‹ Questions actuellesChapitre 4 sur 60 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

J’avais d’abord choisi un autre titre, mais je lui ai substitué celui-ci. Je veux venger cet incomparable petit livre dont le nom seul fait sourire les imbéciles. Evidemment, ils ne l’ont jamais feuilleté que d’une main distraite. Aussi, ils ignorent qu’il est la quintessence du christianisme, le flambeau sans lequel les hommes marchent dans les ténèbres et passent comme un troupeau les yeux presque toujours fixés à terre. Ils ignorent que, si le Dante n’avait connu, cultivé et possédé à fond cette petite somme théologique, il ne serait pas l’auteur du chef-d'oeuvre qui Pa immortalisé, et qui a nom la Divine Comédie. “T’édifice de ce poème, en effet, est assis sur les fondements de la religion”, comme le proclament les paroles suivantes de Benoît.X V :

“De fait, la Divine Comédie — divine, le mot est très juste — n’a pour but, en définitive, même en ses éléments de fiction et d'imagination et dans les réminiscences profanes qu’elle reriferme en de nombreux passages, que d’exalter la justice et la providence de Dieu, qui régit le monde dans le temps et dans Péternité, qui distribue aux individus et aux sociétés récompenses ou châtiments suivant leurs mérites. Aussi ce poème chante-t-1l magnifiquement, et en parfaite conformité avec les dogmes de la foi catholique, Pauguste Trinité du Dieu un, la Rédemption du genre humain par le Verbe de Dieu Incarné, l'immense et généreuse bonté de la Vierge Marie, Mère de Dieu et Reine du ciel, la béatitude céleste des élus, anges et hommes, et, en un saisissant contraste, les supplices des impies dans les abîmes; enfin, entre le paradis et l’enfer, la demeure des âmes qui, une fois consommé leur temps d’expiation,

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voient le ciel s'ouvrir devant elles. Et l’on constate, à travers tout le poème, que le sens le plus averti préside à l'exposé de ces dogmes et des autres dogmes catholiques ? (1).

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