‹ Questions contemporainesChapitre 28 sur 77 · Lcçjn d'ouverture f p · texte numérisé non relu

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2. Ibid. Préface datée du 23 février et insérée dans le Journal de» Débals du 2C. L*arTèté de suspension est du S7.

façons tranchantes et péremptoires viennent supprimer les problèmes au lieu de les résoudre. Oh ! que les pères de Tesprit moderne comprenaient mieux la sainteté de la pensée I Grandes et vénérables figures des Reuchlin, des Henri Estienne, des Casaubon, des Descartes, levez-vous pour nous apprendre quel cas vous faisiez de la vérité, par quels labeurs vous saviez l'atteindre, ce que vous souiïrîtes pour elle. Ce sont des spéculations comprises de vingt personnes au XVII' siècle qui ont changé de fond en comble les idées des nations civilisées sur l'univers; ce sont les travaux obscurs de quelques pauvres érudits du xvi* siècle qui ont ibndé la critique his* torique et préparé une totale révolution dans les idées sur le passé de l'humanité. »

Assurément, cela ne veut pas dire que les généralités nous soient interdites. Cela veut dire qu'elles doivent être amenées par l'étude directe des faits, que le cadre de l'enseignement doit être le plus ordinairement philologique. Ici j'aime encore à prendre Burnouf pour mon modèle : a C'est à l'étude de la langue, disait-il dans sa première leçon % que nous appliquerons ensemble ce que nous avons de constance et de zèle... Osons le dire cependant : si ce

i. Revue des Deux Mondes, 2« série, 1. 1"', p. 237-238.

cours doit être consacré à la philologie, nous n'en bannirons pas pour cela Tétude des faits et des idées... C'est plus que l'Inde, messieurs; c'est une page des origines du monde, de l'histoire primitive de l'esprit humain que nous essayerons de déchifirei ensemble... Il n'y a pas de philologie véritable sans philosophie et sans histoire. » Je n*ai rien voulu de plus, et je terminais ma première leçon en annonçant que nos entretiens ultérieurs seraient consacrés à la philologie hébraïque la plus sévère \ Mon programme, deux fois reproduit par les affiches officielles, suffisait, du reste, pour en faire foi.

A Dieu ne plaise que je songe à restreindre nos droits I La liberté est la loi de notre établissement. Aucun règlement ne fixe la manière dont un profes* seur au Collège de France doit faire son cours, ni le nombre de ses auditeurs. Rien n'empêche le professeur au Collège de France, même dans la chaire la plus spéciale, de donner, s'il le croit utile au pro-* grès de la science, une série de leçons générales* S'il avait plu à Burnouf de faire un cours sur l'histoire de la littérature hindoue, pei'sonne assurément n'aurait songé à le lui interdire. Mais avec raison il xe le jugea pas à propos. De tels enseignements, ex-

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