entremise du Recteur, en réalité c'est pratiquable ; mais cela pourrait donner occasion à des inconvénients quelquefois, et quelquefois aussi le Vice-Recteur de l'Université à Montréal peut avoir besoin de justifier ou d'expliquer sa conduite. S'il paraît devant le Conseil, de parla règle ou la coutume, alors la chose se fait tout naturellement, sans choc ni surprise.

M 'abandonnant, sur ce point comme sur les

autres, à votre sagesse épiscopale et aux desseins de

la bonne Providence qui nous mène ccmme par la

main, je demeure, avec l'affection la plus filiale,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très dévoué serviteur et fils,

J. B. PROULX, Ptre,

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