‹ Questions d'art et de littératureChapitre 7 sur 61 · LÉLIA ET DE VALENTINE · texte numérisé non relu

LÉLIA ET DE VALENTINE

(Préface de Roman» et Nowelles)

Voici deux volumes nouveaux ^ qui n'ont pas, aveo les précédents ouvrages de l'auteur, une parenté bien étroite et bien intime ; c'est au public à décider co qu'ils valent et la durée qui les attend. Il serait ^u moins inutile maintenant d'essayer de prévenir les ju-^ ges avant l'ouverture des débats. Après la lecture, la question sera jugée et se résoudra d'une façon décisive en dépit des préfaces et des apologies, mais aussi, il faut l'espérer, en dépit des attaques et des interprétations calomnieuse^. D'ordinaire, il est d'assez mauvais goût d'expliquer au lecteur ce qu'on a voulu faire; si l'idée qui a inspiré un livre n'est pas assez claire par elle-même ou n'est pas assez nettement expliquée dans le poëme ou le roman qui lui sert d'enveloppe ou de symbole, les commentaires et les gloses ne servent

1. Ces volumes contenaient : la Marqurn, Lavinia, Métella el U SmiUiirê intime.

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de rien. Il faut accepter la condamnation, si injuste qu'elle puisse être; il faut se résigner et attendre du temps la justice lente, mais inévitable, qui ne manque jamais aux pensées vraies. Ce parti, qui, dans le plus grand nombre des cas, est à coup sûr le plus sage, n'est pourtant pas toujours acceptable. Depuis quelques mois, les attaques dirigées contre l'auteur de Lé" lia ont pris un caractère tellement grossier, tellement personnel, qu'une réponse publique est devenue nécessaire ; toutefois il faut faire dans ces attaques deux parts bien distinctes; la part littéraire, que la discussion peut aborder; la part sociale, qui, n'ayant rien à faire avec le raisonnement, ne peut être le sujet d'une préface.

On a dit que Indiana, Valentine et Lélia étaient trois moments d'une même pensée , trois faces diverses d'une intention unique, trois expresssions d'une même volonté, et que les deux premiers livres demeuraient obscurs et inexpliqués sans le troisième. Sans doute il y a entre ces trois livres une fraternité incontestable; mais cette fraternité intellectuelle n'entraîne pas de droit la solidarité littéraire. Il se peut donc faire que l'un de ces trois livres vaille beaucoup moins que les deux autres, offre moins d'intérêt, soit construit sur un plan plus irrégulier, sans que pour cela le blâme et l'excommunication doivent envelopper dans un commun anathème toute la famille littéraire de l'auteur.

L'acharnement inattendu des reproches adressés à Lélia, et la rétractation inopinée des éloges si indulgemment prodigués jusque-là à ses sœurs aînées, font peu d'honneur à la clairvoyance des critiques. Cette colère rétroactive, qu'on y prenne garde, ne va pas à moins qu'à proclamer tout haut que les panégyristes

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