‹ Questions contemporaines (volume 2)Chapitre 23 sur 52 · P. 536 et suiv · texte numérisé non relu

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20S< L'INSTRUÇTJON PBJ?LIQUE

. Il est facile de montrer ainsi le côté faible et inconvénients de toute institution. Mais on ne preuve de sagacité qu'en indiquant le remède principe de l'administration française étant de se fier des libres choix faits par les supérieurs ei limiter autant que possible l'arbitraire des chefs concours, au moins pour l'enseignement seconds restePune nécessité. Le système de garantie, de réciproque et en quelque sorte d'inféodation, hommes les uns aux autres, qui fleurit en Anglet et en Allemagne, ne saurait, être appliqué en Fra Le personnel de l'enseignement secondaire n'est chez nous, comme il l'est ailleurs, l'analogue d corporation religieuse; c'est yne; sorte d'armée; faut .un iqocle d'avancement régulier, où le capriç soit pour rien. On p$ut regretter que la Franc» soit attachée si fortement à ,un tel système; mai système étant ce. qu'il est, le concours pour fonctions de l'enseignement sçoonda^ire en sort ] quement. Les observations de M. Hahn fyen plus vraies en ce qui concerne l' enseigner] supérieur. Ici, le concours est un moyen d'ap] dation trop imparfait, et peut,, d'ailleurs, remplacé par des titres d'une autre nature. < concours, dit-il à ce sujet, est une des institut les plus populaires de la France; il représ

l'élément démocratique dans le domaine de l'enseignement, et répond surtout aux idées des jeunes étudiants et de ceux qui s'appellent libéraux. S'il n'était ainsi couronné de l'auréole du libéralisme, il y a longtemps qu'on aurait reconnu quels in-' convénients il entraîne à côté de quelques avantages fort contestables, et, depuis quinze années, M. Cousin n'aurait pas en vain combattu ce mode de nomination avec toute la verve de sa critique1. »

La centralisation et l'uniformité de l'instruction publique parmi nous sont pour M. H^hn l'objet de reproches presque aussi acerbes que le système des concours :^ « On ne peut avoir qu'une seule opinion, dit-il, sur l'organisation napoléonienne de l'Université. Il était impossible d'imaginer un système plus puissant et plus simple pour fonder l'unité de l'instruction nationale et pourvoir à la stabilité des traditions. Mais, d'un autre côté, une institution dirigée uniquement vers ce but portait en elle-même un danger immédiat, et ce danger ne s'est que trop révélé : c'était de sacrifier le progrès à la fixité, de faire dégénérer l'unité d'esprit en uniformité de méthode et de procédés, d'étouffer toutes les tenta-

tives nouvelles en fait d'éducation. En effet, la tention hautement avouée des universitaires, que, d'un bout du royaume jusqu'à l'autre, a changement ne survienne, soit dans la directiot études, soit dans le maintien de la discipline, ne soit prescrit par l'autorité centrale; c'est pour les méthodes d'enseignement et les livres < siques, pour la distribution des heures et les ri ments disciplinaires, un collège du Nord corresp dans les derniers détails à une école située si Méditerranée... Avant d'introduire quelque inm tion, il faut en faire l'épreuve; or, il est na que l'on hésite à tenter l'expérience sur la tôt des écoles; en sorte que, la sévère uniformit permettant pas de faire ces essais sur des établi ments isolés, il devait en résulter que toute la poration se trouvât enchaînée dans une comj immobilité. C'est, en effet, ce qui est arrivé, corps enseignant est devenu tellement, statiom en France, que je ne connais aucune société dans ce temps de progrès universel, et chez la na la plus mobile du monde, persiste en ses \ avec autant d'aise et de satisfaction, qui repo avec autant de dédain et de présomption toutes méthodes étrangères, et qui soit si prompte à une révolution, même dans les changements les

insignifiants1... Cette uniformité me semble la cause principale de la faiblesse relative des études dans les collèges de province... Si les écoles de Paria, avec un système d'enseignement fort défectueux, produisent parfois de brillants résultats, ce sont là bien moins les fruits du système que les effets de mobiles extérieurs, qui entretiennent chez la jeunesse studieuse de la capitale une ardeur vraiment extraordinaire. Dans la province, au contraire, où ces motifs d'émulation manquent, les maîtres ne songent à rien changer ni â rien améliorer dans la méthode officielle; souvent même ils se relâchent et se négligent à un point déplorable. La brillante routine de la capitale devient, dans le reste du pays, une besogne assoupissante, sans vie ni intérêt. Si les proviseurs et les professeurs des collèges de province pouvaient suivre leurs propres inspirations, on trouverait en plusieurs villes des centres d'instruction moins éclatants peut-être que lès de Paris, mais tout aussi féconds. L'uniformité, au contraire, a étouffé la liberté et la vie ; l'égalité absolue, c'est le souffle de la mort. . . Des deux devises de la révolution française, la liberté et l'égalité, Napoléon n'a eu égard, dans ses créations,

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