Leçon d* ouverture, p
. cluant par leur nature l'analyse des détails, doivent être rares chez nous. Dans l'état actuel des études hébraïques en France, je ne crois pas que des leçons de ce genre puissent être très-fructueuses : ce qu'il fa-ut avant tout, c'est une rigoureuse philologie, une discussion précise, portant sur des faits déterminés. On verra plus tard s'il est temps, pour une partie de ces études, de procéder, ainsi qu'on le fait dans l'enseignement des littératures classiques, sous forme d'histoire littéraire et par grands exposés.
Pourquoi j'ai fait une leçon d'ouverture d'un caractère général.
Voilà le programme de la chaire que j'ai recherchée et obtenue, programme déterminé, bien avant qu'il fût question de me la confier, par les lois constitutives du Collège de France et par le titre même de la chaire ; programme que M. le ministre, dans son rapport du 11 janvier, voulut définir et non modifier.' Ai-je manqué à ce programme? Telle est la question sur laquelle je vais maintenant vous communiquer mes réflexions.
Un usage général veut que la première leçon, dans les chaires les plus spéciales, ne ressemble pa& aux autres. Cette leçon attire des personnes qui n'ont pas rintention de suivre la série entière des leçons techniques ; il est si naturel de commencer toute entreprise intellectuelle par quelques propos d*uD caractère général, que celui qui manquerait à cela, surtout s'il a composé des écrits arrivés à quelque publicité, passerait pour se singulariser. La dernière ouverture d'un cours de ce genre est, je crois, celle de M. de Rougé. On peut lire dans le Moniteur^ le « discours » qu'il prononça, en cette circonstance, sur les résultats généraux des études égyptiennes» On trouvera dans la Revue des Deux Mondes^ l'excellente première leçon d'Eugène Burnouf. Ce n'est pas là une obligation, c'est un usage. J'avais toujours eu l'intention de m'y conformer. Si j'y eusse renoncé, une circonstance particulière eût donné à cette dérogation une couleur que je ne pouvais accepter.
Il fut de notoriété publique, dans les semaines qui suivirent ma nomination, que des personnes exprimaient l'intention d'empêcher mon cours de se faire. Ces personnes agissaient par des motifs opposés : les unes, possédées de ce fâcheux esprit