‹ QuestionsChapitre 4 sur 6 · D’ÜN CAS DE CONVULSION DANS LA OROSSESSE · texte numérisé non relu

D’ÜN CAS DE CONVULSION DANS LA OROSSESSE

Magdeleiae de B., âgée de tpente-UBaos, demeurant » la eampagae, est d’une stature élevée, d’une eonstitutron lymphatique, et a toujours joui di^une bonne santé. Mariée à trente ans, elle devint 'bientôt enceinte, et sa grossesse ne fut troublée par aucun accident. Elle se livre à sea>occupations jusqu’à rapparition des premières douleurs. Le 26 mai 1828 , me trouvant par hasard à la campagne dans la maison: qu’habitait Magdeleine , je fus appelé pour lui donner des soins : il était trois heures du matin. De pèlite& douleurs se faisaient sentir de? puis la veille, à dater de dix heures du soir. Je la touchai immédiatement 4 le bassin était bien conformé, le col de l’utérus dilaté comme? une pièce de vingt sous, et fortement iBclinéren arrière.: Pourtant Jé) pus reconnaître que le front eorrespondait à l’éminence iléo-pectinée gauche, le menton à la symphyse saero-iliaque droite, dkssaygd, arr moyen de quelques tractions modérées, de ^ramener dans la direction! du vag,in le coiÿ qui était dirigé vers la courbure du sacrum: naes efi, forts ne furent pas suivis de succès ; les douleurs Gontinaèrent. Je fis; marcher cette femme, espérant que le col reprendrait une position plus favorable à la terminaison de faccouchement. La marche procura^ en effetj Cet avantage : à sept heures du matin, l’orifice utérinm'étak pas plus dilaté que lorsque |’avais touché pour la première; fois. Les douleurs se faisaient, sentir presque continuellement , mais faiblemæaaÉ. I.a malade était fatiguée, et éprouvait un léger malaise; ses jambes étaient gonflées; le pouls? était fort, plein et firéquenh J’hésitai: si cje ne ferais pas une saignée,;et je me repentis plus tard de ne l’avoir pas pratiquée. Toute la journée du 27 se passar^ec quelques petilæs-doaleurs qui se succédaient rà ^ies; intervalles asseZ'^^éloignés,Hietle col ne se dilatait que trèsrpeu. La nuit, son sommeiLfut ioterrOBap®presque

toutes les demi-heures par les contractions utérines. Le 28, à huit heures du matin, je trouvai l’orifice large comme une pièce de cinq francs. Les contractions devinrent de plus en plus fortes, et à midi la contraction était complète. ï/enfant se présentait dans une première position de la face; je ne fis aucune manoeuvre à l’effet de convertir cette présentation de la face en présentation du sommet. Je laissai marcher les choses , persuadé que l’accouchement se terminerait heureusement. A quatre heures, les douleui*s ayant cessé complètement, j’administrai douze grains de seigle ergoté. Un quart d’heure après, les douleurs devinrent de plus èn plus vives: la poche des eaux faisait saillie dans le vagin; je la rompis. Tout allait bien : la tète avançait et allait franchir, lorsqu’au milieu d’une vive douleur, la femme fut prise de convulsions. La face devint vultueuse, la tête se renversa en arrière, les dents se serrèrent avec force, les membres se tordirent, l’écume vint à la bouche. Dès ce moment, il y eut absence complète de connaissance. Les artères temporales battaient avec force, le pouls était plein et fort. Je pratiquai immédiatement une large saignée qui sembla rendre un peu la vie à la malade. Effrayé comme je devais l’être de me trouver seul, j’envoyai chercher le médecin de l’endroit ; il fut d’avis de terminer promptement l’accouchement avec le forceps. J’essayai vainement d’introduire deux doigts dans le vagin; la malade fil tant de mouvements, qu’il fut impossible d’appliquer les branches de l’instrument. Nous espérâmes qu’un bain longtemps prolongé la^ calmerait un peu. A peine placée dans le bain, de nouveaux accès nous forcent de l’en sortir de suite. Après des efforts inouïs, on finit par placer les branches, et les tractions amenèrent un enfant qui ne fit que quelques inspirations, puis cessa de vivre. La délivrance était à peine opérée, que notre malheureuse malade fut prise de nouvelles convulsions : cet état continua pendant toute la journée du lendemain. Nous la saignons de nouveau, nous lui administrons deux lavements purgatifs ; malgré tout ce que nous pûmes faire, elle eut onze attaques dans les vingt-quatre heures qui suivirent l’accouchement. Au bout de ce temps, elle sortit peu à peu de cet état de torpeur dans lequel elle s’é-

tait trouvée pendant trente heures. Sa connaissance revint peu à peu j mais encore avait-elle perdu complètement Je souvenir de son accouchement, et même de sa grossesse : ce ne ïüt qu’après environ trois semaines qu’elle se rappela sa grossesse, et la mémoire de son accouchement ne lui revint que plus tard^

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