‹ Questions actuellesChapitre 50 sur 60 · FAIT HISTORIQUE QU'IL NE FAUT PAS OUBLIER · texte numérisé non relu

FAIT HISTORIQUE QU'IL NE FAUT PAS OUBLIER

Dire que le Canada français est en retard, est très facile; mais le prouver lest moins. Pour le juger, en justice et en vérité, 1l importe de ne pas oublier la catastrophe de 1760 et ses lendemains, la situation lamentable des 60,000 paysans auxquels 11 restait uniquement ce que le sort des armes n’avait pu leur ravir: leur foi et leur langue. Cette distraction serait la source de multiples coq-à-l’âne.

Le Parler canadien français

Assimiler le parler canadien français à un simple patois, n’est que bavardage de perroquet. Hausser dédaigneusement les épaules doit done être la première réponse à cette sottise. Il est de fait que le Canada est indemne de tout patois. La seule affirmation indubitable, c’est qu’une foule danglo-canadiens et de Canadiens français parlent incorrectement leur langue mutuelle. Comme preuve, 1l suffit de mettre en parallèle: les premiers, avec celui qu’on appelait irrévérencieusement le “bonhomme Paxman”, ancien étudiant d'Oxford, et professeur au Séminaire de Québec 1l y a une cinquantaine d'années; les derniers, avec un ancien recteur de Laval, Monseigneur Hamel. Ses anciens élèves, encore relativement nombreux, sont unanimes, je crois, à rendre témoignage à l’impeccable diction de €e professeur de sciences. On peut dire sans exagération qu’il parlait mieux sa langue que plusieurs français d’outremer. Sa prononciation était tellement nette et distincte, les syllabes si bien frappées, que même les oreilles paresseuses ne perdaient pas un mot, qu’il parlât en présence de n’importe quel auditoire.

Je me rappelle sa comparution au Comité des bills privés, au Parlement de Québec, au sujet d’un projet de loi qui intéressait PUniversité Laval. Il émerveilla littéralement Passistance par la correction de sa phrase, par la précision des termes et sa facilité délocution. Ce témoignage, je le tiens personnellement d’un ancien journaliste, M. Tarte, dont la plume était bien française et la phrase toujours correcte, lorsqu'il parlait aux masses aussi bien que dans les causeries ordinaires,

Ce double parallèle démontre clairement la justesse de la proposition que j’ai énoncée plus haut: une foule d’Anglo-canadiens

Page 1