‹ Questions constitutionnellesChapitre 20 sur 22 · CHAP. VU. DE LA RÉVISION · texte numérisé non relu

CHAP. VU. DE LA RÉVISION

fat question d'envoyer en France une comnaimon formée des hommes les plus savants et les pins habiles dans la science politique, pour fournir à nos législateurs toutes Les informations q^i pouvaient être puisées dans la pratique et Texpérienoe de la plus puissante et la plus heureuse des républiques ; mds lorsqu'on apprit de qudle Saiçon nous allions nous y prendre pour faire une constitution , et comment elle était livrée aux orages d^une assemblée de neuf 009)3 personnes , aux cpmbats d^ piirtis , ^u flot des évéA^m^nts, on s^ découragea, et il n^ fut plus question de cette fraternelle n^ission^

Un décret rendu par le jgouv^ru^ment provisoire le 5 mars « co]Qvoqq.e les assemblées électorales pour x> élire TA^sembléiô nationale qui doit décréter la 1^ constitution. » Cette Assemblée^ à peine réunie , a exercé de jLoujt autres fonctions : il ne pouvait en être autreinent. La France ét^it tombée aux mains d'une autorité despotique , toute sa législation était comme non avenue ^ tous les pouvoirs se trou^ vaient confondus dans une cpmn^ission qui s'était installée elle-même ; il valait donc mieifx que l'exercice de cette souveraineté absolue fût transmis à une assenajblée élue par Le peuple. De ce moment SQB caractère ne pouvait plus être limité par les termes dw décret de jconvocation ; elle était nn gouvernement bien plus qu'un législateur ; les devoirs qp'elle avait à accomplir étaient encore plus urgents,

plus sacrés peut-être, car il s'agissait de sauver la

MO QUESTIONS CONSTiTUTIOiNNELLES.

France et la civilisation. Mais elle ne se trouvait plus dans cette disposition de recueillement et de sécurité qui convient , lorsqu'il s'agit de donner à une grande nation sa loi constitutive. Dans les conjonctures difficiles et alarmantes qui la préoccupaient, elle avait à prendre des mesures plutôt qu'à délibérer des lois destinées à une éternelle durée. La Constitution devait nécessairement s'en ressentir.

La forme de révision indiquée dans Tarticle 110 est-elle en harmonie avec Tesprit général de la Coustituticm? les délais qu'il prescrit conviennent-ils à la situation actuelle de la France? Cela est douteux. La Constitution a été décrétée par une assemblée qui s'est revêtu de la souveraineté entière , lorsque aucune loi ne la lui attribuait , lorsque les termes de Tacte extra-légal qui la convoquait ne lui attribuaient d'autre pouvoir que de décréter la Constitution. L'élection populaire était son titre à absorber en ellemême toutes les fonctions politiques. Nous avons dû nous en féliciter, c'était une nécessité; la méconnaître eût aggravé nos maux.

On ne peut s'empêcher de le remarquer, tout ce* qui a été résolu , exécuté ou écrit depuis dix mois dérive du principe que le suffrage du peuple confère à ses élus le pouvoir souverain. Les assemblées futures seront de même uniques et souveraines; ainsi elles se trouveront dans des conditions pareilles, et nous comprenons difficilement comment, parce qu'elles seront intitulées législatives, au Heu

Page 1