L. D. A. MARÉCHAL, V. G
Délégué ad hoc.
t ANTOINE, Év. de Sherbrooke.
f L. Z.. Ev. de St-HyaciutJie, J. M. EMARD, Évêqneélude Valleyfield.
Montréal, 2 mai 1892.
M. l'abbé J. B. Proulx, Vice-Recteur U. L. M.
Monsieur le Vice-Recteur,
Vous avez eu la bonté de m' adresser copie du projet de bill relatif à la nouvelle organisation du Syndicat financier, en me priant de l'examiner spécialement au point de vue des intérêts de la Faculté des Arts. Cet examen me suggère une petite observation qui peut-être vous paraîtra digne d'être signalée à l'attention bienveillante de NN. SS. les Evêques, au moins dans l'avenir. Leurs Grandeurs ont déjà témoigné l'intérêt particulier que leur inspire l'Ecole Polytechnique de Montréal, d'abord en l'agrégeant à l'Université catholique comme partie intégrante de la Faculté des Arts, puis en lui réservant, dans le projet de bill en question, le privilège d'être toujours représentée par un délégué dans la Corporation du Syndicat
financier. Mais une analogie bien légitime ne conduirait-elle pas à prendre au moins en principe une disposition de plus en faveur de la même Ecole ?
Elle a ses gradués comme la Faculté de Droit et de Médecine. Elle leur délivre des diplômes d'ingénieurs civils dont la valeur est reconnue spécialement aux Etats-Unis, par l'accueil qu'on y fait aux jeunes gens qui en sont porteurs et par les positions distinguées dont ces diplômes leur ouvrent l'entrée. Si le nombre de ces gradués était dès à présent comparable à celui des gradués de Droit et de Médecine, n'y aurait-il pas lieu de leur reconnaître aussi le droit d'élire un ou deux d'entre eux pour représenter dans le Syndicat le corps professionnel dont il font partie ?
Si la différence numérique est encore un obstacle à ce que cette mesure soit prise immédiatement, ne pourrait-on pas prévoir le cas où il viendrait à disparaître comme nous devons le souhaiter? Les industries savantes entre lesquelles se partagent les différentes classes d'in-
génie urs civils prennent en effet dans notre société une importance toujours croissante et comment ne pas souhaiter que la jeunesse canadienne française y conquère une place proportionnée à cette importance même et aux heureuses aptitudes dont elle est douée ? On peut ajouter que la profession d'ingénieur n'est pas la moins propre à former des hommes d'affaires capables d'apporter l'appoint d'un bon conseil aux délibérations du Syndicat financier.
Telle est. Monsieur le Vice-Recteur, la petite observation que j'ai crue bonne à vous soumettre. Elle vous sera au moins une preuve de l'intérêt sérieux que j'ai pris à votre bienveillante communication.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments très respectueux et dévoués.
P. DE FOVILLE.
Montréal, 7 mai 1892.
Sa Grandeur Mgr A. Racine,
Evêque de Sherbrooke.
Monseigneur,
Voici un aperçu succinct des travaux et des péripéties de la semaine :
Mardi soir, assemblée générale des facultés de Droit et de Médecine. J'y fis, tant bien que mal, le discours en trois points que vous connaissez : justice, utilité,honneur. (1) J'insistai surtout sur ce fait, que, jusqu'ici, l'Archevêque de Montréal seul avait administré l'argent universitaire; que, F Archevêque voulant confier cette administration à une corporation qui l'aiderait, cela ne donnait pas un droit aux facultés d'en faire part ; que l'Archevêque voulait bien que les facultés y fussent représentées pour y
(1) On trouvera les principales idées de ce discours au numéro suivant.
exposer leur besoins; et que, après tout, l'important pour elles était que cette administration incorporée n'empiétât pas sur leurs droits : ce que je pouvais leur garantir absolument.
Les choses se passèrent sérieusement et gentiment. La bill fut repassé, clause par clause. On ne me fit pas moins de trente suggestions. Je les acceptai toutes, pour les passer au Conseil des Evêques, avec entente que je ne me prononçais actuellement sur aucune. Le lendemain, l'hon. M.Archambault et M. le Dr Desrosiers me remettaient ces suggestions tirées au clair sur douze pages de grand papier.
Mercredi soir et jeudi soir, séance du Conseil d'affaires. Les suggestions parurent être de trois catégories : les unes purement mécaniques, changeant les numéros du bill, celles-ci furent mises de coté ; les autres, proposant un nouveau mode de rédaction, furent lues attentivement, mais, pour les rai.-ons que vous savez, en général on s'en tinta la rédaction primitive; enfin les troisièmes portaient sur le respect des droits des facultés, c'était vraiment celles que nous
désirions avoir, et en réalité les seules que les facultés pouvaient en justice nous faire. Quant à ces dernières, nous fûmes heureux de nous y rendre et de les admettre toutes. Elles éclaircissent et accentuent ce que nous avions résolu dès le commencement : ne pas empiéter sur le droit des diverses facultés.
Avec ces modifications, la requête à la Législature a été imprimée. Nous la faisons circuler parmi les intéressés afin qu'ils puissent y apposer leur signature. Je vous envoie trois copies ; veuillez les signer, si vous les trouvez convenables, et me les adresser à Québec chez Madame Redmond, 84 rue d' Auteuil. Cependant, comme je descends à Québec lundi soir et que mardi est le dernier jour pour la présentation des requêtes devant la Législature, de peur que votre signature m'arrivât trop tard, m' appuyant sur la permission que vous m'avez donnée de signer en votre nom, j'ai demandé à M. le Grand Vicaire de mettre la vôtre à la suite de sa griffe. Pour plus de sûreté veuillez m'envoyer à Québec, datée de dimanche, une procuration par laquelle
vous permettez îiu Grand Vicaire de signer la requête pour vous.
Je vais passer le dimanche à St-Lin, où je ne suis pas allé depuis quinze jours, afin de me retremper avant d'entreprendre mon travail québecquois.
Croyez que je suis toujours, avec une haute considération,
De Votre Grandeur,
Monseigneur, Le très humble et obéissant serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre,
Messieurs, Mercredi dernier, M. le juge Jette, au nom des deux Facultés de Droit et de Médecine, me passait un projet de loi, rédigé avec soin, mais partant d'un principe tout à fait différent de celui qui a présidé h la confection du projet, qui a été soumis au Conseil Supérieur de l'Univer-
site Laval, et qui a été approuvé dernièremen t par le Saint-Siège.
Notre projet remet la gestion des deniers de l'Université surtout à des personnes étrangères aux Facultés, tout en accordant à celles-ci un droit de représentation au sein de cette administration financière. Le nouveau projet attribue cette gestion presque exclusivement aux professeurs des diverses Facultés. En effet on y lit :
" Les droits et pouvoirs de la corporation 6 seront exercés par un Conseil appelé Bureau - des Gouverneurs. 8° Le bureau des Gouver- ( neurs sera composé des personnes suivantes : 'L'Archevêque de Montréal; les Evêques de Ma Province ecclésiastique de Montréal; le ' Vice-Recteur de l'Université Laval à Mont-
• réal ; le Supérieur du Séminaire de St-Sul-
* pice de Montréal ; le Doyen de chacune des i Facultés de Théologie, de Droit, de Médecine ' et des Arts de l'Université Laval à Montréal, ' et trois autres professeurs titulaires laïques de ' chacune des Facultés, choisis à la majorité des
11 voix par les professeurs titulaires de chacune '* des Facultés susdites; sept membres laïque- Ci catholiques romains choisis parla majorité des <: membres du Bureau des Gouverneurs, tel qu'a- 6i lors constitue. Deux de ces membres seront l< choisis parmi les gradues de la Faculté de Droit, Ci deux parmi les gradués de la Faculté de Méde- " cine ou de l'Ecole de Médecine et de Chirur- 11 gie de Montréal, et les trois autres en dehors " des membres de la corporation, des profesu seurs des diverses Facultés et des anciens " élèves de l'Université Laval à Montréal ou de <; l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de 11 Montréal."
I. D'abord je vous dirai que j'ai pris ce projet comme une suggestion ; et, à ce point de vue, je l'ai reçu avec faveur ; car loin de moi la pensée de nier à un membre de l'Université et à un sujet britannique son droit de pétition.
J'étais certain que les professeurs ne considéraient pas que la gestion des biens universitaires leur revînt en justice; car cette prétention n'aurait pu s'appuyer ni sur des principes théoriques ni sur les faits.
A Québec, le Séminaire seul administre les biens de l'Université. La Succursale a été établie canoniquement aux frais du diocèse de Montréal, c'est-à-dire, en pratique, à la charge de son Archevêque ; le civil n'a rien réglé sur cette question. Le gouvernement delà Province de Québec n'a pas trouvé d'autre administrateur que l'Archevêque de Montréal à qui payer les $40,000.00 revenant des biens des Jésuites à la Succursale. Depuis trois ans, j'ai fait de l'argent universitaire, pour me servir d'une expression populaire, des cJioilx et des raves, et je n'ai jamais rendu de compte qu'à mon Archevêque. Or, ce même Archevêque, jusqu'à aujourd'hui seul véritable administrateur, pour donner plus d'efficacité à son administration demande à être constitué en corporation légale avec un certain nombre d'hommes entendus en matière de finances. En quoi ce fait donnerait-il aux Facultés le droit d'avoir en main cette administration dorénavant ?
Elles n'administreront pas dans l'avenir; mais dans le passé, elles n'administraient pas
non plus: leur position est la mouie. Seulement, elle est améliorée, car le projet de loi leur donne, pour leur permettre de faire valoir leurs besoins, un droit de représentation dans l'administration, telle- qu'elle sera légalement constituée.
u Mais, dira-ton, pourquoi dans ce c;is-là nous soumettre le bill pour l'examiner, si nous ne pouvons le modifier ?" Réponse : On peut modifier un bill sans le changer de fond eu comble. Le bill est soumis aux Facultés pour qu'elles voient en quoi il pourrait affecter leur mode d'être comme Facultés, et suggérer dans c t ordre d'idées des modifications si elles le jugent à propos, aucunement pour qu'elles nous rapportent un bill nouveau.
" Mais, objecte ra-t-on de rechef, par le Syndicat de 1887, les professeurs des Facultés ont dans l'administration une pirt plus large que celle que vous leur faites ; par conséquent, vous restreignez des droits acquis." Réponse : Le Syndicat de 1887 existe-t-il ailleurs que sur le papier ? A-t-il jamais fonctionné ? Peut-il
actuellement fonctionner, quand bien même tout le monde le voudrait, à cause des changements survenus dans la constitution de l'Université à Montréal ? Alors, il faudrait donc dire que le Syndicat qui a été impuissant pour favoriser le développement monétaire de l'Université, est tout-puissant lorsqu'il s'agit de l'entraver et de le tenir dans un statu quo peu florissant.
Non, non. Notre Syndicat actuel est calculé à promouvoir le plus grand bien des Facultés elles-mêmes, et c'est là mon second point, Messieurs.
IL Convient-il que les professeurs presqu'à l'exclusion de tout autre soient, dans l'administration des biens de l'Université, en même temps et les distributeurs et les rétribués ?
N'est-ce pas dans ce point faible qu'il faut chercher une des principales causes de l'inefficacité du Syndicat de 1887 ?
Les dons de l'extérieur ne chercheront-ils pas de préférence une administration censée être tout à fait désintéressée dans l'emploi et la distribution des deniers?
Nous voudrions embrasser tonte la province dans le réseau de notre administration universitaire. Les professeurs, eux, sont concentres nécessairement dans la ville de Montréal.
Nous réservons la place de gouverneurs aux princes de la fortune, afin de les intéresser à l'oeuvre pécuniairement parlant. Comment le faire si les professeurs prennent toutes les places ?
En appelant des hommes d'affaires à la gouverne des finances, nous voulons donner aux donateurs et au public en général une garantie
d'administration sérieuse. Je le sais, les professeurs aspirent plutôt à la réputation d'hommes de science qu'à celle d'hommes d'argent.
Si notre projet de loi est plus propre que tout autre à faire rentrer les fonds et à les administrer, qu'on nous laisse donc le champ libre. Qui seront les premiers à en profiter? Les professeurs.
III. Mon troisième point ne sera guère plus long que le deuxième.
Réellement, au point où nous en sommes
rendus, pouvons-nous changer notre projet de loi de fond en comble?
Ne serait-ce pas donner à la plus haute autorité à Québec le droit de nous dire : "Ce n'est pas là le bill que j'ai reçu avis de laisser passer. Je m'y oppose." Nous aurions beau répondre : " Mais au fond, c'est la même chose, c'est même de beaucoup préférable." On pourrait fort bien rétorquer : " Peut-être, mais il est trop tard pour examiner ce nouveau projet. Nous nous y opposons." Notre grand adversaire serait bien mal habile, à son point de vue, s'il ne prenait cette position.
En honneur, pouvons-nous modifier notre projet primitif d'une manière considérable ? Il me semble que non.
Nous l'avons étudié pendant des mois ; il a été adopté à l'unanimité par les membres du conseil d'affaires et les Evêques de la Province de Montréal; nous l'avons présenté tel au Conseil universitaire et au Conseil supérieur de haute surveillance; deux délégués ont été à Rome le soutenir devant le Saint-Siège ; le Saint-Siège
l'a trouve orthodoxe et eu recommande l'acceptation : et maintenant, en arrivant de Rome, la première chose que nous ferions, ce serait d'en permettre un bouleversement complet!... Impossible ! !
Le Saint-Siège, je crois, ne dirait rien des modifications, si elles sont à peu près identiques aux dispositions qu'elles remplacent et si l'on ne sort pas de l'esprit de la loi ; mais il aurait bien droit, par exemple, de trouver à redire à l'inconstance et à la légèreté dont une pareille conduite, en matière sérieuse, serait l'indice.
Quant à moi, je serai heureux d'accepter toutes les modifications qui sont propres à éclaircir les points douteux ou à assurer davantage, si c'est possible, les droits des Facultés; pour les autres, je dois déclarer que je ne puis ce soir les recevoir que comme simples suggestions, sans me prononcer sur leur mérite ni sur 1 es chances qu'elles ont d'être adoptées par le Conseil d'affaires ou par Nosseigneurs les Archeveque et Evoques de la Province de Montréal.
Montréal, 7 mai 1892.
A MM. H. Archambault, avocat et E. H. Desrosiers, M. D., délégués des Facultés de Droit et de Médecine.
Messieurs,
Pour me rendre à votre désir et exécuter ma promesse, je vous envoie sous ce pli une copie de l'exposé des suggestions faites à la réunion du 3 mai 1892 par les professeurs des Facultés de Droit et de Médecine au sujet du projet de bill relatif à l'Université Laval.
Je me permets d'ajouter à la marge des notes succinctes qui vous indiqueront les points du bill qui ont été modifiés ; la cbose vous deviendra plus claire en lisant la requête à la Législature, dans laquelle ces modifications sont insérées, et dont je vous adresse en même temps un certain nombre de copies.
Les modifications, comme vous pourrez le
constater, sont au nombre de six et portent en particulier sur ce point, qu'elles éclairent, affirment et accentuent, à savoir: que les administrateurs financiers de l'Université ne pourront empiéter sur les droits des facultés, chose, croyez-moi, qui a toujours été loin de ma pensée.
Espérant que ces modifications, que les Evêques acceptent avec le plus grand plaisir, donneront pleine et entière satisfaction aux intéressés,
Je demeure avec une haute considération, Messieurs, Votre très dévoué serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre,
P. S. — Quant aux noms qui doivent être suggérés comme premiers gouverneurs, vu que l'Archevêque de Montréal est absent et qu'il doit revenir bientôt, nous croyons devoir attendre son retour pour nous fixer définitivement sur leur choix.
Evêché de Sherbrooke, 8 mai 1892.
Monsieur le Chanoine J. B. Proulx,
Cure de St-Lin,V. R. de l'Université Laval à Montréal.
Mon cher Monsieur,
Avec la présente vous recevrez les requêtes signées et l'autorisation donnée à M. le Grand Vicaire Maréchal.
Je vous souhaite de tout cœur courage, patience et succès.
Veuillez agréer l'expression de mes dévoués et affectueux sentiments en N. S.
f ANTOINE, Ev.de Sherbrooke.
Nous soussigné, Evêque de Sherbrooke, autorisons le Très Révérend L. D. A. Maréchal, Vicaire Général de l'Archidiocèse de Montréal, d'apposer notre signature au bas des requêtes demandant que l'acte intitulé " Acte incorporant le Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal soit rappelé et qu'il soit subtitué au «lit Syndicat financier une nouvelle organisation sous le nom de " Les administrateurs de l'Université Laval à Montréal."
Fait et passé à Sherbrooke, le huit mai mil huit cent quatre-vingt-douze.
t ANTOINE, Ev. de Sherbrooke.
Par Monseigneur.
G. A. LEM1EUX, Pire,
Secrétaire.
St-Hyacinthe, 8 mai 1892.
M. le Chanoine Proulx,
Vice-Recteur U. L. M.
Monsieur le Vice-Recteur,
Je bénis Dieu du succès que vous avez eu dans votre entrevue avec les professeurs des diverses Facultés. 11 faut avouer que votre examen en trois points, dont vous avez bien voulu me donner l'analyse lundi dernier, était d'une force irrésistible. C'est un signe évident que vous avez grâce d'état, et que le ciel vous inspire aux heures des incidents difficiles. Il en sera toujours de même, tant que vous mettrez votre dévouement au service de cette cause si importante pour l'avenir de notre jeunesse qui se consacre aux professions libérales. Vous trouverez ci-joints tous les documents que vous me demandez. Je vous les transmets avec mes vœux
bien sincères de succès dans votre travail québecquois.
Comme toujours votre bien dévoué en N. S.
f L. 7i.^Ev. de St-HyacintJie.
Louis Zéphirin Moreau,
Evêque de St-Hyacinthe.
Nous autorisons par les présentes le Très Révérend Louis Delphis Maréchal, Chanoine et Vicaire Général del'Archidiocès ■ de Montréal, à signer pour nous la requête aux trois branches de la Législature de Québec demandant l'incorporation des administrateurs de l'Université Laval à Montréal.
Donné à St-Hyacinthe sous notre seing et le sceau du diocèse, le huit mai mil huit cent quatre-vingt-douze.
"j* L. Z., Ev. de St-HyacintJic.
Pour ne pas interrompre le récit de ce qui regarde notre projet de loi, pour un moment j'ai laissé de côté deux questions : l'incorporation de la Faculté de Droit et celle de l'Ecole Polytechnique.
Parlons d'abord delà Faculté de Droit. Nous avions accepté de ne pas opposer la loi qui la constituerait en corporation à Montréal, bien plus de lui être sympathique, pourvu qu'elle fût en tout conforme aux dispositions du décret Jam dudum, et que la Faculté se chargeât des risques de cette démarche auprès du Conseil Universitaire et de la Législature de la Province de Québec.
Dans les derniers jours d'avril, M. le juge Jette me remit le projet de loi. Je le passai aux Evêques de la Province qui ne virent d'objection qu'à deux clauses. Je les cite ici pour l'intelligence des lettres qui vont suivre. Le projet fut modifié en conséquence, avec la meilleure volonté du monde.
11Q " L'opération de l'acte de cette Législature 44 " et 45 Vict., ch. 46, en autant qu'il se rapporte à " l'établissement de chaire d'enseignement du Droit " en la cité de Montréal est limitée à la Faculté " reconnue et incorporée par le présent acte ; et dans " le cas où la dite Université Laval renoncerait en " aucun temps au bénéfice du dit acte en quelque " manière que ce soit, la corporation maintenant créée " continuera néanmoins d'exister comme Ecole de
" de Droit, sous tel nom qu'elle voudra alors adopter, " niais dont il sera produit une déclaration au greffe " de la Cour Supérieure, et au bureau d'enregistre- " ment de la division où elle aura son siège principal, " et elle conservera tous les mêmes pouvoirs et pourra " de plus rester affiliée avec la dite Université Laval " ou faire des arrangements avec toute Université " dans la Puissance du Canada pour la collation à " ses élèves des degrés universitaires."
12° "La corporation créée par cette loi pourra faire " partie de l'organisation financière établie pour la " régie des biens de l'Université Laval à Montréal " conformément aux dispositions de l'acte de cette " présente session à cette fin."
Sherbrooke, 2 mai 1892.
Le Très Rév. L. D. A. Maréchal, V. G.
Monsieur le Grand Vicaire, Je viens de lire l'acte projeté pour constituer en corporation la Faculté de Droit de T Université Laval à Montréal et je m'empresse de vous communiquer mes observations.
1Q Le projet de loi ne peut être présenté à la sanction de la Législature qu'après avoir reçu l'approbation du Conseil Universitaire, et du
consentement des Evêques de la Province de Montréal.
2° Je ne puis approuver la clause XIe, (a) parce qu'elle est opposée à la volonté du Saint- Sièsre clairement exprimée dans le Rescrit du 9 mars 1876, pour l'établissement d'une succursale de l'Université Laval à Montréal, dans lequel Rescrit il est dit : Ci Qu'ayant mis de nouveau à l'examen le projet de fonder une Université à Montréal, on en a reconnu l'impossibilité. . • .;" (ô) de plus parce que les Facultés ne peuvent être affiliées : ht Que du reste, " comme il est évidemment impossible de la ' " part de Laval d'accorder l'affiliation aux dites u écoles, laquelle équivaudrait à l'érection d'une " Université pour ainsi dire distincte et indé- " pendante à Montréal. . . . ; ' (c) parce que la Constitution Jam dttdiim dit : " Nous ne souffrirons pas qu'aucune autre université indépendante existe dans le pays."
3° Je ne puis approuver la clause XIIe, parce que la Faculté de Droit n'a. ce me semble, rien
à voir dans la régie générale des biens de l'Université Laval à Montréal.
Veuillez agréer, M. le Grand Vicaire, l'expression de mes dévoués sentiments en N. S.
f ANTOINE, Évoque de Sherbrooke.
St-Hyacintiie, 2 mai 1802.
Le Très Rév. L. D. A. Maréchal, V. G.
Monsieur le Grand Vicaire,
Je me fais un devoir de vous transmettre cette lettre, en vous disant que j'en partage toutes les idées et toutes les conclusions.
Croyez -moi bien sincèrement votre tout dévoué et humble serviteur,
f L. Z., Evoque de St-Hyacintlie.
Le Rév. J. B. Proulx, Prêtre, Vice-Rect.U. L. M.
Je, soussigné, concours pleinement dans les idées et suggestions exprimées par Mgr l'Evêque de Sherbrooke dans cette lettre.