‹ Questions contemporaines (volume 3)Chapitre 10 sur 71 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

profession ouverte ai tous? Voilà les conséquences où Ton est amené , sa Tpn admet que l'État est responsable directement de tout ce qui s'enseigne dans les chaires qu'il subventionne. Ne voit-on pas que faire peser sur l'État une telle responsabilité, c'est frapper de nullité tous les établissements publics? On trouvera peu d'hommes supérieurs qui s'engageront ainsi à ne déplaire à personne. Un tel miracle ne pourrait être accompli que si le professeur consentait à garder un silence prudent sur tout ce qui est délicat, c'est-à-dire justement sur ce qui vaut la peine qu'on s'en occupe. La médiocrité seule accepterait un tel programme. Si l'enseignement supérieur devait être réduit de la sorte à l'art de tout émousser, de tout fausser, mieux vaudrait l'abolir.

On invoque, pour justifier ces exigences, les égards qui sont dus à la religion de la majorité. Que ce mot est trompeur ! quelles déceptions il prépare, et qu'on sera surpris un jour de voir que cette majorité n'était qu'une apparence I Mais supposons qu'elle soit réelle; admettons que, si l'ange du Seigneur sondait la foi de tous les Français, il trouvât la plus grande moitié de nos concitoyens composée de ca-

Page 1