‹ Question universitaire de Montréal (volume 5)Chapitre 6 sur 26 · XXX1I · texte numérisé non relu

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Montréal, 4 mai 1892.

Monsieur U. E. Archambault,

Principal de l'Ecole Polytechnique.

Monsieur le Principal,

J'ai lu votre projet de loi attentivement, et j'ai l'honneur de vous le renvoyer sous ce pli.

Je suis certainement sympathique à votre dessein, mais à une condition qui est pour moi sine quâ non. savoir : que votre acte d'incorpo-

ration sot conforme an décret Jam dudum cjui est la constitution du siège montréalais de 1Tniversité dont vous laites partie;

Condition qui est non moins nécessaire pour que je puisse accepter la responsabilité que vous me proposez: " 11 est bien entendu aussi que je me servirai de votre nom, auprès des professeurs, comme l'un des auteurs du projet," etc.

Pour arriver à cette conformité, il suffirait du reste d'apporter au projet des modifications et des additions qui sont peu nombreuses.

Si vous l'avez pour agréable, je me ferai un plaisir de vous les indiquer à notre prochaine rencontre. Dans ce cas-là pourrais-je vous rencontrer aujourd'hui ? Et, si oui, où et à quelle heure? (1)

(1) Voici quelles sont les principales modifications que M. IL E. Archambault consentit bien volontiers à introduire dans son projet de loi.

" La nomination ainsi faite du principal et des professeurs, devra être ratifiée, par VArcfa sêqnedt Montréal, et, me fois ratifiée, soumise au Conseil de l'Université Laval, et la nomination ne sera définitive qu'à la date de cette acceptation."

" Mais cette révocation devra être aussi approuvée par l'Archevêque de Montréal"

En attendant, croyez que je demeure votre tout dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prêtre,

Montréal, 4 mai 1892.

Le Révérend J. B. Proulx, Ptre,

Vice-Recteur U. L. M.

Monsieur le Vice-Recteur, Je vous reinercïy bien cordialement, pour vos remarques sur mon projet de loi. Je serai heureux de vous rencontrer aujourd'hui àl* heure qui pourra vous convenir, à votre bureau ou au mien, où je passe ordinairement la matinée. Un mot par le téléphone, si je dois vous rencontrer dans l'aprcs-dîner.

Respectueusement à vous,

U. E. ARCHAMBAULT

11 Le Vice-Recteur de l'Uni versité Laval à Montréal aura le droit d'assister à toutes les assemblées de la Corporation et du Bureau d'administration, etc., etc."

Montréal, 6 mai 1892.

Le Révérend J. B. Proulx, Ptre,

Vice-Rect, U. L. M.

Monsieur,

Demain, samedi, à 2 heures précises, il y aura à mon bureau une réunion des professeurs de l'Ecole Polytechnique à laquelle vous êtes prié d'assister. Le but de cette réunion est de prendre communication d'un projet de loi pour incorporer l'Ecole Polytechnique.

Monsieur le V'ice-Recteur sera présent.

Votre tout dévoué,

U. E. ARCHAMBAULT

Principal.

Je vous envoie, Monsieur le Vice-Recteur, copie delà lettre que j'ai adressée aux professeurs, pour votre information personnelle et pour vous redire que je compte sur votre présence.

Montréal 7 mai 1892.

Monsieur le Vice-Recteur,

Vous trouverez sous ce pli les documents que j'ai promis de vous faire parvenir.

J'écris en même temps à Monsieur le Surintendant de l'Instruction publique pour l'informer que vous passerez à son bureau pour lui donner les explications au sujet des changements qu'il est désirable d'introduire dans le projet de loi de l'Ecole Polytechnique, avant qu'il soit intro- • duit à la Législature. En conséquence, vous voudrez bien voir Monsieur le Surintendant aussitôt que possible.

Respect ueusem >nt à vous,

U. E. ARCHAMBAULT

Monsieur le Vice-Recteur,

Vous trouverez sous ce pli le projet de loi pour l'incorporation de l'Ecole Polytechnique, avec les modifications dont je vous ai parlé samedi dernier. J'aurais désiré vous voir avant votre départ, mais j'ai compris que des affaires sérieuses vous retenaient ailleurs. Veuillez voir Monsieur le Surintendant à qui j'écris pour lui donner les motifs puissants que nous avons de demander l'adoption de ce deuxième projet.

Je vous répète que je descendrai à Québec si ma présence est nécessaire, mais j'ai confiance que vous pourrez vous passer de moi.

Respectueusement à vous,

U. E. ARCHAMBAULT

Retournons à Québec, où se poursuivent et se développent en même temps les intérêts des trois bills, dont il a été question plus haut.

Québec, 10 mai 1892.

L'hon. L. 0. Taillon, leader de la Chambre d'Assemblée.

Monsieur le Ministre,

Au nom des Evêques de la Province de Montréal je viens vous demander de vouloir bien présenter à l'Assemblée Législative notre " projet de loi pour constituer en corporation les administrateurs de F Université Laval à Montréal."

C'est une mesure qui est destinée à assurer définitivement l'existence de F Université Catholique à Montréal et qui ouvrira sur l'avenir les plus belles perspectives de prospérité pour nos hautes études. Us vous appartient, Monsieur le Ministre, vu les principes qui ont fait le mobile de votre vie publique, vu les services que vous

«avez déjà rendus à la cause Universitaire et votre situation présente, de prendre en main devant les chambres les intérêts de cette grande œuvre.

Je sais que notre demande sera la bienvenue, c'est pourquoi je vous prie de vouloir bien accepter d'avance l'expression de ma reconnaissance en même temps que l'assurance de la haute considération avec laquelle je suis, Monsieur le Ministre, Votre très dévoue serviteur.

J. B. PROULX, Ptre.

Québec, 12 mai 1802.

Sa Grandeur Mgr Ed Chs Fabre, Archev. de Montréal,

Monseigneur, Echo de Québec :

J'ai vu hier Mgr Paquet qui m'a dit des merveilles de Chicago et de la cérémowie. Réel-

lement la démonstration que l'on vous a faite à votre arrivée devait être tout à fait grandiose. Je m'en réjouis pour l'honneur de Montréal et le bien de la religion, adoptant en cela les idées que je sais être les vôtres.

Mardi, M. de Boucherville et M. Taillon présentaient nos requêtes le premier, au Conseil législatif le second à la Chambre d'Assemblée : deux honorables parrains tout à fait sympathiques à leur pupille. Le dépôt est fait. Le bill est livré à l'imprimeur. L'apparence générale est bonne. Il règne à la surface un calme plat. Que l'homme ennemi pendant la nuit sème l'ivraie et la défiance, je le sais Dans les coulisses de la Chambre plusieurs prédisent de l'opposition. iMais d'où ? Tous l'ignorent.

J'ai vu aujourd'hui M. Horace Archambault, entrevue on ne peut plus aimable. Il dit que la Faculté de Droit n'objectera à rien. Je ne serais pas surpris que lui-même proposerait certaines modifications.

Une modification que m'a signalé M. le Juge Jette, ainsi que M. Kingston au nom de toute

l'Ecole de Médecine, serait de retrancher le membre de phrase dans le numéro VIII " ou entre l'un de ces corps et l'un de ces membres," comme cette phraséologie pourrait s'appliquer tout aussi bien aux facultés comme à la corporation que nous sommes à constituer. Les membres du Conseil d'affaires, y compris M. Pagnuelo à qui j'en ai parlé, n'ont pas de répugnance à le voir disparaître. Si c'est là aussi votre opinion, ainsi que celle de Nosseigneurs les Evoques de la province, je ne l'imprimerai pas dans le bill afin de laisser aux opposants possibles une prise de bec de moins.

Il nous faut proposer un certain nombre de noms comme membres de la Corporation et comme Gouverneurs. Nous n'avons pas voulu arrêter ce choix avant votre arrivée. Le temps presse. Ces noms devront être prêts au plus tard lorsque le bill passera devant le Comité des bills privés, ce qui peut arriver à la fin de la semaine susdite. Nous en parlerons. J'ai averti d'avance Votre Grandeur afin qu'elle puisse y penser.

Je me réjouis de votre retour et j'ai hâte de vous revoir. En attendant ce plaisir, croyez que je suis toujours avec une haute considération, Monseigneur,

Votre très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Ptre.

Montréal, 14 mai 1892.

Monsieur,

Je ne reçois votre lettre de mercredi qu'aujourd'hui, samedi, en arrivant de Québec. Là, tout a bonne mine.

Ne croyez-vous pas qu'il est un peu tard pour demander à la Faculté de Droit de retirer son bill, maintenant que les pétitions ont été présentées à la Législature. Du reste, j'aurais, pour ma part, mauvaise grâce à le faire. J'ai toujours parlé dans ce sens-là. Même j'en ai

fait comme un article de mon programme.

J'écrivais aux Evoques, à la connaissance des Facultés, le 31 décembre 1890: " Maintenant " dans mon humble opinion il reste ... à veiller " à la rédaction et à l'obtention de nouvelles " chartes pour les autres Facultés." En cela, j'obéissais à ce que je croyais être l'urgence des circonstances, l'opportunité de se protéger contre l'ingérence toujours menaçante de l'influence québecquoise, la nécessité que créait l'incorporation de la Faculté Médicale, et la force d'un courant d'opinion auquel, heureusement je trouve, vous n'avez pas été tout à fait étranger vous-même. Ah ! en voici un <trgument ad hominem !

Sincèrement, Monsieur, je crois que tout va bien, doucement : nos bills vont passer sans bruit. Ne brouillons pas l'eau. Vous avez fait beaucoup. L'œuvre de votre influence n'est pas terminée. Piano, sano. Je sais bien que vous trouvez que je vais trop piano. Pour me disculper un peu, si je ne puis vous rencontrer aujourd'hui, je le ferai certainement lundi.

Croyez-moi toujours avec une haute considération,

Monsieur,

Votre très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Pire.

XLT

Montréal, 16 mai 1892.

L'hom L. 0. Taillon, leader

de T Assemblée législative, Québec.

Honorable Monsieur,

J'ai l'honneur de vous envoyer par la même poste les numéros de la Gazette officielle, de la Minerve et de la Montréal Gazette, dans lesquels ont paru les annonces de notre bill, au cas que vous en ayez besoin devant les comité des ordres permanents.

Je compte sur vous pour me donner, à temps, avis du jour où le dit bill devra subir le feu du comité des bills privés : j'ai besoin d'y être pré-

sent. Si ce n'était qu'au commencement de la semaine prochaine, je l'aimerais tout autant.

Je me permettrai de vous demander un autre service. M. H. Àrcliambault doit présenter au Conseil législatif un bill pour incorporer la Faculté de Droit à Montréal, j'ignore qui le présente à la Chambre d'Assemblée. Je tiens beaucoup à me trouver à Québec, lorsque ce projet de loi viendra devant le comité des bills privés. Pourriezvuus me le faire savoir en temps opportun ? Je quitterai tout ici pour descendre.

Je vous enverrai, probablement demain, ainsi qu'à M. de Boucherville, plusieurs documents qui pourront vous servir pour le travail que vous voulez bien faire en laveur de notre projet de loi, et de l'Université en général.

Je demeure avec la plus haute considération. Monsieur le Ministre, Votre très dévoué serviteur.

J. B. PROULX, Prêtre,

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