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aatrement importantes; car celles-ci ne viennent pas d'une connaissance plus ou moins incomplète de ce qui se passe dans nos collèges; elles viennent de principes opposés aux nôtres et qui sont vrais à quelques égards. Dans l'organisation française de rin-> struction publique, la source de tout le mal, aux yeux de M. Hahn, c'est le système du concours. Notre censeur allemand revient à tout propos sur cette idée fondamentale, et, imitant le trait du vieux Gaton, il termine ainsi les chapitres les plus divers: Cœterum censeo concursum delendwn esse, A l'en croire, cette institution serait aussi funeste comme épreuve pour les professeurs que comme moyen d'émulation entre les élèves, a II est fort regret* table, dit-il, que le concours soit la seule vcho pour arriver au professorat des collèges, et que Thabileté pratique, jointe à des connaissances suffisantes, ae pmsse y donner entrée. Les bommes les plus expérimentés dans l'éducation, ceux qui apportent à leurs difficiles fonctions non des facultés brillantes, mais un esprit solide avec un peu de lenteur et de timidité, seront toujours placés, dans les épreuves publiques, après les jeunes gens qui savent amuser leur auditmre et leurs juges, et qui, doués d'une parole facile pour se tirer des difficultés, ne possèdent ni assez de patience ni assez de • fwDOté
pour bien enseigner. Toutes les dispositions que Ton essaiera d'introduire dans la législation des concours en faveur des maîtres plus mûrs seront msuffisaates pour obvier aux inconvénients du système. U devrait y avoir des conditions d'un autre genre et plus largement entendues pour arriver aux places importantes de l'enseignement secondûre. U y a maintenant dans les collèges des profes^ seurs qui, sans sortir des limites de renseigne* ment grammatical, ont fidt preuve du plus grand zèle et d*une habileté supérieure; il y en a même quelques-uns dont les écrits témoignent de plus de culture littéraire qu'on n'en trouve chez la plupart des agrégés des classes supérieures, et qui pourtant sont condamnés à vieillir dans une classe de granhmaire, parce que leur ftge avancé ne leur permet plus de tenter une lutte périlleuse contre tant de jeunes candidats. Indépendamment de l'injustice d'un tel procédé, le dévouement le plus hranéte doit nécessairement se refroidir, s'il ne «voit plus aucun but devant lui, surtout dans un pays où la pédagogie inspire peu d'intérêt par elle-même. Le système exclusif du concours est donc à la fois inique et préjudiciable à l'enseignement des collèges^ »
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Il est facile de montrer ainsi le c6té faible et les inconvénients de toute institution. Mais on ne fait preuve de sagacité qu^n indiquant le remède. Le principe de l'administration françsdse étant de se défier des libres choix faits par les supérieurs et de limiter autant que possible l'arbitraire des cbeis, le
concours, au moins pour renseignement seconddre,
reste une nécessité. Le système de garantie, de lien réciproque et en quelque sorte d'inféodation des bommes les uns aux autres, qui fleurit en Angleterre et en Allemagne, ne saurdt être appliqué en France. Le personnel de l'enseignement secondaire n'est pas chez nous, comme il l'est ailleurs, l'analogue d'une corporation religieuse : c'est une sorte d'armée; il y jaut un mode d'avancement régulier, où le caprice ne soit pour rien. On peut regretter que la France se soit attachée si fortement à un tel système; mus, le système étant ce qu'il est, le concours pour les fonctions de l'enseignement secondûre en sort logiquement. Les observations de M. Hahn sont bien plus vraies en ce qui concerne l'enseignement supérieur. Ici, le concours est un moyen d'appré* dation trop imparfait, et peut, d'ailleurs, être remplacé par des titres d'une autre nature. « Le concours, dit-il à ce sujet, est une des institutions les plus populaires de la France; il représente
l'élément démocratique dans le donudne de renseignement » et répond surtout aux idées des jeunes étudiants et de ceux qui s'appellent libéraux. S'il n'était ainsi couronné de l'auréole du libéralisme, il y a longtemps qu'on aurait reconnu quels inconvénients il entraine à côté de quelques avantages fort contestables, et, depuis quinze années, M. Cousin n'aurait pas en vain combattu ce mode de nomination avec toute la verve de sa critique ^ »
La centralisation et l'uniformité de l'instruction publique parmi nous sont pour M. Hahn l'objet de reproches presque aussi acerbes que le système des concours : « On ne peut avoir qu'une seule opinion, dit-il, sur l'organisation napoléonienne de l'Université. Il était impossible d'imaginer un système plus puissant et plus simple pour fonder l'unité de l'instruction nationale et pourvoir à la stabilité des traditions. Mais, d'un autre côté, une institution dirigée uniquement vers ce but portait en elle-même un danger immédiat, et ce danger ne s'est que trop révélé : c'était de sacriGer le progrès à la fixité, de faire dégénérer l'unité d'esprit en uniformité de méthode et de procédés, d'étouffer toutes les tenta-
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àves nouvelles en fiiit d'édacation. En eflfet, la prétention hautement avouée des universitaires, c'est que, d'un bout du royaume jusqu'à Tautre, aucun changement ne surnenne, soit dans la direction des études, soit dans le maintien de la discipline, qui ne soit prescrit par l'autorité centrale; c'est que, pour les méthodes d'enseignement et les livres classiques, pour la distribution des heures et les règlements disciplinaires, un collège du Nord corresponde dans les derniers détails à une école située sur la Méditerranée. •• Avant d'introduire quelque innovation, il faut en faire l'épreuve; or, il est naturel que Ton hésite à tenter l'expérience sur la totalité des écoles ; en sorte que, la sévère uniformité ne permettant pas de faire ces essais sur des établissements isolés, il devait en résulter que toute la corporation se trouvât enchaînée dans une complète immobilité. C'est, en effet, ce qui est arrivé. Le corps enseignant est devenu tellement stationnaire en France, que je ne connais aucune société qui, dans ce temps de progrès universel, et chez la nation la plus mobile du monde, persiste en ses voies avec autant d'aise et de satisfaction, qui repousse avec autant de dédain et de présomption toutes le3 méthodes étrangères, et qui soit si prompte à voir une révolution, même dans les changements les plus
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dfiants'... €ette uniformité me semble la cause principale de la faiblesse relative des études dans les collèges de province. •• Si les écoles de Paris, avec un système d'enseignement fort défectueux, pro* duisent parfois de brillants résultats, ce sont là bien moins les fruits du système que les effets de mobiles extérieurs, qui entretiennent ches la jeunesse studieuse de la capitale une ardeur vraiment extraordinaire. Dans la province, au contraire, où ces motifs d'émulation manquent, les maîtres ne songent à rien changer ni à rien améliorer dans la méthode officielle ; souvent même ils se relâchent et se négligent à un point déplorable. La brillante routine de la capitale devient, dans le reste du pays, une besogne assoupissante, sans vie ni intérêt. Si les proviseurs et les professeurs des collèges de pro« vince pouvaient suivre leurs propres inspirations, on trouverait en plusieurs villes des centres d'instruction moins éclatants peut-être que les collèges de Paris, mais tout aussi féconds. L'uniformité, au contraire, a étouffé la liberté et la vie ; l'égalité absolue, c'est le souffle de la mort. • • Des deux devises de la révolution française, la liberté et l'éga* lité, Napoléon n'a eu égard, dans ses créations,