PRÉFACE IX
avons tenu à montrer son rôle sous cet aspect spécial.
Jusque-là , l'œuvre des associations ou des groupements agricoles nous paraît heureuse et féconde. Mais, certaines tendances se révèlent qui pourraient faire dévier les syndicats de leur voie naturelle. Pour lutter contre la baisse des prix et relever le niveau des profits « légitimes » on demande aux producteurs de se coaliser , de former des « trusts », de fixer arbitrairement les prix de vente et enfin « de décréter le minimum » .
Cette tentative nous paraît bien dangereuse ou bien irréfléchie, et nous nous efforçons de dire pourquoi. A notre avis, l'effort des associations agricoles doit consister à abaisser les prix de revient et non à rehausser artificiellement les prix de vente.
Nous avons été amenés à parler des greniers coopératifs. Leur aménagement peut être fort utile et nul doute, à cet égard, ne subsiste dans notre pensée. Il importe seulement de ne pas se faire d'illusion sur les services qu'ils doivent rendre, de ne pas les faire servir à des spéculations véritables, et de tenter quelques essais avant de se
X PREFACK
prononcer d'une façon définitive sur le mérite de l'institution.
Ces essais ont été faits et les résultats sont connus en ce qui touche les laiteries coopératives, ou les assurances mutuelles contre la mortalité du bétail. Les chapitres que nous leur consacrons sont destinés à en faire connaître l'organisation, ou à en montrer les conséquences heureuses au point de vue financier.
Il en est autrement pour les entreprises coloniales dont la création, le fonctionnement et les profits sont , au contraire , si mal connus du public et des capitalistes en particulier.
Notre commerce d'importation fait, cependant, une place très large aux produits agricoles d'origine coloniale. Il est utile de le montrer pour faire voir quelle place est réservée aux denrées que pourraient produire nos colons.
Ce sont, hélas, et les marchandises coloniales