‹ Question universitaire de MontréalChapitre 3 sur 60 · A BORD DU PAQUEBOT "LA CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

A BORD DU PAQUEBOT "LA CHAMPAGNE

9 août 1890.

A Sa Grandeur Mgr Ed. Oh* Fabre,

Archevêque de Montréal.

Monseigneur,

Je profite des loisirs que me laisse la traversée d'Europe en Amérique pour rédiger cette lettre à Votre Grandeur.

Je mets de nouveau devant Votre Grandeur ma démission commeVice-Eecteur de l'Université Laval à Montréal, et j'ose espérer que cette fois Elle voudra bien l'accepter.

En faisant cette demande, je ne suis mû par aucun sentiment de découragement ; au contraire, le succès de ma mission à Rome est bien propre à soutenir mes forces et mes espérances. Mais, aux raisons que j'avais l'honneur de vous donner dans ma lettre du 13 octobre 1889, s'ajoute la suivante :

La position que j'ai dû prendre pour la protection des intérêts de la Succursale à Montréal, les exposés que j'ai dû produire, les demandes que j'ai formulées en haut lieu, et les réponses que j'ai obtenues, tout cela fera, je n'en ai aucun doute, que je ne serai pas persona grata en certains quartiers universitaires. Et, autant que tout autre, je tiens à ce qu'il n'y ait aucun froissement entre ceux qui sont chargés d'administrer les deux sièges de l' Université.

J'ai la conscience d'avoir fait, sous la direction et la protection de l'Épiscopat de la Province de Montréal, une œuvre nécessaire, bien que pénible, laquelle assure, je crois, l'existence matérielle de la Succursale, et fortifie la liberté d'action que doivent avoir les Facultés Universitaires à Montréal pour parvenir à leur développement complet. Maintenant qu'un homme nouveau continue l'œuvre ; la tâche lui sera plus facile qu'à moi, dans les circonstances.

En m 'effaçant, je veux donner une nouvelle preuve de mon dévouement à la prospérité de l'Université Catholique à Montréal. Que je sois rendu à la solitude, au repos et au ministère de ma paroisse, c'est là le vœu le plus ardent de celui qui vous remercie, Monseigneur, de toutes vos bontés, et qui se souscrit, avec le plus profond respect, de Votre Grandeur.

Monseigneur,

Le très humble et très obéissant serviteur,

J. B. PEOULX, Ptre.

Montréal, 30 août 1890,

Sa Grandeur Mgr A. Racine,

Évêque de Sherbrooke.

Monseigneur,

Sur la suggestion de Monseigneur 1' Archevêque de Montréal, j'ai attendu le départ de Sa Grandeur pour Rome, pour avoir l'occasion et le plaisir de vous rencontrer. Malheureusement, ce jour là, une indisposition subite m'empêcha de me rendre à Montréal. Je le regrette beaucoup : j'ai bon nombre de choses, nouvelles, explications, à communiquer à Votre Grandeur. J'ai fait relier un exemplaire des mémoires que j'ai dû présenter à la S. Congrégation de la Propagande ; je vous les porterai, le livre se trouvant d'un format un i^eu grand pour le confier à la poste. Je tâcherai que ce soit dans les premiers jours de la semaine prochaine, car j'ai bien hâte de vous rendre compte de ma mission, d<vive voix.

En attendant, veuillez ne j>rêter aucune créance aux nouvelles que donnent les journaux ; les trois quarts sont inventés à plaisir. Dans le dépit où ils sont, plusieurs, de ne rien tirer de ma bouche, ils inventent.

Permettez-moi de vous renouveler l'expression du respect et de l'estime avec lesquels je suis de Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PRv T^LX, Ptre.

Montréal, 30 août 1890.

Sa Grandeur Mgr ET. Z. Lorrain,

Vicaire Apost. de Pontiac.

Monseigneur,

Merci pour vos souhaits de bienvenue. Il est aussi difficile de trouver la clef de voûte de nos difficultés universitaires que la pierre philosophai e. Je ne pouvais souhaiter un succès plus complet à ma mission de paix et de bonne entente, du moins de mon côté. Vous en jugerez par mes mémoires que j'enverrai à tous les Évêques français du Canada. Je me propose d'aller voir, cet automne, les belles choses que vous faites à Pembroke...

Je demeure avec une haute considération, De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très dévoué serviteur,

J. B. PBOULX, Ptre.

Dans les premiers jours de septembre, M. l'administrateur de Montréal et Nos Seigneurs les Evêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe nommèrent, pour traiter de l'Union avec l'Ecole de Médecine, un comité composé de trois membres. Voici l'instrument qui l'institue.

Vu que le Saint-Siège fait appel à la prudence et à l'autorité des Archevêque et Evoques de la Province ecclésiastique de Montréal pour amener une union entre la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, et que daus notre opinion, comme dans celle du Saint-Siège, cette union est chose très désirable ;

Xous nommons un comité composé de Messire J. B. Proulx, Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, de M. J. P. Eottot, doyen de la Faculté de Médecine de l'Université à Montréal, et de M. A . T. Brosseau, professeur titulaire de la dite Faculté, pour s'aboucher, s'il y a lieu, avec les représentants dûment autorisés- de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, dans le but de discuter, .ensemble et détails, un projet d'union entre les deux Écoles de Médecine, avec obligation pour les membres du dit comité de nous faire rapport -,

Désirant que les prétentions légitimes, d'un côté comme de l'autre, soient respectées, et que aussi, d'un côté comme de l'autre, on fasse, en vue du bien commun, les sacrifices convenables, comme dit le Saint-Siège, et libcntcr onera ferantur quœ ah hac perutili unione requiruntur.

Montré;) 1. 3 sept. 1890.

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