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3. Une exception devrait certes âtre faite pour le voyage en Arabie de M. Palgrave. Mais nous ignorons si IL Palgrave s'est envisagé ou s^envisage encore comme nn missionnaire catholique. Nous ferons bien volontiers une antre exception pour M. Bigandet.

m LES ÉTUDES SAVANTES EN ALLEMAGNE.

en même temps jqu' elle communique largement avec le centre des idées françûses, puise directement encore aux mamelles germaniques, dont elle n*est point détachée : c'est Técole de Strasbourg. Cette modeste et savante école, dont l'administration centrale a parfois trop peu respecté l'individualité, est parmi nous le seul reste des anciennes institutions provinciales, qui avaient de si bons effets pour la culture iptellectuelle* Vous connaissez sans doute la Bévue de Théologie de H. Colani, excellent écho de ce qu'il y a de meilleur dans l'exégèse allemande. iM travaux de M< Reuss, de M, Bergmann, honore^' raient une université d'ontre-Rhin; ils sont chez nous presque inconnus, et j'ignore si, en dehors de l'estime d'un petit nombre, ils ont Jamais reçu le moindre encouragement de l'opinion.

Que votre Revue soit Tabrégé de ce vaste ensemble d'études. Dans ma pensée^ die doit représen-^ ter non^seulement l'Allemagne, mais tout ce dont l'Allemagne s'occupe, c'est'^à-dire le monde entier. Groy ez que son apparition ne sera saluée par personne avec plus de sympathie que par moi, et agréez, etc.

JUGÉS PAR IBS ALlEKANDg;

Rien de plus nuisible aux progrès de l'esprit bu* main que les jalousies nationales. On a pu autrefois accuser la France d'être, de toutes les nations, la plus dédaigneuse de l'étranger* C'est là un défaut dont elle s'est en partie corrigée* Dans l'ordre do l'instruction publique, du moins, une série de mis« sions ont eu pour objet d'étudier le système d'éducation des peuples voisins. Nos voisins ne nous ont guère rendu la pareille, et on doit le regretter, car, si des ouvrages sur l'instruction publique en Allemagne, en Hollande, faits par des Français sont utiles, des ouvrages sur l'instruction publique en France faits par des Allemands, par des Hollandais, nous seraient bien plus utiles encore. La rareté de tels Ëvres donne un grand prix au travsâl de M. Hah&%

1. Doi UnterrtclUS'W^SM in Frankreichf mit «tnar G^êMchte dtr Pariser UniimsiUU, ion Ludwfg Hahn; Breslau, 1S4S.

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bien que ce travail n*ait rien d'officiel. M. Habn s'est donné sa mission à lui-même, ou plutôt il Ta reçue du hasard, qui lui a fait passer quelques années parmi nous.

^ Son livre prouve, du reste, mieux encore que 1* indifférence de ses compatriotes, combien les universités allemandes sont éloignées de goûter l'enseignement français. Il est difficile de pousser plus loin la sévérité. A peine est-il un point de notre système d'enseignement qui obtienne un éloge de M. Habn, et il n'en est pas un seul auqiiel il n'adresse les plus vives critiques. Souvent, d'ailleurs, il n'a fait que puiser à l'arsenal des ennemis de l'Université ses renseignements et ses appréciations.

L'ouvrage de H. Habn renferme deux pardes distinctes : l'une consacrée à l'exposition, où il retrace la législation et l'état de l'instruction publique en France; l'autre, consacrée à la critique, où il juge d'après ses principes nos institutions et nos règlements. La première partie est nécessaire-

EN FRANGE. WS

tnent dénuée d'intérêt pour nous. Quant aux jugements de M. Hahn sur les mérites et les défauts de notre système d'éducation publique, comme ils sont évidemment ceux de la plupart de ses compatriotes, il est bon de les connaître, bien que parfois on puisse regretter qu'ils soient fondés sur une observation superficielle et sur des informations inexactes, H. Hahn a vu en passant un certain nombre de classes ; il a pris des notes avec précipitation, recueilli quelques anecdotes, et attaché de l'importance à des enfantillages. Sa critique rappelle trop souvent le trait du voyageur qui juge d'après le teint de son hôtesse celui de toutes les femmes du pays» Ainsi il raconte d'un ton scandalisé qu'un écolier de rhétorique, avec lequel il s'entretenait sur les di£Scultés du Phédoriy lui a dit, pour se tirer d'embarras : a Ces bôtises-là, nous les passons^. » Ailleurs, il nous apprend que, quand un chef d'institution a besoin d'un mattre d'études, il s'adresse à l'estaminet le plus voisin, et que les élèves appellent cela « aller à la foire aux pions » {auf den Pionsmarkt gehny.

Les critiques de M. Hahn qui s'adressent à l'ensemble de notre système d'instruction publique sont

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