PRÉFACE. XI
le plus pur catholicisme? Non certes; car le mérite d'Ozanam était reconnu. On avait eu raison de le nommer ; une fois nommé, il était parfaitement libre de traiter son sujet comme il l'entendait. Mais, quand un protestant, un Israélite, un libre penseur arrive, par le clioix des corps compétents, à une chaire, il doit être libre aussi de professer ses opinions. Prenez garde ! vous mettez le non-catholique en dehors du droit commun, vous arrivez à dasser les personnes par religion en ce qui concerne l'admissibilité aux fonctions publiques. Quand le prédicateur catholique nous outrage, nous ne nous plaignons nullement de n'avoir pas le droit de lui répondre ; nous ne tenons pas à la liberté de l'injure : aurions- nous ce droit (comme l'égalité le voudrait), nous n'en userions pas. Mais que le catholique puisse enseigner hautement son opinion dans .les chaires laïques de l'État et que nous ne puissions enseigner la nôtre dans ces mêmes chaires, cela n'est pa^ juste. La loi n'a pas dit que, pour être membre de l'enseignement supérieur, il faut être catholique. Ceux qui ne le sont pas seront donc réduits ou à dissimuler leur sentiment ou à se voir exclus d'une