LES INTELLECTUELS
Pour être bien compris, je préviens le lecteur que le qualificatif intellectuel”? est pris 1c1 dans le sens le plus large et non pas limité aux professionnels et aux érudits.
L’ignorance religieuse, 1l est aisé de la constater dans les milieux les plus divers, pour peu qu’on sache regarder et écouter. Preuve: les faits racontés par un catéchiste distingué, du clergé de Paris, M. Pabbé Duplessy, et qu’on serait tenté de prendre pour des boutades.
“Un journaliste, dit-1l, parle des indulgences plénières de 300 jours; un autre attribue POraison dominicale à saint Dominique ; un troisième relate que le Pape entre dans Saint-Pierre coiffé de la sedia geslaloria, qui n’est qu’une chaise à porteurs.
“Un député se plaint de voir un projet de loi continuellement renvoyé de Ponce à Pilate.
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“Un ministre, oubliant les trompettes de Jéricho, demande si on a décoré le fameux trompette Jéricho.”
Des boutades! ces traits qui seraient amusants s’ils n’étaient si tristes, je le voudrais bien. Malheureusement, je puis en citer qui ne sont pas similaires mais analogues, et qui ne sont pas importés au Canada de France ou d’ailleurs.
Ainsi, lors de mon passage à Lourdes, en 1910, on m’a4 raconté qu’un de nos professionnels, arrivé à la Grotte par un train matinal, courut à la basilique, entendit deux messes consécutives, communia à chacune de ces messes et repartit enchanté. La promesse faite à sa femme en la quittant, de faire à Lourdes une double communion, était acquittée.
On m’a cité le nom d’un autre professionnel qui, lui aussi, “bina”, dans une église de sa ville natale, par pure dévotion, sans Pavoir promis. J’ai connu un ancien journaliste, plus ferré en droit constitutionnel qu’en catéchisme, puisqu'il s’emmêla — un jour néfaste — au point de confondre l’Annonciation âvec l’Immaculée Conception.
Nous n’avons pas d’intellectuels, j’en suis persuadé, qui ne sache que Ponce-Pilate est le nom d’un seul et même homme, qui fut gouverneur de la Judée; mais nous en avons peut-être qui croient qu’un Parlement a le droit de légiférer même sur les empèêchements de mariage, ou qui distinguent entre péché mortel et faute grave.
Si l’on remariait toutes les veuves de notre province, bon nombre d’elles s’étonneraient probablement de ne pas recevoir la bénédiction nuptiale, comme lors de leur premier mariage.
Ces faits, je l’admets, sont à peine un commencement de preuve. On peut, de plus, rétorquer que toute conclusion du particulier au général est un péché contre la logique. Aussi, je n’a garde de Poublier. On a parfaitement le droit de réclamer une preuve supplémentaire, qui mette en évidence un mal qu’on signale. C’est pourquoi, il me faut poursuivre une démonstration plutôt désagréable, mais nécessaire.
Cette preuve supplémentaire, 1l suffit de se remémorer notre histoire contemporaine pour la mettre au point. Comme rien n’est plus démonstratif et plus brutal que les faits, je me contenterai
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. e A A S 2 done d’en aligner un certain nombre, dans le pêle-mêle où ils se présenteront à mon esprit, et sans les commenter.