‹ Questions d'énergétique socialeChapitre 20 sur 20 · V. — Conclusion · texte numérisé non relu

V. — Conclusion

Une conclusion s'impose. Nous avons la conviction que l'évolution politique dont nous venons d'esquisser les grandes lignes s'accomplira — en dehors même de toute S}-stématisation consciente — comme conséquence fatale des lois énergétiques qui régissent les phénomènes biologiques et sociaux. Et, si nous cherchons ici à influencer le mouvement politique moderne en exposant notre pensée, nous ne nous sentons en cela qu'un simple membre du groupe social belge, que la loi énergétique qui dirige son organisme vers la productivité oblige à y jouer un rôle déterminé de pure mutualité, en apportant ce qu'il croit être la lumière dans un domaine où prédomine encore le seul empirisme, et où il serait essentiel de savoir enfin scientifiquement ce que l'on fait, ce que l'on devrait faire, pourquoi l'on agit et où l'on va.

Dans cet ordre d'idées, ayant en vue le côté applicatif au même titre que le côté théorique, nous avons déjà fondé un Institut de Sociologie appelé à s'orienter nettement dans la voie énergéto-productiviste. Il lui incombe la tâche, dans le domaine de la science pure, d'étudier, de préciser, de développer les multiples détails qui se rattachent aux points de vue que nous venons d'exposer et, dans le domaine de la science appliquée, de préparer les moyens de réalisation et de créer un mouvement en faveur de l'introduction graduelle des principes énergélo-productivistes dans la politique internationale et dans la législation.

L'Institut cherchera, notamment, à constituer un Comité international d'autorités aptes à s'organiser entre elles en

vue de la constitution d'un parti international de politique positive et de tenter ainsi, effectivement, d'introduire la méthode scientifique dans l'art d'organiser et de faire évoluer les groupes humains et l'humanité.

On le voit, notre but est catégoriquement défini : nous visons l'étude et l'effectivité ; la première pour la seconde, mais non la science pour elle-même, sans objectif de réalisation.

En vue de stimuler les recherches dans les directions générales que nous venons d'indiquer, nous mettons au concours les questions suivantes qui se rattachent directement aux principales d'entre elles :

i° Enumérer, définir, évaluer et classer les éléments qui doivent servir à déterminer la valeur énergéto-productive d'individus, de groupes, de localités, de contrées, de nations. En déduire des formules qui puissent permettre de coter chaque individu, chaque groupe, chaque localité, chaque contrée, chaque nation d'après sa valeur énergétoproductive;

2° Chercher à déterminer, avec projet d'application, la valeur des indemnités à distribuer pour chômage involontaire résultant du progrès de l'outillage social et précédant la réduction de durée du travail obligé;

3° Chercher à déterminer, avec projet d'application, le coût de l'accroissement de l'instruction capacitaire qu'il serait possible d'introduire en raison du décroissement de la durée du travail obligé ;

4° Etudier, tant au point de vue fiscal qu'au point de vue économique et social, les conséquences pouvant

résulter de la disparition progressive des douanes Formuler un projet d'application pour divers pays;

5° Chercher à formuler les mesures qui seraient à prendre pour favoriser les groupements de la production et leur internationalisation, en vue notamment de préparer la disparition progressive des douanes ;

6° Chercher à évaluer l'économie qui permettrait de réaliser, pour les nations ayant de fortes charges militaires, le désarmement judicieux résultant de l'application des principes énergéto-productivistes;

7° Mettre en parallèle les économies à réaliser, par le désarmement progressif et par les simplifications et l'unification de l'organisation sociale, d'une part, avec les dépenses imposées par les mesures faisant l'objet des 2°, 3° et 4°, d'autre part;

8° Chercher à formuler un projet d'entente internationale en faveur de l'adoption des principes de politique positive et formuler des règles pratiques pour leur application progressive ;

g0 Chercher à définir les mesures pratiques les plus avantageuses pour introduire progressivement le Comptabilisme social dans l'application;

io° Etudier les condiiions de fonctionnement pratique de l'impôt successoral unique, sous sa forme simple et sous sa forme réitérée. Formuler des projets d'application en tenant compte des diverses législations;

n° Chercher à déterminer et à évaluer les avantages qui résulteraient de la création du fonds gouvernemental de

participation aux affaires générales ou fonds de libre socialisation et étudier les probabilités de son développement dans les différents pays;

12° Etudier, au point de vue du rapprochement vers l'égalité du point de départ, la corrélation fonctionnelle qui devra s'établir entre les éléments fondamentaux de la doctrine énergéto-productiviste et formuler notamment les degrés d'accroissements successifs à donner au capacitariat et à l'impôt successoral unique.

Nous consacrerons une somme de cinquante mille francs à récompenser les travaux ayant trait à ces questions. Ces travaux devront être adressés avant le Ier janvier 1914 à l'Institut Solvay (Sociologie), à Bruxelles. Ils pourront se rapporter à l'une ou à plusieurs de ces questions et ils pourront être rédigés en français, en allemand, en anglais ou en italien. Ils seront soumis à l'appréciation d'un jury désigné par la direction de cet Institut.

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