LUI
MONTREAL, Nov. 19th, 1890.
REVEREND SlR,
The Honorable Dr Paquet has handed us your letter in which you say :
" Pour calmer toute appréhension et donner toute facilité au succès de notre entreprise, je n'hésite pas, les points fondamentaux de notre accord demeurant intacts, au nom des Évêques de la Province ecclésiastique de Montréal, de permettre aux anciens membres de l'École de Médecine de choisir le vingt-troisième membre de la nouvelle faculté médicale constituée par l'union."
As in the opinion of the eminent légal authorities whose counsel we hâve followed hitherto, any disturbances of the tenus or of the détails of the contract entered solemnly into by their Lordships and ourselves might be prejudicial for many reasons at the présent juncture, we write to ask you if, in the eveut of the École de Médecine not availing itself of that privilège just now, you could engage their Lordships to give totheSchool the same liberty of
action till tlie nrst of July next, wlien the union between the two teaching bodies shall hâve been finally accomplished by the ternis of the proposed amendinents to our charter. We write in our name as well as in that of our colleague, Dr d'Orsonnens, who at the moment is absent from town.
We hâve the honor to be, Eevd. Sir,
Your obedient Servants,
W. H. HIXGSTON, Ls. E. DESJARDINS.
Québec, 20 novembre 1890.
M. le Dr W. H. Kingston,
Président École de Médecine.
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre datée du 19 courant, et d'y faire réponse immédiatement, comme il importe de ne laisser flotter dans les esprits aucune incertitude à cette période de nos transactions.
Je n'ai pris sur moi d'accorder à l'École de Médecine ce privilège " du choix du vingt- troisième," que sur des instances pressantes et réitérées, pour des causes que j'ai crues majeures. Si maintenant
l'École juge à propos de ne pas en faire usage, tant mieux ; nous avons assez d'autres embarras sur les bras.
Je suis heureux de pouvoir vous dire que nos Seigneurs les Évêques ont approuvé ma conduite sur ce point comme sur les autres. Voici ce qu'ils m'écrivent ; leurs paroles montrent assez combien sont trop défiants ceux qui redoutent leur action.
Monsieur le Grand Vicaire Maréchal, administrateur de l'Archidiocèse de Montréal : '■ Dans l'intérêt de la paix et dans le but d'assurer le succès de l'Union des deux Écoles de Médecine, j'approuve la permission que vous donnez aux membres actuels de l'École de Médecine de choisir le 23ème membre de la Faculté médicale constituée par le bill actuellement devant les Chambres."
Monseigneur Racine, évêque de Sherbrooke : " Je crois que vous avez agi sagement en accordant à l'École le choix du 23ème membre de la Faculté médicale."
Monseigneur Moreau, évêque de St-Hyacinthe : " J'approuve avec plaisir tout ce que vous venez de faire à Québec pour avancer la mission de la fusion des deux Écoles, même la demande du Dr Paquet. Soyons accommodants et larges dans la mesure du possible, afin de gagner la cause et procurer la paix sur cette éternelle question."
Ceci étant posé, voici ce que je puis répondre, en toute sincérité, à la dernière partie de votre lettre : Les Évêques, qui accordent à l'École de Médecine ce privilège aujourd'hui, n'auront pas plus d'objection à en prolonger l'extension jusqu'au mois de juillet. Pour en assurer l'exécution légale, nous
n'aurons qu'à suivre comme vous le dites si bien, 41 the opinion of tlie eminent légal authorities whose counsel we hâve followed hitherto."
Croyez aux sentiments de haute considération avec lesquels je demeure,
Monsieur le Président,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PBOULX, Ptre,
Québec, 20 novembre 1890.
L'honorable Monsieur Tourville,
Conseiller législatif, Québec.
Monsieur,
J'ai essayé à plusieurs reprises à vous rencontrer, et je n'ai pu réussir jusqu'ici. En attendant que j'aie ce plaisir et cet honneur, veuillez accepter, par cette lettre, mes meilleurs remerciements pour avoir présenté au Conseil législatif la requête des Évêques de la Province ecclésiastique de Montréal et de l'École de Médecine, à propos des amendements demandés à la charte de la dite École • et croyez aux sentiments de haute considération avec lesquels je suis,
.Monsieur le Conseiller,
Votre dévoué serviteur,
J. B. PEOULX, Ptre,
Vice- Recteur.
N.B. — Le 20 novembre, à quatre heures aprèsmidi, je recevais le câblegramme suivant, dont on ne saurait trop calculer l'importance, tant pour le règlement de la question pendante, que pour le bon fonctionnement futur de l'Université Catholique au Canada. Jamais l'Université ne pourra assez reconnaître le service que vient de lui rendre l'illustre Pontife qui gouverne aujourd'hui les fidèles et les pasteurs, les agneaux et les brebis du bercail de Jésus.
Le télégramme nous annonçait une lettre de Son Eminence le Cardinal Simeoni ; et voici que la lettre est du Pape lui-même. Le fait est grave. Comment expliquer cette nouvelle et providentielle détermination dans les conseils de la Cour Romaine ? Monseigneur, vous étiez à Rome alors, à la source même des renseignements ; et vous avez pu connaître mieux que moi quelles sont les causes qui, sciemment ou insciemment, ont produit d'aussi bienfaisants résultats.
Je m'empressai d'envoyer à l'honorable M, Mercier la traduction de ce câblegramme, telle qu'on la trouvera clans le numéro suivant.
(CABLEGEAMME.)
Eoma, 20 nov. 1890.
A Messieurs Proulx et Labelle,
Québec.
Voici le texte de la lettre :
Perillustri viro Mercier a magna cruce, etc. Dilecte fili, Salutem.
Perlât uni est ad nos unionem scholœ medicse
jamdiu in civitatc Montis Eegii extantis cum
facultate niedicae universitatis Lavallensis in dicta
urbe erecta, collatis inter eos doctor (?) conciliis,
in eo jam esse ut perficiatur, publicamque legem
eideni sanciendse in summo provincice conventu
fore proponendain. Qua3 quideni duarum facultatum
in unum corpus conjunctio, cum et pacificandis
animis provehendœque in eo studiorum domicilio
doctrinse maxime conducat, optanda imprimis
omnique prorsus contatu (?) exquirenda est. Enim
vero confidimuSj pro tua in gerendis negotiis
dexteritate ac spectata in Ecclesiam Catholicam
lide, negotium hujusinodi, ea lege rogata, te esse
ad optimum plane exitum perducturum. Quod
si efficeris, te rem civissi (?) provinciaeque tibi
credita3 profecto utilem nobisque gratissimam per
lecturum ambigendum non est. Intérim cœlestium
u umer uni (?) auspieem nostra3que benevolentia?
testein apostolicam benedictionem peramanter in
Domino impertimur. Datum Eomœ apud Sanctum
Petrum, undecinio Calendas deeenibris, anno 1890.
La lettre part aujourd'hui, à deux heures aprèsmidi.
JACOBINI
{Traduction du câblegramme précédent.)
N. B. — Le télégraphe a estropié quelques mots
latins, ce qui n'empêche pas cependant que l'on
puisse fort bien comprendre le sens de la lettre
entière.
Bome, 20 novembre 1890.
A Messieurs Peoulx et Labelle,
Québec.
Voici le texte de la lettre :
Au très illustre homme d'État Mercier, Grand' - Croix, etc.
Cher fils, Salut :
On nous a rapporté que l'Union de l'École de Médecine qui existe depuis longtemps dans la ville de Montréal avec la Faculté de Médecine de l'Université Laval qui a été érigée dans la même ville, après que les docteurs en ont conféré entre eux, en est actuellement au point de s'accomplir, et que, pour la sanctionner, on doit présenter un bill à la législature provinciale. Cette Union des deux facultés en un seul corps, comme elle est un puissant moyen de pacifier les esprits et de promouvoir la science dans le domaine de ces études, est tout à fait désirable et mérite qu'on fasse les plus grands efforts pour la faire réussir. C'est pourquoi nous avons confiance que, vu votre habilité dans la conduite des affaires et votre dévouement bien connu envers l'Église Catholique, vous saurez au moyen
de la loi que l'on demande, conduire à la plus heureuse issue une affaire de cette importance. En le faisant, il n'y a pas de doute que vous ne rendiez service à vos concitoyens (?) ainsi qu'à la province dont le gouvernement vous est confié, et vous nous serez agréable à nous-même.
Comme gage des faveurs célestes, et comme marque de notre bienveillance, Nous vous accordons avec une grande affection en Notre Seigneur Notre Bénédiction Apostolique.
Donné à Eome près St-Pierre, le onzième jour des Calendes de décembre 1890. La lettre part aujourd'hui, à deux heures après-midi.
JACOBINI
LYIII
Québec, 21 novembre 1890.
L'hon. H. Mercier,
Premier du Gouvernement de Québec.
Monsieur le Premier,
Si après le caucus vous êtes décidé à présenter le bill définitivement, pourrons-nous écrire sur le dit bill votre nom comme parrain de cet enfant terrible ? Avec une haute considération,
Monsieur le Premier,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PEOULXj Ptre.
(CABLEGEAMME.)
Mgr Jacobini,
La Propagande,
Rome.
Texte reçu. Lettre magnifique. Merci ! Mercier a présenté bill. Ax>parence bonne.
PKOULX.