‹ Questions d'aujourd'hui et de demainChapitre 66 sur 70 · DE L'UNION DES REPUBLICAINS · texte numérisé non relu

DE L'UNION DES REPUBLICAINS

Les républicains de Figeac à MM. Thiers, Louis Blanc et Gambetta.

Messieurs les députés ,

La République, gouvernement de faitaigourd'hui, gouvernement de droit toujours, étant menacée de sombrer sous les intrigues jésuitiques, les soussignés, électeurs de la ville de Figeac, heureux de partager les sentiments de rimmense majorité du peuple français, ont Thonneur de s*adresser à vous, citoyens éminents par le coBur et Tesprit, pour vous prier de continuer hardiment l'œuvre de nos pères de 89, si fatalement interrompue par les restaurateurs monarchiques .

Tous les trois, enfants de vos œuvres, tous les trois sortis du sein de la démocratie, et représentant ses diverses nuances dans leurs hautes et patriotiques aspirations, vous êtes les guides, les défenseurs autorisés

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da grand parti national, qui ne recalera devant aucun sacrifice pour défendre le soffrage universel et la République, qui en est Témanation.

Vive la République !

30 septembre 1873.

Mes chers concitoyens , Votre lettre est un appel à Tonion de tous ceux qui veulent le maintien de la République.

Je n*ai point qualité pour parler au nom des

deux hommes considérables auxquels vous me faites l'honneur de m'associer dans Texpression de vos sentiments ; mais je vous dois une réponse , et je m'empresse de vous dire que, quant à moi, je regarde l'harmonie des volontés et des efforts dans le parti républicain comme la nécessité suprême de Theure présente.'

Je ne suis pas homme, vous le savez, à faire bon marché de ma foi politique. Les principes sont des intérêts permanents; les expédients^ des intérêts transitoires. C'est une triste sagesse que celle qui consiste à sacrifier ce qui dure à ce qui passe.

Je tiendrais donc pour insensée, autant qu'im« morale , toute alliance conclue aux dépens des principes , toute alliance ^ par exemple , — si pareille monstruosité était concevable — entre républicains et bonapartistes. Pour que les uns et les autres votent, contre la monarchie de droit divin, il n'est pas besoin que leurs mains se cherchent. Â combattre la fusion,

les bonapartistes ont un intérêt qui est celui d'une dynastie , et les républicains en ont un qui est celui de la France : à chacun sa besogne. Mais qu'y a-t-il de commun entre la doctrine en vertu de laquelle un peuple s'appartient et celle en vertu de laquelle un peuple appartient à un homme, roi ou empereur? Nous, marcher côte à côte avec les partisans du régime impérial , comme s'il nous était loisible d'ignorer d'où ils viennent et où ils vont l

Il n'y a d'union honorablement possible qu'entre les diverses nuances du parti républicain, et en vue d*un but parfaitement défini : le maintien de la République» ou, ce qui revient absolument au même, le maintien de la souveraineté nationale.

Peut-être n'avez-vous pas oublié qu'à Bordeaux, dans la séance du 17 février 1871, je prononçai les paroles suivantes :

« La République est la forme nécessaire de la souveraineté du peuple, parce que la génération présente ne peut pas confisquer le droit des générations futures; parce que, s'il arrivait au suffrage universel d'établir une monarchie, c'est-à-dire un pouvoir héréditaire„un pouvoir immuable, le suffrage universel se suiciderait, perdrait sa raison d'être; la souveraineté d'aujourd'hui se trouverait avoir détruit la souveraineté de demain, ce qui implique contradiction. »

Pas une voix ne s'éleva dans TAssemblée pour réfuter cette doctrine, adoptée depuis par Thomme qui

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afait mis autretois le ptos d^aideor à la combattie : M. Emile de Girardin. Mais, en ce moment, la qaestkm pofir les foskmnistes nest pins même de saToir si^ à la (àooa des sophistes da céaarisme, ils înroqaeront le suffrage unirersel ai (àTeor d^on (Nrincipe opposé à son essence ; slls ponssenmt la sonT»aineté nationale à abdiquer, soos eooleor de Ini rendre hommage ; s'ils demanderait à la sonrerainelé d^anjonrdlmi d'attenter à œlle de demain, et anx pères de disposer d'aranœ, arbitrairement, inscdemmâit, de la fortune de leurs enfimts : l'^daee des fusicmnistes ne connaît pas ces détours. A leurs yeux, le suffrage uniTersel ne mérite même pas l'honneur d'être trompé ; il ne compte pas. C'est sans le consulter, c'est avec la couTiction qu'il se proncxicerait ccmtre eux, c'est dans une Assemblée élue sans mandat précis et dans un tout autre dessein, c'est à la majorité d'une Toix, faute de mieux, qu'ils se préparent à nous donner un maître. Qu'est-ce que la France? On disposera d'elle, sans elle, et contre elle.

La résistance à cet attentat^ Toilà sur quoi doit porter le concert des républicains de toute nuance. 11 s'agit de s entendre pour que le pouvoir de r^ler le sort du pays reste au pays, qui est le vrai souverain, le seul souverain, le souverain l^itime; il s'agit de sauv^arder la République, non pas dans telle ou telle de ses applications, mais dans son principe. Nous n'avons pas à opposer telle conception républicaine à telle au-

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tre, lorsque Tautorité du tribunal souverain est méconnue. Avant d'examiner quelle serait la meilleure des républiques, il importe de faire que la nation, qui a seule le droit de trancher la question par des mandataires librement élus, en conserve le pouvoir.

De là la nécessité de l'entente à laquelle votre lettre nous convie.

Mais est-elle, aussi facile qu'elle est nécessaire?

Oui , dès que son but est celui qui vient d'être indiqué.

Je n'ignore pas de quelles préventions les républicains auxquels on est convenu de donner le nom de radicaux ont été ou sont encore l'objet, de la part de quelques-uns des républicains qu'on appelle modérés. Les premiers ont eu beau prouver leur modération en ne demandant à la République que ce que les seconds ont un intérêt égal à attendre d'elle, savoir : la liberté de conscience respectée, la liberté de réunion et d'association garantie, la liberté d'écrire placée audessus des fausses terreurs et des faux caprices de l'autorité dominante; et des réformes, graduelles, prudentes, ayant pour objet de mettre de plus en plus à la portée des travailleurs les instruments de travail, à commencer par le premier de tous, l'éducation ; ils ont eu beau démontrer qu'ils méritaient, eux aussi, ce beau nom de modérés^ par leur respect de la légalité, par leur calme devant des provocations systématiques, et, dans l'Assemblée, par leur adhésion, plus que dé-

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