BENJ. PAQUET
Québec, 7 février 1891.
Au Révd J. B. Proulx,
Monsieur le Vice-Recteur,
J'ai reçu votre lettre du 3 février en réponse à la mienne du 21 janvier. Si vous avez la bonté de relier
ma lettre du 21 janvier, vous verrez que mes reproches ne se rapportent pas à votre lettre, mais à votre conversation.
Vous niez absolument les deux avancés que vous signalez dans votre lettre du 3 du courant, et vous dites que je vous ai mal compris. Cela me suffit, et me prouve de plus en plus la nécessité de tout faire par écrit. Vous ne serez pas surpris si, à l'avenir, j'exige que nous ayons toujours des témoins de nos conversations. Cette précaution m'est conseillée par les hommes les plus graves et les plus prudents.
Votre correspondance avec le Recteur et avec les
autres officiers de l'Université est loin de prouver que
vous nous avez tenus au courant de ce qui s'est passé
dans la Succursale depuis dix-huit mois; elle prouve
même tout le contraire.
Vous êtes venu, dites-vous, dixfois bien comptées, à Québec pour me parler des affaires de l'Université ; j'aime à croire que c'était là votre intention, mais malheureusement, à part deux ou trois fois, votre intention est demeurée sans effet, et vous vous êtes probablement contenté de parler de ces affaires à des personnes étrangères à l'Université. Quoi qu'il en soit du passé, je vous répète que je suis très heureux d'apprendre de vous, Monsieur le Vice-Recteur, qu'à l'avenir l'Université mère sera tenue au courant des affaires de sa Succursale, et dans toutes ses facultés. J'aime à vous dire de nouveau, Monsieur le Vice- Recteur, que je suis complètement à votre disposition
et que je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous rendre votre tâche plus facile, et cela avec un grand plaisir.
J'ai l'honneur d'être,
Monsieur le Vice-Recteur,
Votre très humble et très dévoué serviteur,