DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES
Comparer les avantages et les incotivéniênts des tailles périnéales ef hypogastrique dam les cas de grosse pierre chez Vadulte et te vieillard.
Trois voies sont ouvertes au cHirurgien pour pénétrer déiis la vessie, l’une p»r-dessus les puRis, l’autre par le périnée, la derniérè par le rectum. Toutes lès trois comptent des succès eT dés revers : mais mon plan n’est pas; de me placer ici sur le terrain de la statistique ; je crois seulement que, pour donner une solution aussi satisfaisante qüé possible de cette question, il est nécessaire de rappeler en peu dé mots les avantages et les inconvénients respectifs des tailles périnéales et hypogastrique dans les cas ordinaires.
En général, on peut dire que la taille périnéale offre peu de dangers; dans son exécufion , quand elle est faite suivant les règles dé l’art. Il est toujours faeiléi si ron prend tontésles précautions convenables, d’éviter les lésions du rectum, à moins dé rencontrer, comme cela est arrivé à Dupuytren, une dilatation excessive de cet organe; de plus j l’intestin peut quelquefois être dévié d’iin côté ou d’un autié.
Elle expose aux hémorrhagies par la lésion des artères superficielle ettransverse du périnée;;les moyens que l’on emploie pour arrê-
ter cette hémorrhagie sont des causes d’inflammations plus considérables. Sir A. Cooper a vu périr deux malades à la suite d’hémorrhagie des plexus volumineiixjqui entourent le col vésical chez quelques individus. Ces veines restent béantes, comme l’a prouvé M. Lenoir, à cause du tissu dense qui les entoure. Quoique bien moiris rare que dans la taille hypogastrique, cependant l’infiltration urineuse peut avoir lieu, si l’on dépasse les limitp? de raponévrose périnéale profonde.
Dans les différents procédés qui distinguent les tailles latéralisées, il résulte de leur examen, comme disent Sabatier et Diipuytren que, partant toujours du col de la vessie, les incisions pratiquées pour ouvrir un passage aux calculs urinaires ont été dirigées, tantôt en haut vers la symphyse pubienne, tantôt au travers contre la branche du pubis, tantôt en arrière du CQté de l’anus, tantôt, enfin, dans des direct tions obliques intermédiaires aux précédentes , c’est-à-dire, en haut et en dehors, et en bas et en dehors. Cette dernière constitue l’appareil latéralisé, proprement dit. Dans l’incision en haut, vers la symphyse du pubis, on ne rencontre sur le trajet de l’instrument aucun vaisseau conaidérable, aucun organe important. Le plexus veineux qui entoure le col yésiçal chez les vieillards est à pèine marqué chez les jeunes sujets. L’instrument s’éloigne du rectum, ainsi que des branches superficielles du périnée, et de l’artère honteuse interne ; mais ces avantages sont plus que compensés par l’inconvénient de diviser à la partie la plus reculée de l’urèthre sur deux points opposés de son diamètre, de resserrer l’opération dans la partie la plus étroite du détroit principal du bassin. Elle expose, quand le calcul est considérable, et comme j’en ai été témoin dans un cas malheureux, à ne pouvoir l’extraire sans pratiquer de nouvelles incisions, et même comme on l’a vu, à ne pouvoir l’extraire du tout. Cette taille est donc bien jugée, sous le rapport des calculs considérables.
La taille recto-vésicale a pour avantages de mettre à l’abri des hémorrhagies et de la lésion des canaux éjaculateurs ; mais elle expose
le malade à des fistules recto-vésicales incurables., ce qui 1 a fait généralement abandonner, même par ses auteurs.
bataille latéralisée donne une ouverture de quinze lignes environ, la taille bilatérale en donne une qui a près du double. C’est donc entre cette dernière et la taille hypogastrique que le chirurgien aura presque toujours à opter dans le cas de grosse pierre. Supposons le diagnostic de la grosseur de là pierre bien connu : rien ne semble si ^facile que d’indiquer la méthode à suivre; oui sans doute,. quand il pourra être mathématiquement prouvé que la pierre ne peut passer aucun des détroits du périnée; mais pour les autres cas le chirurgien sè trouvera souvent embarrassé ^ retenu qu’il sera par l’autorité des faits et des noms.
. Essayons cependant d’établir quelques indications. Il est certains cas, rares à la vérité , mais où le choix n’est pas douteux; tel est celuici, par exemple;
. Un homme de cinquante-un ans se pr^ente dans le service de M. Blandin,avec tous les symptômesde la fièvre; îLest bien portant, du reste, bien .constitué , mais il a eu dans son enfance une coxalgie du côté gauche, et par suite, luxation du fémur. Le membre estpprté fortement dans l’adduction et la rotation en dedans;; de la gêne trèsgrande pour sonder le malade; impossibilité de faire écarter les cuisses, comme cela est indispensable pojur pî’atiquer la taille sous-pubienne : le calcul avait quinze à dix-huit lignes. La taÜle hypogastrique fut pratiquée , dans ce cas, par JM. Leroy d’Étiolles.
Dans un excellent mémoire sur la taille sushpubienne, le chirurgien que je viens de citer présente le chatonnement de la pierre comme une indication de faire la taille hypogastrique. M. Leroy d’Étiolles, dans l’observation qu’il rapporte à ce sujet, s’assura que la pierre ne reposait pas, comme de coutume, sur le bas-fond de la vessie, mais qu’elle était suspendue à sa paroi antérieure. «Je cherchai, dit ce praticien, à la saisir avec le brise-pierre pour la déloger; mais comme elle se présentait à l’instrument par son bord et son plus grand dia-
■1839. —J/ore/. : r :: • ; 2
mètre, leé alors glissaient sur sa surface sans pouvoir la saisir. Je renouvelai cette tentative plus tard avec le même résultat. MM. les docteurs Louis et Barwitz y assistèrent. Je pensai à faire usage d’une pince-courbe à dééî mors, » ouvrant latéralement, avec laquelle j’aurais pu saisir plus favorablement la pierre et peut-être la déloger. Cependant je réfléchis que quand bien même j’y parviendrais, l’existencé d’une cellule étant bkn démontrée, les fragments du calcul,en admettant encore la possibilité de sa rupture, tendraient à s’y nicher, èt què je n aurais pas la certitude de débarrasser entièrement la vessie, jê crus donc devoir déclarer que la taille sus-pubienne présentait seule des chances de guérison. M. Marjolin et M. Sanson furent réunis en consultation avec M. Louis et moi. La situation et la fixité de la pierre füfent reconnues par ees deiix habiles chirurgiens, et la taille sus-pubiehrie adoptée comme l’onique moyen de salut. La pierre avait la figure d’iin ovoïde aplati; sa longueur était de 28 lignes; un sillon profond d’une ligne et demie dans quelques endroits partageait la surface de la pierre en deux moitiés presque égalés , et indiquait lé point sur iequd préssaîènt les fibres musculaires de la vessie, écartées pour former les bords dù vaste chaton dans lequel se trouvait fixé le calcul. M. C..., qui avait supporté l’opération avec un calme et un cou- Ta|je admirables, fut pris immédiatement après d’un frisson convulsif ; le poiils devint serré, la pâle et livide, ensemble de symptômes qui poutâiënt nie fàtre^ craindre une mort immédiate. Je me hâtai de placer le malade dans son lit, de le réchauffer, et de lui donner à forte dose de Teau de fleurs d’<M*aHger , de l’essence de menthe. La réaction Voipéfâ au bout de trois quarts d’heure, ét je pus songer à placer la sondé qui dëVafl donner issué â lurine. Datis là soirée, j’adaptai à cette sonde l’appareil àspimteur de M. Soyer. Mais il ne fonctionnait pas d’ühë manière régulière et continue; souvent il se passait dix minutes, sans que l’eau fût teinte par une seüle^Gütte d’urine : en conséquence, je le retirai le lendemain. Pendant deux jours, l’état du malade parut très-satisfaisant; mais ensuite le ventre devint sensible au toucher , il se ballonna; l’hémorrhagie se renouvela plusieurs fois, trop peu abon-
ijamoaeot , U est vrai j pour effrayer, mais seulement de manière à exempter de la saignée; le pouls était fréquent et serré, la langue se sécha et brunît; l’urine reflua par la plaie en abondance, qupiqpe la sonde fût placée convenablement, et le sixième jour le malade moul'Ut. » M. Leroy d’Etiolles remarqua que le chatonnement n’est pas la seule circonstance digne de remarque dans cette observation; l’héinorrhagiê lente ^ peu grave en apparence au premier;^bord ^ et son renouvelieraent au quatrième jour, méritent d’être notés. D’oq provenait ce sang? était-ce d’unè anastomose anormale des artères épigastriques ou obturatrices? Cet écôülêment de sang contrjbua-t-il à déterminer de la suppuration dans le petit bassin? favorisa-t-il l’infikration urinaire en empêchant répanchèment de la lymplm QOiagOr labié., ou bien, au contraire, la formation d’un caillot dans la plaie? n’étaibeîle pas de nature à s’opposer à î’ihfiltration ? Quelle que go.it la solution de ces questions, nous voyons par ce fait une preuve de la possibilité d’une hémorrhagie dans la taille hy pogastrique.
L’adhérence des pierres avec la muqueuse vésicale a çté mise en dcPUte par quelques chirurgiens. Sur un malade opéréf en 1833 , par M. Bérard jeune, l’adhérence entre la pierre, qui était volumineuse , et la muqueuse vésicale avait lieu sur toute la surface,on fut obligé de séparer Fane de l’autre avec une spatule. Ces adhérences ont lieu d’ordinaire lorsque la surfacé de la pierre est inégale et la vessie fongueuse ; les végétations de la muqueuse s’engagent dans toutes les anfractuosités de la pierre , s’ÿ développent et ne peuvent plus en être séparées sans déchirure. Les exemples de pierresçhatpnnées sont beaucoup plus nombreux. Lorsque la cellule qui contient la piepre existe à la face antérieure, l’estraetioa; est facile et peut même être faite avec les doigts; mais il n’en est peut-être pas de même lorsque le chaton est dans tout autre point. Frère Corne rapporte qu’il fut obligé de dilater une cellule située au bas-fond, de faire soulever la pierre avec un •doigt introduit dans le reetuéa. Cq fait semblable; s’est présep té à M, Leroy d’Etiolles ; :M.;Sanson r^ate le fait dans le mémoire présenté a FAeàdémie sur les nouveaux :b5Strumenfis proposés par M. Leroy
d’Eliolles. Je pense que, dans des cas de ce genre, la taille perineale offrirait des inconvénients graves, à cause des manœuvres fatigantes auxquelles il faudrait soumettre le malade pour faire l’extraction de la pierre; / ^ ^
Quelques praticiens prétendent que l’Kypertrophie de la prostate , loin d’être une contre-indication de la taille sous-pubienne, devrait, au contraire, la faire adopter ; leur préférence est fondée sur les modifications heureuses que les incisions feraient éprouver à la prostate. Je n’ai pas de faits par-devers moi pour étayer cette opinion. M. Leroy d’Etiolles, qui a bien voulu m’aider de ses conseils dans ce petit travail, me parlait aussi de l’hypertrophie de la prostate comme d’une complication fâcheuse dans la taille hypogastrique. Les urines, en effet, dans ce bas, ne s’écoulent pas librement; c’est ce dont j’ai été témoin chez un des opérés de M. Leroy d’Etiolles. Ce malade, intéressant à double titre, et par là gravité de l’opération qu’il a subie, et parle nom qu’il porte, a bien voulu me donner des détails instructifs sur ce qu’il éprouve. M. D..., affecté d’une hypertrophie considérable de la prostate , avait d’abord été soumis à des essais de lithotritie ; le calcul était d’une dureté excessive: plus de deux mille coups de marteau ne purent en détacher une seule parcelle. On se résolut alors pour la taille suspubienne, et ce fut en présence de MM. Sanson et Velpeau que l’opération fut pratiquée par M. Leroy d’Ètiolles. Malgré l’âge avancé du malade, malgré tout ce qu’il avait déjà précédemment souffert, l’opération fut courohhéedu plus grand succès, M. D... peut sortir maintenant, et vaquer à ses affaires ; lé plus grand inconvénient qu’il ressente, malgré l’habitude qu’il a de vider sa vessie soir et matin avec une sonde, est le besoin continuel d’uriner, besoin qui le réveille fort souvent dans la nuit, et lui Cause des insomnies fatigantes.
L’infiltration urineuse de la verge survient quelquefois à la suite de la cystotomie sus-pubienne; l’inflamniation gangréneuse à laquelle donne lieu cette infiltration peut produire des perforations de l’urèthre. Lorsqu’elles ont lieu vers la racine de la verge, les ouvertures communiquant directement dans le canal à travers des tissus minces et
dépourvus de tissu cellulaire, restent fîstuleuses, et sont fort difficiles à guérir. Dans un mémoire publié, il y a quelques années, sur le catarrhe de la vessie, on lit : que M. Oudet fut opéré deux fois de la lithotritie, et taillé deux fois au-dessus du pubis, par M. Souberbielle : la première cystotomie laissa une fistule. Il eut, cinq ans après, la seconde; l’une à l’épigastre, les autres dans l’aine et le scrotum. Ces fistules: que laisse après elle la taille épibubienne, sont probablement le résultat des adhérences que contractent les bords de la division de la vessie avec les parties environnantes, adhérences qui s’opposent à un rapprochement complet ; plus souvent elles résultent de la destrucr tion du tissu cellulaire sous-cutané par le contact de l’urine.
J’ai parlé des principaux dangers attachés à la taille sus-pubienne ; j’aurai occasion de parler, un peu plus bas, de la lésion du péritoine, dont je n’ai encore rien dit. Avant de tirer aucune conclûsion, qu’il me soit permis de faire un petit retour sur la taille bilatérale. Comparée aux autres procédés qui se rattachent à la méthode périnéale, la taille bilatérale, on ne peut en disconvenir, présente les avantages suivants: 1" son exécution est plus facile, plus prompte que celle de la plupart d’entre eux ; 2° l’ouverture qui résulte de son emploi occupe la partie la plus large du détroit périnéal du bassin,. et par conséquent présente la disposition la plus favorable à l’extraction des calculs volumineux; 3" elle ménage plus sûrement que la taille latéralisée les canaux éjaculatoires, dont la lésion, sans être aussi féconde en accidents que le prétendait Scarpa, ne doit cependant pas être considérée comme entièrement indifférente ; elle ouvre jusque dans l’intérieur de la vessie une voie plus courte et plus directe que les incisions transversales, obliques ou verticales, et à travers laquelle il est plus facile de faire manœuvrer les instruments ; l’urine, par cette voie, trouve un écoulement libre, sans qu’aucun obstacle puisse favoriser son extravasation dans le tissu cellulaire profond, à moins qu’on n’ait dépassé les limites de la prostate : cependant, pour être fidèle à la marche que je me suis tracée, avouons que la section semi-lunaire elle-même n’est pas toujours sans danger. Sans doute il arrive ordinairement que, dans
«étté séttiôfi, l’aMère tfânsVêt-àe ï'eélé placée à qüèlquè diütatice de Viiistriliîient, et pat consétjuênt toüt a f&it hôtà dé âës âttelntès \ Câiaîs qu’un opérateur inoifts habile, tnôîns èXerCé dans remplôi de ce procédé, veuillè tenter l’ôpération, il èüffitâ qü’il è’écarte d’une seule ligné, qu’il n’appOrté pas dans tôus ses nûôüveïueuts toute la précision nécessaire, pour que l’arlère soit lésée. Bien plüS, cômttïe ôn le vOrt dans le Répertoire dé phpwhgie àe M. le professeur Bresehet» si malhéuréûsernènt il sè présente quelque anomalie dans la disposition des parties molleS du périnée, et parliculièretiient dans celle des vaisseaux qui s’y disfribuènt, la lésion sera inévitable ; ét, cépêodânf, quoi de plus variable que l’état des Vaisseau^, ét surtout des branehes artérielles îün autre accideot pouvatit compliquêr la taille bilatérale a été signalé par ShaW ( Lonêen fned, ünd mrg. fourn .}. Ce chirurgien pratiquait fOpération de la taille, et déjà il venait d’inciser la portion TueMbr'aftèuse de l’urèthre, lorsqu’un jet de sang, qui se fit jour à travers la plaie, Kii fit craindre d’avôipiutërèSséfartère honteuse interne; il introdürsit son doigt dans la plaie, éomprima îè vaisseau, et cependant rbémorrhagie né éèssa point. La èomprêssiôn fut exercée au moyeti d’uné Canule entourée de tingè, et le sang cessa de couler yiendant la journée. Cependant îè teâladé souffrait beaucoup du ventre; de violentes eoKqUés survinrent, accompagnées de mouvements spasmodrqüês, ét fi mourut le même jour, vers onse heures et demie; A raütopslé, ou remarqua que rrliaque interne fournissait , îndépendam<^ ment de Fattère honteuse interne , une branche qui se dirigeait sur le coté de la vessie et de la prostate, et qui, passant sous l’arcade pubienne avec lès vèînés dorSàlés , devenait ellé-ffiême rartère dorsale dé la verge; ou feconttut alors que ce vaisseau seul avait été divisé dans ropératlon. M. iSHaw fit remarquer, à cette occasion, que cette disposition partrèalière des vaissèaux Ironteux est plus fréquente qu’on ne le pense généralement, et que, peu d’années auparavant, il en avait observé une toute semblable sur deux Cadavres dè son hôpital ; que Tiedmaan rarencontrée trois foisvet'fafaitdèsSiuer dans son ouvrage; que B’ums Ta vue quatre fois SUr des individus du sexe masculin; qqe
Vesale, Sylviiis, Hignaore, Wîpslow, ont indiqué o^tt^4i$posjtirPi>cop[Mpe
n’étant pas tros-r^PO. •
Après avoir comparé les avantages et les inconvénients respectifs des tailles périnéales et hypogastrique, il est temps dériver à yne conclusion. Eh bien, je pense que, dans l’état actuel de la sçioitee» et vu surtout les perfectionnemçnts que, dans ces derniers tempsr MM. Leroy d'Etiolles , belraas, etc., ont apportés dans l’état des instmments, la taille hypogastrique Piéritera la préférence lorsqu’il existera des calculs volumineux. Ce qui a Jeté delà défaveur sur la taille hypogastrique, dit M. Lerpy d’Edod^s dans le mémoire déjà cité, c’rst que eette taille, réservée pendant longtemps pour l’extraction des calculs volumineux;, a presque toujours été pratiquée dans des eonditinns défavorables; ses résultats, cumcne on peut le penser, ont été sou^’enl funestes, et l’on n’a pas manqué d’a.ttribner à ropération elle?même ce qui, dans la réalité, dépendait des circonstances qui forçaient d’y ayoir recours. En effet,; les incisions les plus,étendues, la distension la plus grande des parties molles, les tractions plus fortes que l’on est obligé de faire pour enlever un gros çalcuL sont des causes de. mort moins fréquentes et moins irrémédiables que l’altération produite dans eçrtains organes, dans les reins surtout, par le séjour prolongé d’une pierre^dans la vessie.
C’est, en effet, par la néphrite que meurent les einq sixâèines des ealculeux, lorsqu’ils ne veulent se soumettre à aucune ppération ; mais il est bon d’ajouter que si quelques granulations dans la substance corticale peuvent , comme on le voit tous les jours dans la maladie dç jBright, produire la mort, la néphrite,: au contraire, que délermineRt la longue présence d’un calcul , lé; catarrhe de la vessie et la rétention d’urine, cette néphrite qui commence par les uretères, les bassinets et les calices, peut marcher lentement et arriver à désorganiser complètement lesdeux reins avant qu’il soit possible, même à l’œil le plus ç^rçé, de reconnaître rétenduedu mal. Mais que l’on vienne à pratiquer une opération, même légère, sur les organes urinaires, et tout d’un coup cette altération profonde se manifeste par des symptômes alarmants ,;
qui tiennent, tantôt de la fièvre pernicieuse, tantôt de la fièvre adynauiique,*et ne tardent pas à enlever le malade. C’est donc, je le répète, la néphrite que l’on pourrait appeler catarrhale, compagne ordinaire des affections calculeuses anciennes, qui rend souvent funestes toutes les opérations, sans exception aucune, que Ton tente pour les guérir : or, comme la taille hypogastrique est alors la seule qui offre des chances de guérison, et qu’elle est plus souvent mise en pratique à cette période avancée, elle est nécessairement aussi plus souvent qu’une autre suivie de la mort. Pour que cette opération put être mise en parallèle avec les tailles périnéales, il fallait qu’elle fût appliquée à tous les cas indistinctement, elles résultats obtenus par M. Souberbielle et quelques autres chirurgiens feraient penser qu’elle peut alors soutenir la comparaison sans désavantage.
1a taille épibubienne est une opération simple ; toutefois il y a deux choses qu’il importe d’éviter, et on n’y parvient malheureusement pas toujours, c’est la lésion du péritoine et l’affaissement de la vessie au monaent où elle vient d’être ouverte. La lésion du péritoine est quelquefois inévitable, lorsque, par exemple, il se rencontre des cas comme celui cité par M. l^rOy d’Etiolles, où le péritoine était uni à la symphyse des pubis et adhérent a la région «upérieùre de la vessie^ Les instruments que ce chirurgien a imaginés ont pour objet de mettre ù l’abri dé ces deux accidents , et de rendre l’opération sûre même pour une main peu chirurgicale. Mais cette lésion du péritoine, dont se sont tant préoccupés les auteurs, est-elle en effet aussi redoutable qu’elle paraît l’être? S’ilti’y avait à craindre le passage de l’urine dans la cavité de cetté membrane, on pourrait supposer que son incision ne présenterait pas plus de danger que dans l’opération de la hernie étranglée. J’ai lu robservation de quatre malades chez lesquels le péritoine a été ouvert dans la taille sus-pubienne et qui ont guéri. Je crois donc que, quelque redoutable que soit cette inflammation, elle cause moins souvent la mort que l’infiltration urineuse; c’est contre cette infiltration urineuse que se sont surtout dirigés les efforts de M. Leroy d’Etiolles , «t lé mécanisme ingénieux par lequel cet habile praticien change la
transformation delà suture en un sinaple soulèvement des bords des parois de la Tessie a, je crois, beaucoup diminue les dangers de lopération. ün fil engagé dans chaqüe Icyre de, la plaie de la vessie, et noué sur un bout de sonde en gomme mis à plat en travers de la plaie de l’hypogastre maintient soulevées les parois^
Conclusions.. — 1” Toutes les fois que le calcul sera encliatonné ou adhérent, il vaudra mieux pratiquer la taille hypogastrique.
2® Lorsque la prostate sera malade, il vaudra peut-être mieux avoir recours à la taille périnéale.
3® Lorsque la vessie est raccornie, revenue sur elle-même, la taille sous-pubienne sera préférable.
4® Chez les vieillards, la taille hypogastrique offre^ je crois, moins de dangers.
5® Les hémorrhagies sont moins à craindre dans la taille hypogastrique que dans les tailles périnéales.
6° Avec les précautions convenables, les infiltrations urineuses sont moins à redouter dans la taille hypogastrique que les auteyrs le disent généralement
Des différentes sources du délire ; en indiquer tes prodromes.
Le siège de cette affection, dit M. le professeur Andral, est évidemment dans le cerveau; mais dans quelle partie.du cerveau ? Celte question n’est pas encore résolue. Si quelques nosologistes modernes, tels que MM. Lallemand, Bouillaud, Rostan, ont, dans ces derniers temps, soulevé un coin de cet immense tableau, combien encore ne reste-t-il pas à faire! On a bien pu^ par des expériences directes sur les animaux, établir, dans certains cas, quelle était la lésion du cerveau qui répondait à telle ou tellelésion du sentiment et du mouvement; mais peut-on 1839.— Morel. "3
dire, sans anticiper sur les décisions de 1 avenir, que les troubles de notre intelligence coïncident avec une altération de la couche cortrcale des hémisphères? Si, grâces aux travaux des célèbres médecins que je viens de citer, il a pu être constaté par un grand nombre d’observations qu’il existe un rapport intime entre l’inflammâtion des lobes antérieurs et la perte de la parole , ou /e délire de mémoires, dans combien d’autres cas, la science ne doit-elle pas rester muette ? Nous disons alors, en voyant l’aberration de certains actes de notre intelligence, qu’il y a trouble de l’âme, qu’il y a délire, en un mot, quoique nous n’en connaissions pas la source, quoique ce délire existant même depuis plusieurs jours avant la mort, on n’ait rien trouvé tii dans le cerveau, ni dans ses membranes.
Ainsi, le délire n’est pas toujours en rapport avec les lésions du cerveau. Dans les cas où l’état anatomique du cerveau ne donne aucun renseignement, peut-on admettre qu’il a existé une congestion passa gère qui s’est dissipée au moment de la mort? Rien ne prouvé d’abord l’existencé de cette congestion*, mais, en l’admettant même, on recule la difficulté Sans la résoudre.
Quand on voit un malade affecté de délire, dit M. Andral, on est porté à penser et à dire qu’il y a chez lui excitation du cerveau ; il n’en est cependant pas toujours ainsi, et c’est aller contre les faits que de dire que le délire est toujours du à un état d’irritation et de stimulation. Sans invoquer encore la lumière des faits, la raison ne dit-elle pas que l’irritation et la congestion ne sont pas plus nécessaires à l’existence de deux idées qui s’associent mal, d’où résulte le délire, qu’à l’existence de deux idées qui s’associent bien, d’où résulte la raison ? Une fois le délire produit, la congestion peut bien survenir, mais c’est alors comme résultat et non comme causer Ainsi, quand un hotüme se met en colère, et qu’il survient une congestion cérébrale, dira t-on que e est parce qu’il y a eu-congestion qu’il s’est mis en colère ? Non; c’est la proposition inverse qui est la vraie. Or, la colère peut être considérée comme un léger délire;: ira delirium ùrem,,.a dit Sénèque. IJ
en est de même pour un individu chez lequel un travail intellectuel long, assidu, opiniâtre, a déterminé une congestion cérébrale.
Le délire, dit M. Georget, n’a pas encore été étudié d’une manière particulière chez les animaux; mais, chez eux, les dérangements du cerveau se manifestent par des phénomènes identiques dans les espèces par l’abattement et la tristesse, l’agitation, les cris et la fureur.
Le délire &e présente sous deux formes, bien remarquables : l’une .s’appelle délire aigu ou fébrile^ l’autre délire chronique sans fièvre. Le délire chronique est le caractère essentiel et distinctif de l’aliénation mentale; tout ce qui peut apporter une modification quelconque dans le cerveau peut causer le délire aigu ou fébrile. En cherchant à diviser le délire d’après les causes qui le produisent, et qui réclament un traitement différent, on trouve qu’il importe d’établir un délire sympathique et un délire idiopathique.
if .Délire sympathique. — Q,e\\n^(à n Si pas son point de départ du cerveau.Une vive douleur, une maladie quLelconque^ existant dans une partie; de l’économie, peuvent le produire.. J’observe actuellement un de mes amis qui, depuis deux mois, a un délire presque continu, et dont le point de départ semble être une pleurésie chronique. M. Andral cite une observation d’inflammation de l’estomac, avec induration squirrheuse d’une partie des parois de ce viscère, pendant le cours de laquelle un délire aigu s’étgit manifesté avec tous les symptômes d’une méningite; à l’ouverture du cadavre on trouva néanmoins les méninges saines, blanches, partout exemptes d’injection. Rien de plus commun aussi que ce délire sympathique dans diféfrents exanthèmes aigus, tels que la variole confluente, rérysipèle , la rougeole.
Délire idiopathique .Il y en a de plusieurs genres; il peut être produit par une stimulation du cerveau et de ses membranes, comme dans la méningite; il y a une variété de ce genre de délire qui est à noter. Les matelots qui cinglent vers les pays équatoriaux sont quelquefois pris de délire et obsédés par une idée fixe. Au milieu de l’O-
céan, ils s’imaginent voir des prés, des gazons, des champs de verdure, et, croyant pouvoir les atteindre, se précipitent dans la mer. Les Espagnols ont nommé ce àéWr q calentura. L’influence de la chaleur du climat est sans doute pour beaucoup dans ce délire; La nostalgie et le^ violent désir de revoir ïa patrie après une longue traversée agissent comme causes prédisposantes. Le délire idiopathique peut survenir par defaut d’excitation du cerveau par faiblesse de cet organe; aussi n’est-il pas rare, à la suite des grandes hémorrhagies, à la suite des abstinences prolongées : dans ce dernier cas, le délire peut se changer en véritable fureur, comme le naufrage de la Méduse en a offert un si triste exemple.
Le délire trouve encore sa source dans l’introduction dans la masse du sang de certaines substances étrangères qui ont sur le cerveau une influence telle que le délire en est la suite : tels sont les alcooliques et les narcotiques qui agissent spécialement sur le cerveau. L’excès des spiritueux donne lieu à un délire qui a été bien étudié dans ces derniers temps, et qu’on appelle delirium tremens, et qu’un médecin français a si bien désigné, sous le nom à'encéphalopathie crapuleuse. Ce délire s’observe surtout dans les grandes villes de l’Europe et des États-Unis de l’Amérique.
Prodromes. — J’auraf peu de choses à dire sur les prodromes; encore,^ces prodromes sont-ils différents, suivant le genre de délire.
Dans le délire aigu, l’invasion peut être rapide; cependant elle est ordinairement annoncée par de l’insomnie, de la céphalalgie, des pesanteurs de tête, des vertiges, des bourdonnements, des tintements d’oreilles. Le malade présente un air d’étonnement ; sa tète est chaude ; sa face est rouge et vultueuse; ses yeux sont brillants et supportent difficilement une lumière vive; la circulation céphalique paraît accélérée. A ces phénomènes succèdent tôt ou tard lés désordres qui caractérisent le délire, désordres qui varient infi;niment sous le rapport de leur intensité. Dans le délire chronique, au contraire, le malade a presque ■ toujours offert de longue date des changements dans son caractère;-
il est devenu d’une susceptibilité extrême avec ses parents et amis; il a pris du dégoût pour tout ce qui l’intéressait, de l’aversion pour les objets de ses affections ; il éprouve des accès de colère pour les causes les plus légères; il recherche la solitude, et,quelquefois,il a annonce lui-même que sa tête déménageait.
Le delirium tremens^ qui reconnaît pour cause l’usage habituel et prolongé des liqueurs alcooliques, peut survenir soit pendant le cours d’une maladie, soit dans l’état de santé. Dans ce dernier cas, son invasion est ordinairement subite; il peut arriver néanmoins quelle soit précédée de symptômes précurseurs, tels que malaise, faiblesse, insomnie et céphalalgie plus ou moins intense.
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Des usages du système pileux; des causes de la coloration de ce système.
Leur abondance chez la plupart des quadrupèdes garantit ceux-ci du froid; la nature semble même pour eux avoir en vue cet unique objet. L’hiver, de nouveaux poils s’ajoutent à ceux de l’été, et tombent au renouvellement des chaleurs; et des espèces, qui les perdent dans les pays très-chauds, les changent en laine longue et épaisse dans le J\ord. Mais quel peut être pour l’homme qui est appelé à vivre sous leS cercles polaires comme sous l’équateur, le but et l’utilité des poils^ rares qui n’offrent à son corps ni abri, ni défense ? Les cheveux^ il est vrai, peuvent être regardés comme quelque chose de plus qu’un simple ornementales sourcils détournent du front la sueur qui pourrait s’introduire entre les paupières, et affaiblissent, mais moins que les cils, l’impression d’une lumière trop vive pour la rétine ; les cils écartent encore du globe de l’œil les petits corps qui voltigent dans l’air, et les poils qui sont placés à l’entrée du nez et du conduit auditif empêchent la poussière et les insectes de s’introduire dans ces cavités délicates.^
Faire des poils, comnie l'ont voulu des auteurs très-recoiuniajjdables, les organes d’une transpiration insensible, un émonctoire qui supplée à la sécrétion des reins, c’est, je pense; s’appuyer sur des données pu> rement hypothétiques. Quanta Finfluence des poils sur la production et la guérison des maladies, j’ai peine à croire à tous les faits que M. Lanoix cite à ce sujet ; je pense que, s’il avait bien observé, il aurait attribué à toute autre chose qu’à la coupe des cheveux ces cas de mort presque subité dans dertaines convalescences.
Des causes de la <>oîoratî6n des cheveux.
La couleur de la peau , si intéressante pour le naturaliste et le philosophe, dit M. le professeur Cruveilhier^ est en rapport assez constant avec la couleur des cheveux: ainsi, jes individus à cheveux blonds ont généralement la peau plus blanche que les individus à cheveux noirs; ainsi voit-on coïncider avec les cheveux rouges des taches cutanées, plus ou moins analogues à cette côfêtàtîorivBans d’albinisme, il y a absence de matière colorante à la peau, comme aux cheveux, comme d.ans l’intérieur de l’œil. Quelle est la sôutce de cette matière coloéànde ? M. Gauthier pense qu’elle est fournie par le bulbe des poils; M. le professeur Breschet, dans un béaü méradiré sur ce sujet, admet un organe sécréteur du pigmentum, orgahè glanduleux qui serait situé à la partie extérieure du derme dans de profonds sillons ; cét organe serait surmoaté d’un grand noUDbre de tubes‘excréteurs qui verseraient sous l’épiderme lès globules du pigmentum.
professeur Vauquélin, en cherchant à connaître la nature dd la matière anirnalé'dônt les cheveux sbnt formés, pour savoir si elle avait des ahalogués dans i’éconqmie, a été conduiî, par dès phénomènes particuliers qui se sont présentés dans le cours'de ses expériences, à rechercher d’pù il pouvait provenir. On voit, d'après ses expériences , que les cheveux noirs fournissent à l’ànâîyse'neuf substances différentes (Mémoire lu à l’Institut, iSÔeÿ ' . ;
1" Une matière animàîe,* qui en fait là plus grande partie;
2® Une huile blanche concrète, en petite quantité;
3“ Une autre huile noir-verdâtre, plus abondante:
4® Du fer ;
5" Quelques atomes d’oxyde de manganèse;
6° Du phosphate dè chaux ;
7” Du carbonate dè chaux èh très-pètite quantité;
8® De la silice en quantité notable;
9“ Une quantité notable dè soufré.
Les mêmes expériences font cdnnaîtré què lès èhévèux rouges ne diffèrent des noirs qu’èh ce qü’ils contiennent plus de soufré, UU peu moins de fer, et une huile rougé au lieu d’unè huile vérdâtre; enfin, que les cheveux blancs différent deé deux premiérès espèces èri ce que l’huile n’est presque pas colorée.
Pour rendre raison de la blancheur des cheveux arrivàht presque subitement chez des personnes affectées d’un profond chagrin, M. Vauquelin a eu recours encore aux lois de la chimie pour expliquer ce phénomènêsi remarquable. La production rapide d’un acide dans l’économie ne lui paraît pas impossible. Nous savons, en effet, d’après les expériences dé notre savant chimiste, M. Orfila, que les chevéïax pèiivent blanchir par le chlore; mais où se formera dans réconômie cèf acide assez actif pour détruire en Un instant la couleur dé cbeveux ? séra^ce dans les cheveux mêmes ou hors des cheveux. G’est une question qui me semble bien difficile à résoudre.
D’après Mi Buidàch , c’est la gt'aisse qui donne au poil Sa flexibilité qui, de concert avec lé soufre, lui donné sa couleur. Aussi, dit-il, les poils des nègres rougisse rit-ils avec le temps dans l’alcool, et finîséentils par y devenir blancs. Aussi verdîssent-ils chez les Ouvriers des mines de cuivre, parce que l’oxyde de cuivre donne une dissolution verte avec l’huile. Il est possible, dit le physiologiste allemand, que le soufre qui existe en si grande quantité contribue, ainsi que le fèr ou le manganèse, à la coloration des poils; car les poils gris ou d’une teinte claire sont noircis par les oxydes de mercure^ d’argent, de plomb et de' bismuth. ^ .
Tracer les caractères abrégés des plantes de la famille des amomées, et des médicaments que la thérapeutique en retire.
Fleurs solitaires, en épis ou en grappes, renfermées dans des spathes avant leur développement ; calice coloré, pétaloïde, tubuleux à sa base; limbe double; l’extérieur à trois divisions irrégulières et comme bilabiées; deux divisions plus petites forment la lèvre supé- ,rieure; une seule constituant la lèvre inférieure, qui est trilobée. Dans chaque fleur on ne trouve qu’une seule étamine épigyne, dont le filet est quelquefois dilaté et pétaloïde, d’autres fois soudé en partie avec le style, tandis que l’anthère ést souvent séparée en deux parties distinctes. L’ovaire est à trois loges; le style est grêle; le stigmate est terminal et concave ; le fruit est une capsule triloculaire, trivalve, rarement une . baie renfermant plusieurs graines. Tels sont les caractères des plantes de cette famille donnés par M. le professeur Richard. Un travail ex professe serait nécessaire sur ce sujet, disent MM. Mérat et Delens; mais il faudrait qu’il fût exécuté aux Indes, surtout aux Moluques, où se voit le plus grand nombre des genres et espèces de la famille des. amomées qu’on appelle aussi drymychysées.
Les médicaments qne la thérapeutique en retire aujourd’hui sont très-bornés, et peuvent aisément être remplacés par plusieurs de nos aromates indigènes ou naturalisés, qui auront, comme les plantes de cette famille, des propriétés excitantes et thniques.
Amomum cardamomum. — L’arome de ces fruits réside dans les sejnences; plus usité dans l’art culinaire qu’en pharmacie.
Amomum grana paradisi, graines de paradis. -r^ Spont. à Madagascar, rCeylan, Guinée. Saveur âcre et piquante. Considérées comme toniques.
Amomum zedoaria, zédoaire.,-— La racine nous est envoyée en morceaux cylindriques. Odeur forte, désagréable; saveur aromatique, amère, approchant de celle du romarin. - ; ai oîiiofi i inuffavo i'
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Amomum ;sm^/èer,— Spont. dans l’Inde orientale et entre;des tropiques, d’où il a été transporté en Amérique, où il se cultivei en grand. ' . loc i-Y/OTî;-/’ iciÎRyafi''
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Propriétés.— ^ stimulant, utile dans la faiblesse desrvoies
digestives et dans les autres maladies atoniquéS. En conséqûencèron lui attribue la faculté carminative et anthelminthique. Dose : depuis dix grains à un demi-gros en infusion théiforme, prise à jeun. Ces quatre espèces d’amome ou de gingembre présentent, comme on le voit, des propriétés analogues; toutes sont toniques et aromatiques. Le gingembre entre dans la composition de la thériaque et du diascordium. Les amomes, d’après M. Bodard, pourraient facilement être remplacées par les plantes indigènes suivantes.
Teucrium marum (L.) {Germandrée cotonneuse)^ dont les propriétés stimulantes résident dans son huile volatile,
Teucrium sordium (L.) [Germandrée aquatique) , venant dans les terrains humides et marécageux du midi de la France.
Cochlearia armoriaca(y>) ( Grand raifort sauvage).
Sinapis nigra (L.) Moutarde noire ; Sénevé,
Capsicum frutescens (L.) {Poivre arborescent). On peut le préparer de la même manière que les Indiens préparent le poivre de Guinée, et dont M. Valmont de Bomare donne le procédé dans son Dictionnaire.
1839. — Morel,
ün mot «ncore seulement sur Varrow-root
C’est an nom que les Anglais ont donné collectivement à la fécule provenant de la racine de plusieurs plantes monocotylédones, comme on nomme celle qu’on extrait de la plante des palmiers. On retire l’arrow-root des racines tubéreuses àxxmaranta indica{amomées)\Q^\\ç: qu’on obtient de l’avoine a des rapports avec l’arrow-root j selon M. Chevalier. L’arrow-root a la propriété de toutes les fécules. Hotre fécule de pomme de terre peut très-bien la remplacer; elle est meilleur marché, plus facile à digérer, d’une saveur plus agréable, et se mariemieux avec les liquides avec lesquels on l’associe.
OBSERVAT ION