LE COQ AUX CHEVEUX D*OR
bant ses longs cheveux qu'elle a coupés et réunis en une seule tresse. Elle va se cacher dans la grotte d'Our et roule un rocher à rentrée. Là elle ralluma le feu, monta sur une pierre, passa la tête dans le nœud coulant formé par la tresse, « et, ayant appelé trois fois Hanaïd, elle s'élança dans le vide. Un instant le bout de ses pieds agiles effleura le sable comme si elle eût voulu fuir devant la mort ; mais bientôt ils pendirent immobiles et glacés. Le feu de genévrier pétilla une dernière fois et s'éteignit.
« Tout rentra dans Tombre et le silence.
» Elle avait vingt ans et avait reçu le jour dans cet antre, j»
Qu'était-ce donc qu'Ized?
Une descendante de l'antique race androgyne issue des anges^ persécutée par les hommes et qui passait pour disparue.
Cette figure, celle de la gorgone, celle de Mouza Tavaleuse de gemmes et plusieurs autres non moins étranges semblent nous faire assister à une époque de crise où l'humanité veut en vain se dégager du cycle antérieur des créations divines devenues impossibles et monstrueuses. L'Atlantide est encore le refuge des fantômes que rêve, ébauche, lance et abandonne au destin la force créatrice exubérante, goules, hermaphrodites, géants, peuples lithophages, plantes colossales, animaux indomptables, constructions extravagantes, ouvrages délirants de l'homme et de la nature, c'est un monde où le grotesque et l'horrible élreignent sans solution possible le beau et le vrai. Il faut que ce monde mixte entre le ciel et l'enfer finisse sans retour on en éprouve le besoin. Il faut que l'androgyne, ange ou bête, se donne la mort, que
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la goule voie les cadavres se ranimer sous sa dent venimeuse, que les mangeurs de salamandres crèvent d'intempérance, que le peuple abruti par la peur des feux souterrains soit dévoré par son dieu, que les tours de Babel s'écroulent sans avoir touché atiî astres ; il faut que la mer passe son niveau sans pitié sur toutes les énormités d'une société aux prises avec lès énormités de la création primitive. C'est aux peuples réputés barbares qu'ils appartient, là comine partout dans l'histoire des civilisations corrompues, de régénérer la race condamnée et d'infuser dans ses veines un sang jeune et vivace.
Hemla est Femblème de cet hyménée rédempteur. Par une fiction ingénieuse, l'auteur lui ôte la mémoire de ses croyances riianichéennes. Elle échappe ainsi à la vengeance de ses dieux cruels et stupides. Elle oubliera jusqu'à leur nom, et c'est en vain que quelques survivants de sa race jureront encore devant die par Niroutka, Pancien dieu.
Elle a perdu ses titres et son prestige ; elle n'est plus la ziris, la fille sacrée, la vierge du feu, la grande euménide. Plus de richesse, plus de puissance tyrannique. Elle vit sous la hutte de feuillage. Dégagée de ses vœux impies, elle est aimée, elle est mère, elle s'est élevée à la dignité de femme. Elle est utile, elle enseigne, elle travaille, elle existé. Là naturô humaine est réhabilitée, purgée de ses aberrations, délivrée de ses époiivarites. La notion d*iine providence intelligente, où toiit au moins d'une volonté humaine capable de braver et de dominer les forces aveugles de la matière, est entrée dans son esprit. Les êlémenté nô sont plus déifiés: L'hoiMe li'est plits ni dièû ni esclave. La femme, &œûr et compa-