‹ Question universitaire de Montréal (volume 5)Chapitre 22 sur 26 · LE MOT DE LA FIN · texte numérisé non relu

LE MOT DE LA FIN

Le Rapport était imprimé, ce supplément était sous presse, lorsque je reçus de Mgr l'Archevêque de Montréal une réponse que je puis considérer, sans espérance téméraire, comme une acceptation définitive de nia démission pour le temps de la retraite ecclésiastique. La voici.

J'y ajoute une dernière lettre, qui fait connaître à Sa Grandeur un événement douloureux pour moi, devant lequel ma résolution, déjà bien arrêtée, ne peut que s'affermir.

Montréal, 2 juillet 1892.

M. l'abbé J. B. Proulx, Chan. honoraire.

Monsieur le Vice-Recteur,

Je ne perds pas de vue vos deux lettres. Prenez patience. Je suis un peu surchargé pour le moment. La visite et bien d'autres affaires se présentent en

même temps. Vous me donnez jusqu'à la retraite, tant mieux.

Les docteurs Dagenais et Brosseau acceptent les 500 piastres. M. Vinet, qui vient de mourir, est parti subitement... Portez-vous bien, et priez pour votre tout dévoue,

t EDOUARD CHS, Arch. de Montréal.

St-Lin des Laurentides, 6 juillet 1892.

Sa Grandeur Mgr Edouard Chs Fabre,

Archevêque de Montréal.

Monseigneur,

Ma mère est tombée de paralysie, il y a huit jours, dans la nuit qui a précédé la Saint- Pierre. Elle n'est guère mieux. Le côté gauche est complètement immobilisé. Si elle revient à la vie, elle ne recouvrera probablement jamais l'usage de sa jambe paralysée, ni de son bras.

("est pour moi un grand dérangement et une grande affliction ; mais le dérangement n'est rien, pourvu que le bon Dieu nous la conserve, devrions-nous en avoir soin comme d'un bébé.

Cette pauvre mère était pieuse; elle allait à la me-se et communiait tous les jours. La plus grande douleur de sa maladie pour elle est de ne pouvoir se rendre A l'église et assister au saint sacrifice.

Je viens. Monseigneur, vous demander une faveur à

laquelle je tiens comme au bonheur de ma vie, et pour

l'obtention de laquelle je vous supplie de toute Tardeur

de ma prière. L:t chambre de ma mère donne sur le

salon; dans le salon il y a un bay-window qui projette

à l'extérieur; dans ce châssis on peut établir un petit

autel d'une manière très convenable. Je viens donc

vous demander la permission de dire pour ma mère

malade quelquefois la messe sur cet autel, que je

bâtirais joli, propre et décent. Vous aurez rendu

facile l'accès de Jésus à une âme qui l'aime bien, et à

moi vous aurez accordé ce que je considère la plus

grande marque de bienveillance que j'aie encore reçue

dans ma vie. Plein de cette espérance, je me souscris,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur.

J. B. PROULX; Pire.

P. S. — J'ai reçu votre lettre du 2 du courant, qui me fait entrevoir pour un avenir prochain, non seulement la possibilité, mais encore la quasi-certitude de ma retraite. Merci. Dans ces nouvelles circonstances que m'apporte la maladie de ma pauvre mère, ma démission s'impose avec une urgence nouvelle. Vous aurez pitié de moi. — J.B.P.

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