‹ Questions contemporaines (volume 2)Chapitre 19 sur 52 · Je rappelle que ceci fut écrit à la fia de · texte numérisé non relu

Je rappelle que ceci fut écrit à la fia de

est devenu dans les pays protestants d'Aile presque aussi impossible que dans les pays liques. Or, qu'on ne s'y trompe pas, c'est l'ens ment de^la théologie qui a été la cause du gra veloppement qu'ont pris en Allemagne les philologiques : les fondateurs des études taies en particulier, les Eichhorn, les Ges étaient des théologiens. Cette ressource si pn pour le travail intellectuel est perdue peut-êti retour. Les jeunes gens sérieux, qui autrefois vaient dans l'enseignement de la théologie ministère pastoral un excellent moyen de mec vie laborieuse, repoussés par les symboles in tables ou étroits qu'on leur impose, se rejette les carrières purement scientifiques, qui sont sairement peu nombreuses. Tout cela, se corn avec le renchérissement de la vie matériell atteint même les villes d'universités en Aller a produit une misère sur laquelle nous n'insis pas, si elle n'avait pour la science les plus fi résultats. En effet, une conséquence de cet i gêne, ce sont les travaux hâtifs par lesque jeunesse intelligente, mais trop nombreuse t empressée, cherche à se frayer une route v< fonctions salariées. Ce n'est jamais impun qu'où met les découvertes aux enchères. Les t]

solides sont de tous les temps ; mais les découvertes viennent à leur jour, et il ne faut pas les devancer. Le grand défaut de l'Allemagne est cet empressement fiévreux d'annoncer des résultats nouveaux et de dépasser les maîtres, qui produit un déluge de thèses hardies et de paradoxes. Ajoutez à cela les intrigues d'un parti religieux, mettant pour condition à ses faveurs tout autre chose que le mérite scientifique, et vous comprendrez les effets désastreux qu'ont pu produire sur des études aussi délicates que les nôtres quelques années d'un tel régime. Vous aurez le droit d'être sévères pour l'école superficielle, qui voudrait ainsi passer l'éponge sur le travail d'un demi-siècle, et enlever à l'Allemagne sa vraie couronne, celle de la science critique, saine et désintéressée.

Et puisque j'ai commencé à vous communiquer mes réflexions sur des points secondaires de votre plan, auxquels peut-être vous ne penseriez pas, j'oserai vous conseiller de ne pas chercher le développement de l'esprit allemand seulement en Allemagne. Je ne sais si je me trompe, mais je crois voir le moment approcher où les Allemands joueront le même rôle que ces Scots de la première moitié du moyen âge, qu'on trouve partout à l'état de missionnaires de la science et de grammairiens. Déjà presque

tout le travail matériel de la philologie est suj dans le monde par des Allemands. Ne négligez pas d'embrasser dans votre recueil ces nombi colonies où, grâce ^ une puissance d'expansio nous étonne, la race germanique porte son activ tellectuelle et son sérieux. Suivez-la dans l'acai de Saint-Pétersbourg, où, malgré des susceptit assez naturelles, la science allemande s'est cré mportante succursale, peu inférieure à Tacac de Berlin, surtout pour les sciences géogr; ques. Cherchez-la en Angleterre, à Oxfor Londres, où vous rencontrerez à l'état d'exiléi lontaires xjuelques-uns des meilleurs représen de la nouvelle école, MM. Max Mûller, Aufr d'autres encore. Ils écrivent en anglais; mais science, leur pensée sont allemandes : cela doit suffire. La Hollande mérite aussi que vous lui vriez votre recueil. L'université de Leyde me p depuis quelques années dans une direction e; lente : elle possède un grand enseignement his que, à la tête duquel est M. Dozy, et une solide < d'exégèse dirigée par MM. Scholten et Kuenen Suisse, vous trouverez l'université de Zurich savoir un peu hasardeux de M. Hitzig. L'Asi l'Afrique enfin vous oflriront d'admirables mis* naires, tels que les Krapf, les Isenberg, et des v

geurs* tels que Barth et Overweg1. Tandis que les missions catholiques, autrefois si fructueuses, ne rendent plus à la science que de médiocres services, à cause du peu d'instruction et de curiosité de la plupart de ceux qui s'y dévouent2, les missions allemandes, anglaises, américaines, ont produit d'habiles explorateurs qui ouvrent devant nous des mondes inconnus, et prennent place parmi les fondateurs de la science critique de l'humanité.

•N'oubliez pas les juifs allemands : ils sont une partie essentielle et pourtant distincte du mouvement qui doit vous occuper. C'est un monde fort mêlé, mais où se rencontrent encore des Mendelssohn et des Spinosa, et d'où sont sortis de bons auxiliaires du travail scientifique. Par une singulière destinée, la race juive est de nos jours un utile interprète de < certaines civilisations de l'Orient- qui se sopt trouvées, il y a deux ou trois mille ans, en contact avec elle, et dont les études bibliques et talmudiques la rapprochent.

Enfin, cherchez aussi l'Allemagne en France. Nous possédons parmi nous une colonie allemande qui,

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