DE LA. MISE EN SÉCURITÉ DES FORTUNES ACQUISES
N'est-ce pas une ironie de la société vis-vis des producteurs, cependant les seuls artisans de son développement, qu'il soit impossible d'obtenir le repos auquel on aspire après avoir peiné une partie de son existence, parce qu'on n'est jamais sûr de posséder en sécurité absolue la fortune que l'on a acquise. Sans cesse il faut veiller encore à son bien et s'occuper de placements.
Si l'on place sa fortune en fonds d'Etat de petits pays, la banqueroute ou l'absorption des petits pays par les grands est à craindre; en fonds d'Etat de grands pays, l'intérêt est dérisoire; en immeubles, on doit les surveiller, il se présente des difficultés et ils subissent des fluctuations de valeur; en affaires industrielles et commerciales, on est menacé de non-réussite ou de décadence; enfin, si l'on divise sa fortune en placements de tous genres, on tombe dans la complication et les ennuis.
Le fonds de participation aux affaires générales, ou fonds de libre socialisation, échappe à tous ces inconvénients. Si les lois sur les sociétés industrielles et commerciales étaient préalablement modifiées dans le
sens entièrement procluctiviste, ce fonds serait de nature à offrir une sécurité presque absolue. Elle serait même absolue, semble-t-il, si ce fonds existait dans chaque pays et si l'on prenait, pour ses placements totaux, une part proportionnelle à la productivité même de chacun.
Et néanmoins on obtiendrait ici un intérêt supérieur à celui que donnent les fonds d'Etat et bien suffisant pour que chacun fût, en principe, disposé à y recourir. D'ailleurs, il mènerait graduellement, par le fait, à la suppression des emprunts d'Etat, car chaque Etat le constituerait vraisemblablement pour y trouver, avec l'intérêt comptabiliste et l'impôt unique sur la fortune — le premier devant aller progressivement en diminuant comme lui et le second en augmentant en raison de ces deux diminutions — les ressources qui lui sont nécessaires.
Sous tous les rapports donc, ce fonds apparaît comme devant répondre aux nécessités les plus urgentes de notre époque de fermentation et de remise en question des principes et des idées. Il serait peut-être aussi un excellent moyen de mettre d'accord, sur un point fondamental, partisans et non-partisans du principe de la réglementation ; car, sans entamer en rien le régime de liberté qui régit jusqu'ici la production, il apporterait à la société le moyen d'assurer la sécurité et la tranquillité des vieux jours à ceux qui ont consacré leurs capacités productives à faire sa grandeur et il mènerait à collaborer à la socialisation, malgré leurs propres convictions, mais néanmoins librement, les plus invétérés adversaires de la socialisation.
La société automate, formules d'automatisme
ET