‹ Questions constitutionnellesChapitre 21 sur 22 · CHAP. VU. DE U RÉVISION · texte numérisé non relu

CHAP. VU. DE U RÉVISION

de constituantes, elles reconnaîtront des limites à leur pouvoir.

UÂssemblée prochaine pourrait s'autoriser de Texemple de TÂssemblée qu'elle viendra remplacer ; appelée pour faire une Constitution , elle a gouverné ; lorsque cette Constitution a été faite, elle en a suspendu Texécution ; elle a modifié provisoirement les articles qui distribuent aux divers pouvoirs de rÉtat y leurs attributions ; elle n'a point respecté son œuvre ; comme les circonstances avaient décidé son vote, de même les circonstances ont motivé un ajournement. C'est ainsi, mais, Dieu merci, avec d'heureuses différences, que la Convention, après avoir fait la Constitution de 1793, la plaça derrière le voile du gouvernement révolutionnaire.

Nous n'avons pas à examiner si cette conduite a été constamment conforme aux intérêts et à l'opinion du pays. Admettons qu'elle soit utile, et même qu'elle soit nécessaire, il n'en est pas moins vrai qu'elle est hors du droit. N'en soyons pas étonnés : l'origine d'un gouvernement est toujours un fait ; la légalité ne commence que lorsqu'il est établi.

Si l'article 110 avait été conçu d'après les idées américaines , il aurait pu , sauf les événements , devenir une garantie pour la Constitution de 1848. La révision aurait été confiée à une assemblée spéciale, sans autres pouvoirs que de l'examiner et de l'amender. Étrangère au gouvernement, elle aurait coexisté avec lui , et Taccomplissement de sa tâche

n'aorait pa» eil mie cannexké daDgeréUse avec le mouvement quotidien de la politique. Mai» €ètte assemblée pourra y dit Tartide 410, pourvoir aux nécessités législatives ^ elle siégera dônfc ctomftûie pouvoir souverain : la situation sera exactement )a même qu'aujourd'hui. La GonstHution se trouvera ainsi saspendue avant d'être téfiytmée : c'est-à-dire que réforme et révolution sont synonymes.

En même temps, ni la Constitution actoelte ni ks réformes futures ne swont soumises à nulle saai(Aioii; elles seront toujours octroyées par une souveraineté absolue. La nation n'a (^n'vtù seul organe : élire sert sa seule expression , son unique moyen de masife»^ ter son opinion sur des actes , avant même qu'ils soient accomplis; sur des volontés, avant Qu'elles soient connues. Le jour oà le peupie élit, il abdique.

Ces r^exions ne s'appliqueraient point k uiv gonvemementy où la division des pouvoirs donnerait des garanties. Le concours de volontés diverses, les délibérations séparées, les discussions oà le poiM de vue serait différent promettraient au pays la stabilité des lois ou leur prudente amélioraticm. Mai» la souveraineté du peuple, entendue au sens der la Constitution de 4S4S^ devrait être plus respectée; il serait i^aisonnable et juste de ne point kt réduire k choisir des noms propres, parfois sans savoir qaéiie opinion ils représenteront. Si le suffrage universel direct inspirait quelque méfiance , si on en venait à penser que les assemblées de canton ne renfermeirt

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f&s àsde2 de lumières, tes conseils généfattit ^ qui en émaiieot , pourraiefit être appelés à 飻ettre un vcfte snr lesaetes constitutionnels^ L'intervention d^ opinions locales est, il est vrai ^ peti (informe à nos babitiides de centralité. Cette imitation an!iéri^ine rappellerait le fédérali^ane des Girondins; mais euxmêmes ne furent amenés k ces idéeâ qti'en élterctifaÉft fine défense centre to tyranfiié rétdtitfônnàire.

Et d'où pourrait protenir cette méfiance de hé foix du pet^v *^^ mo(}néè à'àbotâ? Qnè cràint-(m de kt yr»e et libre affinkfë f>ubli^tfe? Gértèë, éflé ne s'^dftonce pas comme exigeaMe^ ses vœut se préseùteM humblement : elle demande le bon ordre, la stabiKfé, le relorir de la comgatïce, dri crédit, âë tr^sttl^ de la prospérité perdis. Nous ëitt&iiâitfti& , il y a un an , de T^tueusei? indignations contré fft politique des ifrtéréts; m m tottlait pm qn'tthe Èfatfeitt fftt go^re^Ètêe dans la tiie tfamiélîorer le sort et d'artigtnenter le bien-être de totrs ses citoyeÉfs; ùt niait (ftfe radtoiniatratiM àtn être la g^tionbien eMendue de Fintâ'ét commua. Oéi iiist^Kait à cette classe moy^tfne^ appelée par nos liberté civiques k la vie politique, Otê se refusait à voir ^ue Fîélerventrotï dé la classe moyemye était pr écisémëM une garantie ^lie les intérêts de tous ne seraient point maltraités ou négligés* i)ans l'espoir de séduire m de contraindre Je suffrage universel ^ on a voulu, p^r de fausses promesses et d'impossibles chimères , exciter les^ classes laborieuses et les associer à la potili^Éte. Qu'esMl

advenn de tant de déraison et d'impéritie? Le désordre s'est répandu partout ; Tinquiétude s'est emparée de tontes les âmes; alors, du plus haut degré de la société jusqu'aux derniers rangs de la pauvreté , l'universalité des intérêts a été mise en question; tous ont été atteints. Souffrance universelle pour le présent; sombre incertitude pour l'avenir. Tel est l'entretien de chaque famille dans le comptoir, l'atelier et la chaumière. Il n'y a plus une autre politique, plus une autre pensée nationale que les anxiétés individuelles ; Topinion publique n'est aujourd'hui que la réclamation unanime des intérêts privés.

Que ceux qui songent encore à leurs ambitions , qui sont avides du pouvoir, ou animés d'un fanatisme quelconque, ne s'alarment point tant. La nation n'a plus de préférence pour telle ou telle institution ; elle ne met plus d'espérance sur aucune combinaiscm politique. Si on s'opposait à la plainte universelle , si on l'appelait une réaction , si on redoutait des convictions affaiblies par soixante ans de révolution, si on ne voulait pas faire droite ce cri de détresse, ce refus n'aurait point pour motif l'intérêt de la liberté; elle n'est ni menacée, ni compromise. C'est elle, au contraire, qui se manifeste et se proclame. Lui résister, ce serait s'exposer à entendre dire que ceux qui ont fait le mal , se sentant incapables de le réparer, se préparent à l'aggraver encore. Les élections nouvelles qu'on refuserait au peuple , ou qu'on

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