X. — M le Conseil Universitaire
XI. — Mais bien l'Episcopatde la Province ecclésiastique de Montréal :
XII. — Lequel, du reste, est la seule influence bénigne, capable de régler toutes nos autres difficultés universitaires.
XIII. — Comme conclusion, le Vice-Becteur de l'Université Laval à Montréal demande au Saint- Siège de vouloir bien confier, à l'autorité et à la prudence de l'Archevêque et des Evêques de la Province de Montréal, le soin de voir aux meilleurs moyens d'amener l'union entre les deux Ecoles de Médecine.
a so:nt eminence LE CARDINAL SIMEONI
PREFET DE LA SACREE ('OXUKEUATO l)K LA PROPAGSDE
Rome, 1er juin 1890.
Eminentissime Seigneur,
Qu'il me soit permis de présenter à Votre Eminence, aujourd'hui, sous une forme plus précise, les nombreuses remarques que j'ai eu l'occasion de lui exposer, en plusieurs circonstances, sur la nécessité qu'il y a d'avoir recours, avant tout, à V influence épiscopalc, si l'on veut opérer, d'une manière définitive et comjdéte, le règlement de nos difficultés universitaires à Montréal: remarques dont j'ai passé à Votre Eminence un résumé très succinct, et rapidement rédigé, dans une note en date du 15 mai 1890.
D'abord, quant à l'union de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal avec la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, difficulté dont j'ai en vue le règlement d'une manière toute spéciale en rédigeant ce travail, il n'y a pas de doute que, dans le district de Montréal, parmi les esprits modérés, qui ont sincèrement à cœur la réussite des décrets romains et le succès des études universitaires dans l'élément catholique, le senti-
ment général ne soit en faveur de ce moyen d'apaisement, de pacification et de prospérité.
L'union ne peut rencontrer d'adversaires que chez ceux qui voudraient se servir, dans un avenir plus ou moins rapproché, de l'Ecole de Médecine comme base d'une Université laïque, ou chez ceux qui aspirent encore à posséder à Montréal une université catholique indépendante malgré les déclarations si formelles du Saint-Siège à ce sujet, ou chez <-eux qui, par chagrin ou autrement, n'ont pas confiance dans la sagesse et l'efficacité de la Constitution Jam dudum. Or je crois que ces trois catégories de personnes, actuellement, voient leur nombre ei leur influence diminuer de jour en jour. Certainement, si jamais l'autorité supérieure, je veux dire l'autorité épiscopale, se trouvait en position d'exercer toute l'influence dont elle est susceptible, la patience, la droiture, la franchise et la générosité finiraient par rétablir la confiance nécessaire à L'union des esprits, et il ne resterait plus, dans l'opposition universitaire, qu'un petit camp d'irréconciliables, dont la mauvaise volonté ne pourrait plus faire tort qu'à eux-mêmes.
Les évoques de la Province de Montréal désirent l'union. Non seulement ils y voient un gage de paix et de tranquillité pour leurs ouailles, un moyen efficace de renforcer les études médicales qui occupent une place si large dans le bien-être de la société, une garantie pour la foi et les mœurs des nombreux jennes gens qui suivent aujourd'hui les cours universitaires, mais surtout ils y entrevoient
l'extirpation d'un germe dangereux pour l'éducation des générations à venir.
A l'appui de ni on avancé, outre les appels chaleureux qu'ils ont faits, dans ce sens, en maintes occasions, dans leurs instructions pastorales, qu'il nie suffi se de rap peler :
1° L'approbation que donnait Monseigneur l'Archevêque de Montréal, après avoir consulté ses suffragants, à la nomination de tous les membres de L'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal Comme Professeurs titulaires de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, ainsi qu'au projet d'union, que je soumettais à la ratification du Conseil Universitaire, le 25 septembre 1889. (Voir Document N° 1) ;
2° Le télégramme qu'il envoyait à Son Eminence le Cardinal Siineoni, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 27 septembre 1889, à propos de l'union, ut Hector Lavallensis induc((tur adstatim acceptandum (Voir Document N° 2) ;
3° La signature qu'il apposa, le 17 novembre, aux propositions que j'avais faites, le 3 5 du même mois, aux Membres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, disant "que je n'avais aucune répugnance à étudier, d'un commun accord, s'il n'y aurait pas moyen de mettre la Charte de l'Ecole à Ja base de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal " (Voir Document N° 3) ;
4° La lettre de délégation que Nosseigneurs l'Archevêque et les évêquesde la Province de Montréal m'ont donnée auprès du Saint-Siège, par laquelle ils me chargent d'exposer, entre autres choses, "l'opportunité qu'il pourrait y avoir d'admettre, à de certaines conditions, dans l'Université la dite
Ecole, avec sa charte dûment amendée " (Voir Do* cnment N° 4).
De son côté, le clergé du diocèse de Montréal. réuni au Grand Séminaire de Saint Sulpice, pour la retraite ecclésiastique, exprima, le 21 du mois d'août 1889, dans un document on ne peut plus explicite, qui fut communiqué aux deux Ecoles de Médecine, le désir qu'il avait de les voir s'unir sur des bases honorables. Et le Clergé, au Canada, est encore, sans contredit, le corps le plus puissant pour agir sur l'opinion publique.
La totalité des Professeurs de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et la majorité des membres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, attachent une si grande importance à l'union et l'ont tant à cœur, que :
1° Le 20 septembre 1889, ils signaient à l'amiable un acte d'entente, par lequel ils consentaient à constituer ensemble u la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et à fonctionner comme tels, suivant les règlements universitaires (Voir Document ~N° 5) ;
2° Que le 12 octobre 1889, dans un document explicatif, ils réaffirmaient que " tous Professeurs titulaires de l'Université Laval, ils forment la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et donnent renseignement universitaire " (Voir Document N~° 6 ) ;
3° Que, le 25 novembre 1889, ils s'engageaient " à prendre le Pape pour arbitre des difficultés qui
ont empêché jusqu'ici l'union définitive des deux Ecoles, et à s'en rapporter à sa décision " (Voir Document N° 7) ;
4° Que, dans le courant du mois de janvier 1890, la majorité des membres de l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, a cru devoir envoyer, au nom de l'Ecole, un délégué auprès du Saint-Siège, dans le but de travailler à lever les obstacles à l'union ;
5° Que, dans le courant de février 1890, la dite majorité des membres de l'Ecole a présenté, à la Législature de la Province de Québec, un bill pour amender la Charte de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, afin de faciliter l'union définitive entre les deux Ecoles (Voir Document No 8) ;
6° Enfin, que les anciens Professeurs titulaires de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, dans un mémoire à Xotre Saint-Père le Pape, que j'ai eu l'honneur de soumettre, en leur nom, à Votre Eminence le (i février 1890, énumérant les sacrifices qu'ils ont faits pour en arriver à cette union, montrent combien ils la jugent désirable. " Pour arriver à cette entente, les soussignés durent faire de nouveaux et grands sacrifices j ils s'engagèrent à donner leurs leçons dans les bâtisses de l'Ecole situées dans un endroit de plus difficile accès que celles qu'ils occupent, et qui sont aussi moins convenables sous tous les rapports. De plus. plusieurs d'entre eux abandonnèrent des chaires qu'ils occupaient depuis dix ans pour en prendre d'autres, se mettant par là dans la nécessité de faire de nouvelles études et de préparer de nouveaux cours. " (Voir Document N° 9 et 10).
Les trois membres dissidents de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, MM. les Docteurs L. B. Durocher, L. A. S. Brunelle et E. A. Poitevin, loin d'être irréconciliables, protestent qu'ils sont, en principe, pour l'union. Ils écrivaient, le 19 novembre 1889, à Sa Grandeur Monseigneur Edouard Charles Fabre, archevêque de Montréal :
" 1° Les trois membres ci-dessus nommés de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal opposent leur dénégation la plus formelle aux bruits qui circulent et qu'on cherche à répandre, disant qu'ils sont opposés à toute union entre la Succursale de l'Université Laval à Montréal et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.
" 2° Ils affirment au contraire, et ils tiennent à en faire la déclaration solennelle à Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque de Montréal, qu'ils ont toujours été prêts, et qu'ils sont encore prêts, à accepter tout projet d'union qui soit légal et qui assure à l'Ecole son existence permanente. "
Depuis mon départ du Canada, il s'est élevé parmi les anciens Professeurs de la Faculté de Médecine de l'Université une opposition inquiète à certaines clauses d'un projet d'union définitive, actuellement à l'étude, que le Saint-Siège a trouvé possible et désirable en principe, et qu'il a renvoyé, pour la délimitation et la pratique des détails, à la prudence et à la sagesse des évêques de la Province .ecclésiastique de Montréal.
Or, ces opposants, je suis heureux de le constater, affirment qu'ils ne sont pas opposés à l'idée de l'union elle-même ; loin de là, ils semblent déplorer* que le nouveau projet tende à détruire l'entente, signée le 20 septembre 1889 entre les deux corps enseignants. Voici ce qu'ils disent dans une lettre à Monseigneur l'Archevêque de Montréal, en date du 17 avril 1890 :
" Cependant les Professeurs de la Faculté médicale de l'Université ne sont pas hostiles à toute idée d'union ; ils sont disposés à ouvrir leurs rangs et à recevoir chez eux les Professeurs de l'Ecole, pourvu que. . . . c'est elle (la Charte de l'Ecole) qui a empêché l'union l'automne dernier, et tant qu'elle continuera à exister, elle constituera toujours un danger et une menace pour l'Université. " (Voir' Document N° 13).
Alors, objectera-ton, puisque tout le monde, à peu près, désire l'union, comment expliquez-vous qu'elle ne soit j)as déjà, depuis longtemps, fixité entièrement ? "
Ah ! c'est que, comme dit le poète latin, trahit sua quemque volupfas, chacun la voudrait à sa manière. Pour bien me faire comprendre, il me suffira de citer deux exemples.
Les membres dissidents de l'Ecole de Médecine veulent conserver leur Charte à tout prix : " Depuis 1877, l'Ecole n'a cessé de déclarer qu'elle était prête à accepter une union, pourvu que sa Charte, son autonomie et ses privilèges soient conservés, non seulement pendant un temps, mais d'une manière permanente. . . Eu conséquence les trois médecins
ci-dessus nommés déclarent à Votre Grandeur qu'ils ont toujours été prêts, et qu'ils le sont encore, à accepter une union qui assure à l'Ecole de Médecine la conservation, non seulement temporaire, niais indéfinie de sa Charte, de son autonomie et de ses privilèges. " (Voir Document ]STo 11).
Les Professeurs opposants de la Succursale ne veulent de cette Charte à aucun prix : " Cependant les Professeurs de la Faculté médicale de l'Université. . . sont disposés à ouvrir leurs rangs et à recevoir chez eux les Professeurs de l'Ecole, pourvu que. . . . surtout la Charte de l'Ecole disparaisse pour toujours. L'existence de cette Charte a été la cause de toutes les difficultés qui sont survenues entre l'Ecole et l'Université Laval ; c'est elle qui a empêché le fonctionnement de la Faculté telle qu'organisée par le regretté Mgr Conroy ; c'est elle qui a empêché l'union l'automne dernier, et tant qu'elle continuera à exister, elle constituera toujours un danger et une menace pour l'Université. " ( Voir Document N° 13).
Entre ces deux extrêmes, selon l'intensité et la couleur des intérêts, des espérances ou des antipathies, on trouve des nuances d'opinion à tous les degrés.
Dans ce cahos d'aspirations diverses, pour produire la lumière, pour créer et rétablir l'ordre, pour concilier les esprits, pour attirer les volontés vers un même but, pour désigner un terrain commun où tous les intérêts peuvent raisonnablement se rencontrer, il faudrait qu'il y eût, sur les lieux, connaissant à fond tous les détails de la question ainsi
que toutes les sensibilités des susceptibilités locales. une haute et grande influence morale, calme, désintéressée, acceptée de tous, qui parlerait et agirait tanquam potestatem habens.
Or, quelle sera cette haute influence?
Le Séminaire de Québec ?
Non.
[1 est censé être partie dans la question, et il a été trop activement mêlé dans les luttes du passé.
Le Conseil Universitaire i
Non.
Quelque grave, quelque digne qu'il puisse être, el quelque impartial qu'il veuille bien se montrer, il existe encore contre lui, quoique la Constitution Jam dudum soit venue établir pour l'avenir une base indubitable à la confiance, trop de préjugés dans le district de Montréal. La question n'est pas de savoir si c'est à tort, ou à raison. Le fait existe. Quand il s'agit d'accomplir une grande œuvre, toutes les fois qu'il n'y a pas un mal réel à le faire, il faut bien prendre les hommes comme ils sont. Les coulants d'opinion changent petit à petit ; mais on ne les voit pas, généralement, se détourner, d'aval en amont, en un clin d'œil, du jour au lendemain.
Si Pou vent un écho du sentiment d'un trop grand aombre, qu'on lise les paroles suivantes : " C'est le Conseil de l'Université Laval qui a toujours refusé d'accorder à l'Ecole les conditions raisonnables. . . Si l'Union n'a pu être effectuée jusqu'à ce jour, c'est
dû aux exigences injustes et partiales de l'Université Laval. . . Cette union n'a pu être effectuée parce que l'Université Laval a toujours voulu enlever à l'Ecole de Médecine sa belle position et ses grands hôpitaux ". . . (Voir Document N° 11).
Je ne tairai pas les remarques que, l'été dernier, j'entendais faire presque chaque jour. " Le Recteur de l'Université Laval ne se gêne pas de dire que l'Université est venue enseigner à Montréal malgré elle, que Rome l'y a forcé, que la Succursale lui a été imposée 5 que, pour lui personnellement, il ne désire rien tant que de l'abandonner 5 qu'il a fait dans ce sens des démarches auprès du Saint-Père ; que, tout en acceptant avec respect la Constitution Jam dudnm, il est mécontent de la manière dont elle a été accordée, qu'elle détruit en grande partie, sans qu'on ait daigné lui demander son consentement, les conditions qui avaient été posées lorsque l'Université avait concédé la Succursale à Montréal, qu'il n'a aucune confiance dans son efficacité, etc." Dans de pareilles dispositions d'esprit, me disaiton, comment pouvons -nous compter à Montréal sur le zèle du Recteur, du Président du Conseil Universitaire, pour promouvoir les intérêts du siège montréalais de l'Université, pour protéger et développer ses besoins locaux, pour aplanir avec bonté et patience les mille difficultés d'une situation délicate et tendue. "
Alors, quelle sera donc cette haute influence morale *
D'après moi, l'Episcopat de la Province ecclésias
tique de Montréal : pourvu que, officiellement et ostensiblement, il soit placé, par qui de droit, suides hauteurs si sereines, dans une position si indépendante, qu'on ne puisse, même chez les plus soupçonneux, suspecter sa complète liberté d'action.
L'Épiscopat, chez nous, malgré nos misères, est encore respecté. Il a fait la nation, il a protégé toutes nos libertés religieuses et civiles, et le peuple le sait. Son caractère le met au-dessus des luttes de parti ; et son intérêt est de rendre justice à tous les droits, à toutes les aspirations légitimes qui font appel à son impartialité. On accepte volontiers, en général, sa mission de diriger dans toutes les matières qui touchent à la foi et aux mœurs ; et, dans le cas présent, selon ma manière de voir, il est le seul modérateur qui soit acceptable à tous.
J'irai plus loin, toutes nos autres difficultés ne trouveront de solution véritable et durable que dans l'action supérieure, libre, indépendante et efficace de l'Épiscopat. En dehors de là, il n'y aura que des triomphes momentanés, des victoires plus désastreuses que des défaites, et des luttes toujours renaissantes, luttes d'autant plus déplorables que îles prêtres et de puissantes institutions ecclésiastiques y sont mêlés.
Du reste, c'est ce qu'a proclamé hautement, en principe, la Constitution Jam dudum ; il ne s'agit plus que de l'appliquer en pratique, selon le besoin des temps et des lieux, et d'empêcher que cette
admirable disposition ne devienne lettre morte. Voici les paroles du document pontifical lui-même :
u Les Evoques des deux Provinces de Québec et de Montréal se réuniront tous les ans pour prendre connaissance de renseignement et de la discipline de l'Université, et ils détermineront d'un commun accord tout ce qui sera jugé nécessaire suivant le temps et les circonstances. Nous avons la pleine confiance que, grâce à leur prudence, les moindres germes de désaccord qui se produiront seront immédiatement arrachés et que l'Université fleurira en méritant constamment de nouvelles louanges. "
J'ai cité la traduction qu'on lit dans u l'annuaire de l'Université Laval pour l'année académique 1889-90." Le texte latin me paraît encore plus fort, car il dit : iidemque omnia quœ eadem super re ratione temporis statuere necesse sit communi consensn décernant. Ainsi les Evêques ont le pouvoir non seulement de déterminer, decemere, mais encore de décréter, de statuer, staluere, et cela avec la latitude qui est laissée à leur prudence de juger eux-mêmes ce que demandent les nécessités des temps, temporis. . . necesse sit.
Je termine.
Déjà, par une lettre de l'Emiiientissime Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 9 février 1890, il a été remis aux soins de l'Archevêque et des Evêques de la Province de Montréal, de prendre avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, des arrangements sur les
bases que sont venus exposer auprès du Saint-Siège l'abbé J. B. Proulx, Vice-Kecteur de l'Université Laval à Montréal, et le Docteur L. Ed. Desjardins, délégué de l'Ecole de Médecine, pourvu que l'on sauvegarde les droits de l'Université et les prescriptions des décrets apostoliques.
De plus, aujourd'hui, je demande humblement, mais instamment, qu'on veuille bien écrire aux mêmes dits Archevêque et Evêques, de la part de Notre Très Saint-Père le Pape, faisant appel à leur prudence, à leur discernement et à leur autorité, afin que tous, au Canada, sachent bien qu'il leur appartient, par une mission spéciale, de prendre les moyens de régler cette question, de lever les obstacles, d'apaiser les esprits, de demander des .sacrifices convenables, et d'amener entre les deux Ecoles de Médecine une union juste et équitable.
Cette lettre, si on juge à propos de l'accorder à ma demande, je la considérerai comme une réponse au paragraphe N° 3 de ma lettre de délégation (Voir Document N°4), lequel, dans mon estimation, n'a en vue que les exigences évidemment déraisonnables, de quelque part qu'elles viennent. De par nature, comme par caractère, Monseigneur l'Archevêque de Montréal, dont la devise est in fuie et lenitate, est porté à avoir recours, avant tout, aux moyens de douceur et de mansuétude ; même, à l'exemple de ce grand homme de votre Rome antique, je puis dire qu'il pousse la miséricorde usque ad pœnitentiam. Du reste, le doux Sauveur n'a-t-il pas dit: Beati mites, quoniam ijpsi possideb a ut terram ?
Dans cette espérance, que la douceur, unie à la force, 8uaviter et fortiter, seront l'une et l'autre
Phuile et le baume qui cicatriseront les blessures du passé, je demeure avec les sentiments
De la vénération la plus profonde.
De Votre Emiiience,
Eminentissime Seigneur,
Le très humble et très obéissant serviteur,
J. B. Proulx, prêtre,
Vice-Recteur de PU. L. M,
Villa délia Presentazione, 13, via Milazzo, Roma.
IDoc-crn^CEjsrT IISTo 7 '.