‹ Questions contemporainesChapitre 73 sur 77 · Allasion à un incident des premiers temps du pape Pic IX · texte numérisé non relu

Allasion à un incident des premiers temps du pape Pic IX

2. G*e9t par erreur qu'on a cru qu'il s'agissait du deuxième concile de Latran contre Arnauld de Bresse (Labbe, ConciL, t. X, col. 909 et suiv. ). Il s'agit du concile de Latran, sous Léon X ( sess. X), dont les dâcrets à cet égard furent invoqués par le concile de Trente (sess. IV).

seulement les ouvrages relatifs à la théologie et à l'Écriture sainte qui sont assujettis aux entraves les jdus tyranniques : tous les livres des hérésiarques « de quelque sujet qu'ils traitent , sont défendus ; la condamnation in odium aucioris est déjà posée en principe ^ les pénalités les plus sévères sont portées contre les délinquants. Les règlements ultérieurs des papes et du saint office complétèrent ce système d'oppression. Les livres les plus ino&ensifs ou dont la connaissance est la plus indispensable, DescarteSt Halebranche, par exemple, furent mis à l'index. La lecture en fut défendue, sous peine d'excommunica* tion, à tous, même aux évéques, excepté aux inquiô» teurs, et à ceux qui obtiendraient la permission de les lire, en annonçant l'intention formelle et arrêtée d'avance de les réfuter. Les théologiens , avec leur scrupule ordinaire, ont même soin de faire observer que l'excommunication frappe ceux qui ne font que parcourir le livre des yeux, sans prononcer les paroles, et ceux qui se le feraient lire par d'autres. Les Églises particulières renchérirent encore sur ces règlements. L'oubli a fort simplifié en ce point les devoirs des

i. Cone. Trid., gess. IV et XVIIl, et les règles De libris prohibUû portées pftr le concile et approuvées par la constitation Ihmiwei le 21 mars iSGI (Labbe, Conc., U XIV, col. 050 et solv.).

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fidèles : bien des personnes ne savent pas sans doute qu'elles sont sous le coup de Texconimunica* tion dans le diocèse de Paris en possédant chez elles les Provinciales de Pascal.

On dira peut-être que j'ai pris l'orthodoxie par son côté sombre et sévère, qu'il est un catholicisme plus complaisant, qui a su pactiser avec les nécessités du temps et jeter un voile sur de trop rudes vérités* Je le sais ; mais, de tous les systèmes, celui-là est le plus inconséquent. Je conçois les orthodoxes, je conçois les incrédules, qiais non les néo-catholiques. L'ignorance profonde où l'on est en France, en de* hors du clergé, de l'exégèse biblique et de la théolo* ^e a seule pu donner naissance à cette école super^ ficielle et pleine de contradictions. C'est dans les Pères, c'est dans les conciles qu'il faut chercher le vrai christianisme, et non chez des esprits & la fois faibles et légers, qui ont altéré la doctrine chrétienne en l'adoucissant, sans la rendre plus acceptable*

Dira-t-on que les temps sont changés, que l'Église ne songe plus à faire (e qu'elle a fait jadis? Ce n'est donc que pour mieux servir sa cause qu'elle se désiste' de ses droits. Si elle nous permet la liberté, c'est qu'il serait trop difficile de réprimer nos écarts. On nous abandonne à la dureté de notre cœur; on

nous laisse respirer, parce qu'on ne peut nous étouffera La liberté est une grftce qu'on nous accorde, ane aumône qu'on nous fait en soupirant. Nous n*en voulons pas à ce titre; la liberté est notre droit, et non une concession que nous voulons devoir aux temps mauvais : c'est notre droit de dire notre pensée sans autre contrôle que la raison publique. Pas de générosités faites de ce qui nous appartient!

Et pourquoi, je vous prie, la répression seraitelle maintenant moins nécessaire qu'autrefois? Seraitce qu'à vos yeux l'opposition au catholicisme est de nos jours moins dangereuse? Vous ne le croyez pas sans doute* C'est donc que vous ne pouvez faire autrement. Vous êtes modérés, parce qu'il vous serait dangereux d'être violents. Ce n'est pas de la tolérance que de souffrir ses ennemis, quand on n'a la force ni de les enchaîner ni de les brûleré

Dites-le franchement : si vous étiez les maîtres, que feriez-vous? Inviteriez- vous la pensée à ouvrir ses ailes en toute liberté 7 Vous livreriez-vous sans

i. Voici, par exemple, la tliéorie des catboliqaes sur rédltdeNaotet et la révocation de cet édit. Henri IV, disent-ils, a dû le porter, parce quMt ne pouvait faire autrement (et ils détruisent tout le carac* tère de ce prince pour prouver qu*en fervent catholique il n^accordaSt rien à Thérésie qu*à contre-cœur). Louis XIV a dû lé révoquer, du moment qu*il a été assez fort pour cela. Le pouvoir a toujours été la meaure de la tolérance de rËgUse.

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pkstron aux coups de la critique? Non; voud vous retrancheriez derrière le nuage d'une révélation it évidente »; vous relèveriez la vieille idole du rea* pect; voua traiteriez vos ennemis d'aveugles volon-* taires, de pervertisseurs de la conscience publique i vous seriez conséquents et chercheriez à les extirper à tout prix. Vous feriez, en un mot, ce que vous avez fait sous la Restauration, ce que vous avez fait toutes les fois qu'un pouvoir complaisant a bien voulu vous prêter la main, à charge de retour. Ne parlez plus de liberté, de tolérance; ne prononcez plus ces mots sacrés de notre symbole; pour pouvoir vous en servir, vous êtes obligés de les fausser. Votre tolérance est un don forcé; si vous étiez assez forts, vous la retireriez : nous ne vous en savons aucun gré.

Que l'Église reste donc ce qu'elle est et qu'elle avoue ses doctrines. On lui tiendra compte de sa sincérité. On l'accueillera avec cette bienveillance qu'on a pour les débris historiques; on la respectera comme ces vieillards à qui l'on pardonne de ne pas se plier aux idées nouvelles, de regretter le passé, même de se faire les censeurs aigres et fâcheux du présent. Que r Église s'entoure de ce parfum de vénération^ qui s'attache aux vieilles choses, mais qu'elle n'essaye pas de se refaire à la mode du jour. Qu'elle conserve ses vieilles bannières, innocentes anti-

quailles qui ne font naître qu'un sourire; m&is qu'elle ne tente pas de prendre ce drapeau moderne qui jure avec ses habitudes surannées. Un vieillard n'est pas ridicule en conservant le costume de son temps; il l'est en se coiffant du bonnet rouge et en prenant des airs de jeunesse qui contrastent avec sa caducité.

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