DESTITUTION
d'un professeur au collège de FRANCE.
Le 2 juin 186&, parut au Moniteur un rapport adressé à Sa Majesté l'empereur par M. le ministre de rinstruction publique. On y lisait ce qui suit :
11 y aurait donc lieu de supprimer à la Sorbonne la chaire de H. Hase, mais de créer, sous le titre de grammaire et de philologie comparées, une chaire nouvelle au Collège de France.
La dotation de cette chaire n'existant pas au budget, on y appliquerait provisoirement les fonds votés pour la chaire des langues hébraïque, chaldalque et syriaque.
Depuis plus de deux ans, cette chaire n'est point remplie, par des raisons d'ordre public qui subsistent dans toute leur force. Ce provisoire ne peut durer plus longtemps.
Je tienS; sire, à mettre une extrême régularité dans toutes les parties de l'administration que l'empereur m'a conGée. Or, il est contraire aux intérêts du service, à la bonne gestion des deniers publics, autant qu'à la dignité môme du savant distingué qui est forcé de subir cette anomalie, qu'un traitement soit touché sans que la fonction soit remplie.
Uï DESTITUTION D'UN PROFESSEUR
Ne pouvant faire remonter M. Renan dans la chaire où it n*a paru qu'une fois, je crois qu'il convient de faire loyalement cesser une situation anomale et d'appeler M. Renan à d'autres fonctions.
C'est de la Bibliothèque impériale qu'il est sorti pour entrer au Collège de France, et il en a emporté le titre de bibliothécaire honoraire; je prie Voire Majesté de vouloir bien l'y ramener en lui confiant la place de conservateur sous-directeur adjoint au département des manuscrits, où son érudition spéciale lui permettra de rendre au public de réels services.
Suivaient des décrets conformes.
Le jour même, j'écrivis à M. le ministre de Tin* struction publique la lettre suivante :
Bènm, to t Jtda 18M.