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CHAPITRE X

Les assurances mutuelles contre la mortalité du bétail. — Les statuts de la société du Poiré-sur-Vie ; les résultats financiers. — Les sociétés d'assurances mutuelles dans le département des Landes. — Modèle de statuts. — Caractères, juridiques d'une société d'assurances mutuelles agricoles. La loi de 1900 les assimile à un syndicat.

Nous avons parlé dans le précédent chapitre des sociétés coopératives de laiteries établies en Vendée. Ces associations rendent les plus grands services et elles sont la manifestation très intéressante d'un état d'esprit nouveau. Trop longtemps isolés, nos agriculteurs comprennent aujourd'hui l'utilité de l'association. Dans cet ordre d'idées, bien des progrès restent à faire et nous voudrions précisément signaler, à ce propos, une institution qu'il est extrêmement désirable de faire connaître au public agricole.

Nous voulons parler des sociétés d'assurances mutuelles contre la mortalité du bétail.

Tout le monde sait à la campagne combien la perte d'un animal est douloureuse pour les petits

cultivateurs. C'est là, pour quelques-uns d'entre eux, un vrai désastre. Ne pourrait-on pas atténuer, dans la plus large mesure, ces pertes cruelles, réparer ces désastres en persuadant aux cultivateurs qu'ils doivent se secourir mutuellement, sans rien demander à l'État?

Avant de proposer un plan, un type d'association, il est bon toutefois de savoir si des tentatives n'ont pas déjà été faites dans ce sens avec succès. Nous avons donc pris des renseignements, fait une enquête personnelle, et, grâce à l'obligeance de nos correspondants, il nous a été possible de rassembler des documents très intéressants.

Il existe déjà des sociétés d'assurances mutuelles contre la mortalité du bétail. Ici, elles ont simplement pour objet d'indemniser les propriétaires de la perte de leurs vaches laitières * ; elles s'étendent aux bœufs, aux veaux et aux génisses; ailleurs encore, elles s'appliquent aux chevaux, aux moutons ou aux porcs.

Nous n'avons donc pas à proposer une innovation, mais à conseiller le développement rapide d'institutions déjà existantes et ayant fait leurs preuves.

f. Voir, dans notre volume Questions agricoles d'hier et d'aujourd'hui, 1" série (1894), les détails relatifs à la Société d'assurances mutuelles de Cliaillé (Charente-Inférieure).

Voici ce que nous écrit à ce sujet M. Gendreau, conseiller général de la Vendée :

« L'une des idées qui, en Vendée, à la fin de ce siècle, dans le domaine de l'agriculture et de l'industrie, a pris la plus grande extension et rallié un nombre plus considérable de partisans est sans contredit Vidée d'association.

« Les agriculteurs et les industriels, en général, n'ont pas tardé à s'apercevoir que, dans ces périodes de crises, les ressources dont ils disposaient étaient souvent trop faibles en présence des exigences nouvelles, et qu'il fallait maintes fois compter avec l'aide des autres.

« S'inspirant des besoins nouveaux et en vue d'apporter sinon un remède, du moins un adoucissement à une telle situation, des gens éclairés ont créé sur beaucoup de points des sociétés de tout genre, des syndicats, des sociétés coopératives, des assurances, estimant avec beaucoup de raison qu'elles devaient rendre un jour d'inappréciables services. De ces diverses associations, les assurances contre la mortalité des bestiaux sont certainement celles qui sont les moins connues et les moins répandues. S'ensuit-il pour cela que les résultats qu'elles ont donnés jusqu'alors soient moins satisfaisants? »

« Telle n'est point notre pensée ; le contraire nous semblerait plutôt exact, car nous savons

d'ores et déjà que ces sociétés d'assurances mutuelles ont donné jusqu'à ce jour des résultats excellents, non seulement dans les pays d'élevage, mais partout où leur fonctionnement a été bien ordonné et bien compris. Ces assurances constituent, en effet, la méthode la plus ingénieuse que les agriculteurs aient imaginée pour atténuer les risques de leur élevage. Elles consistent à répartir entre de nombreux individus les pertes dont un seul se trouve atteint. Je m'étonne même qu'en Vendée, où l'élevage, de nos jours, a pris un développement si remarquable, ces sociétés d'assurances ne soient pas plus répandues. Certes, il n'est pas besoin d'insister longuement sur les services que peut rendre l'assurance.

(c Très utile à tous, elle est particulièrement précieuse aux moins riches. Elle constitue, par exemple, pour le petit bordier (cultivateur exploitant moins de 10 hectares), qui n'a d'autres ressources que quelques tètes d'animaux, le meilleur moyen d'écarter les dangers qu'entraînent les accidents ou les maladies, et, par suite, en Tabritant contre les coups du sort, elle le sauve d'une ruine certaine, ou, au moins, Tarrache par ce moyen à un état de pauvreté souvent voisin de la misère.

« Une société de ce genre a été fondée il y a deux ans dans le canton du Poiré-sur-Vie *.

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