‹ Questions contemporainesChapitre 11 sur 77 · XVI * PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI * PRÉFACE

que j'aie adopté depuis une* autre manière d'écrire. L'un de ces articles m'a semblé rendre assez bien les sentiments qu'un jeune homme put éprouver durant les funestes années qui suivirent 18&8, années où une réaction inintelligente parut adopter pour devise : « Laissez toute espérance. » Au moment où nous. voyons se reconstituer sous nos yeux, par la coalition de tous les préjugés français , la majorité que nous avons connue alors, de telles pages peuvent être utiles. Cette honnête, irréprochable, mais imprévoyante et superficielle révolution de i8&8 eut pour conséquepce, au bout de moins d'un an, de donner le pouvoir à l'élément le plus pesant, le moins clairvoyant, le plus obstmément conservateur de notre pays. Une échappée se fit vers 1859 dans cette atmosphère comprimée, par les vues personnelles de l'empereur Napoléon III, lesquelles étaient loin d'être simplement négatives comme celles de la majorité conservatrice. La majorité conservatrice avait cru rencontrer dans le prince Louis -Napoléon l'instrument le plus énergique de réaction ; mais, peu pénétrante, elle s'était trompée; il se trouva que celui qu'on avait choisi pour comprimer toute idée

PRÉFACE. srii

avut des idées propres et des plans trèSH^riticpiables sans doute en plusieurs parties, mais fort différents de ceux des purs conservateurs. Après avoir servi d'ahoiçd la réaction, l'empereur Napoléon III obéit à ses instincts, lesquels n'étaient pas toujours à l'unisson du vieil esprit français, dans ce qu'il a de borné et d'exclusif. Détruire l'opinion exagérée qu'on s'était faite de la puissance de l'empereur Nicolas ; tendre la main à l'Italie renaissante; laisser se développer sans opposition et en un sens favoriser le mouvement inévitable qui fonde sous le nom de Prusse une grande Allemagne savamment libérale, destinée & compter pour beaucoup dans la direction des choses humaines; préparer doucement la modification du pouvoir temporel des papes ; atténuer les funestes effets de la loi sur l'instruction publique imposée en 1850 par le parti clérical ; essayer, en fait de commerce et d'industrie, des systèmes qui renferment peut-être quelque chose de bon ; ouvrir la voie à ces associations ouvrières qui sont appelées à un grand avenir, ce sont là autant d'actes contraires à l'esprit des conservateurs français, et dont peu de gouvernements chez nous auraient voulu prendre la responsabilité.

tint PAÊV^ACE.

Ceux qtûi n'étant pas engagés dans la polidqne ac« tite, ont le droit d*étre impartiaox et indalgents; cenx qui, traitant Thumanité en malade, évitent de se montrer difficiles et savent pour un peu de bien oublier beaucoup de mal, purent éprouver quelque satisfaction de ces victoires remportées sur la routine. Des fautes , dont la principale est de n'avoir pas proclamé tout d'abord par des actes irrévocables que la France ne désire pas d'agrandissement territorial (un pays comme la France, loin de forcer les gens à s'unir à lui, devrait se faire prier pour admettre de nouveaux membres dans sa communauté), des fautes graves, dis-je, ont changé l'état des choses. L'empereur Napoléon III ayant eu pour maxime de. réaliser ses idées au moyen de personnes qui ne les partagent pas, et avec l'appui de la majorité conservatrice, laquelle y est hostile, on devait bien pré-

voir qu'un jour la majorité conservatrice et les membres du gouvernement de l'empereur, appartenant presque tous au parti de 18i9, se retrouveraient les maîtres. C'est ce parti qui a fait prononcer dans la question romaine le mot « Jamais » ; c'est lui qui cherche à détruire le royaume d'italict et qui

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