PREMIÈRE LETTRE
Mon cher et ancien collègue,
Je vais dire au public ce que nous nous sommes dit bien des fois. Voici ce que vous demandiez : quelqu'un qui parlât franchement sur Tenseigne-
* Ces lettres, publiées pour la premièfe fois en 1857, avaient été réimprimées par Tauteur en 1862, dans ses Questions aetuelles, puis en 1864, dans le deuxième volume de ses Essais de philosophie et de morale. Nous croyons devoir les reproduire
ment, même au risque de déplaire quelquefois à nos amis et de plaire quelquefois à nos ennemis. La sâtuÀtfon ïi^èst pats bonne, mdir^, {tULb^f qu'elle est mauvaise, ce qu'il y a de mieux, c'est de Favouer et de la corriger. Recevez, je vous prie, amicalement ces lettres, qui vont à vous comme y va souvent mon souvenir.
La question de l'enseignement n'est pas de celles où il est permis de répondre : « Il y a quelque chose à faire, » sauf à ne rien faire ; il faut se décider, il faut se presser, car il ne s'agit p^s de nous, mais de nos enfants, que nous n'avons pas le droit de sacrifier.
Chateaubriand a écrit dans ses Mémoires : « Il y a toujours, en France, cent contre un à parier qu'une chose quelconqite' nte dtirera pas. » J'espère bien qu'il n'y aura pas une exception pour le plan
telles que M. Bersot les avait écrites, bien qu'elles se rapportent à un état de choses qui s'est considérablement modifié. L'auteur, en 1863, les avait fait précéder de cet avertissement dans lequel il allait lui-même au oievant de l'Gi)jectioQ :
• Depuis le jour où les premières Lettres sur renseignement ont <^té publiées, bien des changements se sont accomplis. M. Rouland a rétabli renseignement sérieuiL de Vhistôire let Tagrégaiion spéciale pour cette faculté ; M. Duruy a inauguréi^ son ministère en rendant à l&i philosophie' des collèges sou doiti, soni étendue et son agrégation particulière; les fonclionnaireâ ne. seront plus révoqués avant d^avoir ^té entendus et jugés par un tribunal créé dans le Conseil de l'instruction publique; la bifutttafcon e«t reculée à la classe de seconde, et on peut espérer qu'elle reculera plus loin. G'-est un grand plaisir, et auquel le& pjkus philosophes ne peuvent être insensibles, de voir ainsi, tomber, pièce à pièce, u& mauvais régime qui s'était, pi^aûs. d'être immortel. *
ment de deifcte 'raison, qxû suffirait >du>b»»iifs,'il^y' en a de bonnes, que j'ai Tintention d'expliquer. Les circonstances sont peut-être favorables. Au ministre qui avait institué le nouveau régime ' a succédé un ministre libre de tout engagement et qui 1^ tenu à -le feir^' comprendre *; imis.rexpié- FteHoe <a'«iiFVèTt^Mi^id8s yeu&, et;, du vivmiirmânie dMttimi«t!*ttiinii^t»e, it était' évid^t qa« to&ohos6« n8^4^uv«aiè(tftt^ i^dsterdans oet ëttiti
Jb'^^artetsio* ocftlé matière, parc&qi» je paistétt?e utflfii, a3^ai^dbn«)^ à r^nisdgfise^eirl^iBl» ^ilng^atm cPàmietéâBv t&K!psi''ën m'a|re(mil6'deaui>d(M¥tt0r; lilèft^ ^^dïm\ attaché 'pi«d(fôïw!émeat è rUjriversité^tt^ns pa^^à^ lX)u«es . lèa» prartiques* qu*e»e» retient rd^ ^ 1- HaM^ DMë ou queDst vo^'^tttéde'SfeiB maîtres peis^agersJttii impode^ i»ais à* i^dn^ esprit libéral, çai* persiâtè^ à> Wsfvaf»'V(}ntm Ym*épvefisves>e^ ne se relise à aucun ppôgrèd. Je parlfe^ peut^tre- avt^c vivacité, je ne^ m^ëu/ défettds^ pa»^ : j'aime le bon sens^; le faux ne fISbpaB du* mal seiriemenft par ses efTôts- propress il- feufise' encore 1^ esprits, qui, le voyant établi, s^lMi)itueiit à croire qu'il est vrai. Je mnge aussi (faiih 'S^agit de e^uiî cfai Aâendroixt apDèsi nous et ffeiWbi: de 4^ -pays m qu'il^seront euxrmiôme^; Dé-
• M..Fortowl. «'M*. Roulimd.
4 LETTRES SUR L'BNSBIGNBMENT
sintéressé de beaucoup de choses, je ne me vanterai jamais d'être désintéressé de celle-là. .
Le caractère propre du plan d'études de 1852, aujourd'hui en vigueur, est la recherche de Tutile. On a considéré les spécialités dans lesquelles les hommes se partagent, et on veut fournir à toutes, ces spécialités. Au lieu donc de viser à une perfection générale de Tesprit, on ne vise qu'à une perfection particulière, on forme le parfait écolier de FEcole navale, de l'Ecole forestière, de l'Ecole de Saint-Cyr, de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole normale. Comme ces écoles s'ouvrent, de. bonne heure et qu'elles ont leur programme d'admission, difficile à proportion du nombre des candidats, on a senti qu'on ne saurait y préparer trop tôt et trop fortement. Aussi, en sortant de la classe de quatrième, les élèves doivent entrer dans la voie des lettres ou dans la voie des sciences; c'est ce qu'on appelle d'un nom emprunté à l'industrie et qui sied bien ici, la bifurcation. Dès lors l'enseignement ne voit plus que l'école : aucun écart, aucun excès ; on les a prévus dans l'enseignement des lettres, qui, naturellement plus vague, invite les jeunes
ÉTAT DES ÉTUDBS > 5
élèves à regarder à droite et à gauche et à courir le pays ; Thistoire et la philosophie, qui éveillent de ces fantaisies, ont été mises à la raison. •
Ce plan est très bien conçu. La séparation des lettres et des sciences répond à la séparation des aptitudes et dés carrières ; chacun de ces embranchenàents mène loin et dessert, chemin faisant, les différentes écoles. Ce que l'enseignement scientifique comporte d'études littéraires, ce que l'enseignement littéraire comporte d'études scientifiques, est bien ménagé; on trouve même appliqué: en
grand pour la première fois cet excellent principe que, au lieu d'enseigner une science dans toute sa
. difficulté à un seul âge et à un seul ordre d'esprits, on peut l'enseigner à divers âges et à divers ordres d'esprits à diverses profondeurs. Je le répète, ce plan, comme plan, est très remarquable ; il pèche dans la pratique : on a supposé des élèves d'une
. espèce supérieure.
.'' D'abord, pour se décider, au moment de la bifurcation, ils doivent avoir une connaissance bien certaine d'eux-mêmes et de la vie. Un ancien a imaginé qu'Hercule, au'commencement. de l'ado-
• lescence, se trouva à l'entrée de deux chemins, le
' bon et le mauvais ; que la Volupté et la Yertu vin-
'■ rent l'inviter à les suivre ; qu'il écouta leurs rai- . sons,' réfléchit longtemps et se décida pour le
6 LETTRSa £KXR.l4'«NfiJBI»NEMENT
verand/p^rti. iC'ëtait Inan éen ]B Mte iisuymirt^^<mt é^^ qui est iuiB:€iirii8e;; âe plu$^ il^saD!aititiémekiiI«irs distinguer >aiit?e le hien et la mal, et aeyvflât «ur ^Qiil délit>6*ait; eiaôn, ilr«e d^pen^tjgua dteilui, iaiecfoi».Jie'i(5hiOix faitr^de te'^i«wa»e toujouî?8>iCMtt", ipoiu! ^éim. 'bon . ou ^mauvais, il n'^^ a t b»soiii*ipi& da da -vioJtmté. j^os enfante, .pjb^s . parâooeesi, ont à.iJMtii|ië«er de maillaure hauns, sur .âiss painte iN^s ohaaurs. >VeR6 .ta^îza scm, om àm iptaœ a^sai kà\m' tBée'de àensLebeiaiQa, celui desuteMrasj et isaluésd^s (scienBBa; jdes ifitti^e», ils Aonomaent la ^rasiaaiksajÊse; âesiacieBces, les qualare^i^gtes^attfu^iipifs eispëpiesioâs âaipl^sipue^et 4e daimie aniits^B^ on teur aidit que pai^ PuQ..ils.'aMr(mtii]|0toiBii^ 'më)deQxim,iitiilitiiB!e^, eiss^,,,pstr'^mà!miaffomtAi magiâtoats, prétoea, at.ie imte. tOn, ilmli^ .^ivâ» âe
deimî2reiaiw..IiW:4»i»^ indifférante «aur las^^wréments ou les ennuis du chemin, vefirnj^,.«mr)iasiit, qu'nnmni&nvQie qui bpJI]£c;^d'aiitPûSs^plvi$iPmd9iits, seidéeûtenbâuii^IeiirFa^yieiiae ::ils 8aj,atto^)d0ns iBi&.tettreBjpar dégoât des ;tbâsrJ6;9»fiirliDimâtjfino8, dains ^les^^oiamsea.ipap dâg;oûti ite» .tbàni«ai€Af4l3s IççianBÀuréeitec. U^ast'iYcaii que'tpliwenra, Jâtseifiâs entrés dans june jle .cas j?outes« en rsentaitlotes ennuis ;pi!éac»tB!:et^aublient Im ^mi^uà ^rmm; aussi,. les! vottfon re9eniprÂJlaiax)iite':ah^d(ai^
jwgp^h ^^qw. par honte de cljiaiiger, ils restent
,Xh)ni|e»^?ir la ;pajr&it8 connm&saçuse de .teçir taptitode, elle jae.jsntfôra pas.ppi^r «u'ite cboigiçsçfit We»; ila»et«feriMl; paç awl de. le»r doi^aer Émsipi'Ia jp^viaiw dô.lVwi^:Pû«;r «a^oir deiax d¥>Sj8gi. : ,KA$; réw^^wwt krmtv&v àm^ Pécole qù il^ veulent .Wfcer,: etraw^^i^e^iqu'il .^urW^ra, de li^ fortmiévde Iwr père, cpii, ,(ifew^ïMSée,. BW^nr^ dwiger leiays .:l4dik^» ô«e iaii?€i d^. w, qu^ad, frfQ)ipattt.obs,tin^rwçp|;ijkiaiia'ë«iQi.lie, cp miv^f^àia porta? Quis fake •Ae 3di, qwwi, wtiié 4ane une camèpe àle^g ataee, d€«i ;pa?:v0BASk Fuiaée ne peuvent ^plus vows aw)»te»if='?'.Avep «ne aptitude , générale, rien n'e^t P^pAa : fOUfû {opmé. son; iftteUîigeDic^, Qn Ven^ploie iai;aii ^li0Hide lleacqpiayen Iè>; mai$ avîec deS' étudias «mta»^«e»,'ûa' notait pffDppre^qu'^ la obo^e qwe iié-
Voe misfe' ermur Axki^SLU d'études est de otç- .po^r lîeepritî lïeitt^mAtMiue bi^aucoQp.plus mmmun qu'il ne Test. Tout le i»o»de n'est p^s^aniÉhé- .inâtiâieE : il y a .dîixiç ie» mathématique» wne aè^^jtrmtifm , f^i^a^te .qui effwQio^e la ^plupairt* des eiprils., Si tout rhoiïarie; n'es^ . pai^ i^atUënîLati^a, toiidi âge nw pto^ ae l'est pi^ : il &iit du teomps .j«yaBt.q»e Pe^giprit des enfaots, engagé d^$.>tes ôhoM* individuelles, • rst^ôpe de <^ cbiosefi ienr
8 LBITRBS SUR L'ENSEIGNEMENT
essence, pour envisager, à la place des nombres réels et des grandeurs réelles et de leurs relations réelles, les quantités pures et les purs rapports. Quant à Tintérêt que ces sciences présentent, il doit être très grand quand on est parvenu à un certain point, quand on sent qu'on possède en elles un instrument admirable qui vous ouvre ce monde où tout a été fait avec nombre, avec poids et avec mesure ; mais, dans les commencements, on ne devine point cette vertu ; les lenteurs nécessaires des démonstrations impatientent; de temps à autre, on voit bien, par plus d'horizon, qu'on a monté, mais la pente est si faible qu'en marchant on ne sent pas qu'on avance. - Par' ces dégoûts des commencements, ou par les difficultés qui viennent après, il arrive ce qui devait arriver : quelques-uns seulement suivent, et une multitude restent en arrière, incapables de se rattraper dans un enseignement où toutes les vérités s'appuient les unes sur les autres, où on ne peut rien apprendre sans savoir tout ce qu'ont appris.
Comme il a supposé les élèves plus sûrs de leur aptitude, plus prévoyants de l'avenir et plus capables de mathématiques qu'ils ne le sont, le plan d'études les suppose aussi plus raisonnables, moins exclusifs. En imposant aux élèves 'des études étrangères à leurs spécialités, en les réunis-
éTÂT DES ÉTUDES 9 '
sant dans de certains exercices communs après les avoir séparés comme en deux nations, on a pensé qu'ils consentiraient à cette digression, on s'est trompé ; cela devait se prévoir et se voit maintenant. ' Renfermés dans la même classe, sous le même professeur, devant le même travail, les littérateurs restent littérateurs, les scientifiques, scientifiques; autrement ils croiraient perdre leur temps et manquer à la dignité des sciences ou des lettres qu'ils représentent. Par malheur, personne ne profite à ces dédains. La discipline des sciences sert à former le raisonnement des esprits littéraires, et les habitudes littéraires ne sont pas sans quelque utilité : d'abord un homme du monde, quel qu'il soit d'ailleurs, n'ignore pas de certaines choses sans ridicule ; puis les lettres donnent les moyens d'exposer les sciences elles-mêmes, et, enfin, elles préservent l'esprit d'une certaine raideur que l'inflexibilité du raisonnement mathématique risque de lui communiquer.
; Voilà, pour ne pas entrer dans les détails, les principaux défauts du plan d'études actuel : il s'adresse à mieux qu'à des enfants et à des jeunes gens, il demande à ceux auxquels il s'applique des qualités rares ou même impossibles ; on leur donne un bel habit, on a oublié de leur prendre mesure. Cela arrive quelquefois en France ; mais d'ordi-
10 LBTTIUIS Sm ;L!'8N8IiaNEMEMT
logue8,'qui .cooimestteiitt :oes liévues ; iM^ aui oqaistmre, ce /sosit AtB JicHomesc'poeittfe, âf» h^mws pratiopiea, ce qui eonsote beaucoup teei.idéoJiQgiios. QRca ^'âulces an^^oohe6/à.adrefl9^au;plw^d/^ tudes, quand ûn:hii.de»Daiuie.e6,qu'Jl a fail/d^icton^
de la pJhilQfsopiûe.
Q y< a tooteei eoittc» de boimo» maiws fmr vesrawander llétude de VbifltoiifQ^ ppremi^remopt lairaiâoa qiae doaoïe Blosmat :« Il <a^ai;t iMQta^ d*ignoatrer te gsnre bmoaîDu » . ^ pcôat < de ^ y w^^de rédvteavtioa, canune; mogram de âw^io^r laiiitaltigonûa, é&e a * »ime utUit^ ip^rticuliùre, Hm .<ps jBsckné «daa^ le jmcmdes, ViiQportmM; ^ei^t j^u'm 1^ aadtae,>deiqu]ei(im i^$pa:aii*oaiI'âitvapp(nise rau.fWilihèga, rinipcadaat >«à laiiaçon de r^^sopinreod^a.: J^ai :T:uimtlraips^j9j!l,.!le pinoftisjijsatr |iak»ixt .nue. Miew, les étèvea la irepiKwsbiisaieiQt.par < é(mt; m, >ieap<wsaignait alors, avec le^. faits, te>oboiis:at r^oardfe de&idëes, l!ârt de la rédaotion,,r^t(dtifitjd9; ils ajoutajeat dsmsi ce t^QP3)stlà, qvand ite:ôtaient^4e toosiie "MotoiKté,. des. leeitare% doe^ an^ys^hd'lij^liemsi mâme desi appnéciatipa^ ; oe$. axecoiQe^,,.QjaQtûcuiiés . ;pe««lant qmtne ou einq : aAouà^ei, .ma; aana- Uadent 9rngiU^i^aaiaiit:prQAta])^9.a)^>me(t9Qoip!iiis aa»s»iâeiite puisqu'on , Ies> a fiupprioi^.Je.medi-
ca^^pie » Sr U ' y < avait et^ods «>4ttel4iiQfoia dan» . îles
qi^qpAe£oia<«ia .a)m^ âe \EkcuUé, rAdmialstmtwi iaimt dos iwayena »âr» pawr i^éd^ire Pensieîgne- ^mwt'à ôtne oe qu^ihdewt ôtve ; juaia onn^a fias
^oanVIe pno&fwieur dicte âesaootmaives. qu'il. fait i^Rsiûte réciter ; te».^lë(yes peni^^coit se donn^ eiti*nim d»»»ïÂm ^nanrations ^ou des igaFaUé^. La i;iai«ration parAt^a peut^tee an à^miie eiKQplQi.a\iec la^fiNioFlgmi Ji^ j'^iipàite beauom dans tewpa-
.^nte L'biatQô)^ yeiio»$^à VtautKeren^eis^ii^aAeAt. OwdtfliQptîâCi Jka;pbUo«(9pbi6!, 3u<on>j||»i)al)e iQgîflue, jWdDiviîtetl^» jçmueeigen^iÀf^de^ di«ii2^ussâojQs.aDr la onÔtbqdQ, 'Wm A la. âaai, owme apfJiGaiioft des /rtgtea^da ila^.BftâthodQ, vcmulewnMWob^ la s^^ituafUté lteiL^imQ,lKe^^$t^»ce< de iDieu,»Ia lih^t^^la K)l «nwale .at Ja yiei'^futum. Om aunait pu pri^ndre iûIa^Uf» qjumtiiâm, mm iimi wal^jprendre adlesjd^, Qxi ^preiMwit'quîlJ y .a ^wft.Diw, gu'ilyi* we 'dfU)fi(»JBn0eii»^9imlQ, ,^pe i^u9 3om9ie8.de$ eçpnîts JHliir«9(ûf»inf]!^^M«^, i?Qiçp^9iMi^le8 d^ aos mau^a^s ^aoKons,;ia6oft^.*piîèj»la wa»t,.ils .^«\prendro»t, à (TQSi^W towte^Jeup ¥ia»la^In^tlhQd^. Yoil^ powfcs 'âl[(mvstd9si]^tl7i^,^'jpaiit^^v^'â^^ des isman^as,
sur eux-mêmes, sur Dieu et sur l'autre yie ? Ils seront bacheliers sans cela. Aux uns ni aux autres on ne dit un mot de Thistoire de la philosophie.
Tel est rétat des choses; parlons-en, mais point en amis ou en ennemis de la philosophie, parlons raison. Comment ose-t-on respecter assez peu ces hautes vérités de religion et de morale pour les placer dans la logique, pour les introduire par cette porte basse et dérobée de la méthode, quand il faudrait, pour les recevoir, ouvrir Tesprit et rame tout grands, et les montrer comme les sommets de la science; quand il faudrait imprimer dans les jeunes gens cette pensée quUl ne s'agit pas là d'analyse ni de synthèse, dlnduction ni de déduction, mais de notre dignité, de notre bonheur, de tout l'homme ! Comment ne craint-on pas de compromettre ces vérités en les subordonnant à une méthode, quand il est certain qu'elles sont au-dessus de la méthode, qu'elles se forment en nous , non par l'artifice des procédés , mais par le mouvement spontané , de l'âme , qui se sent libre dans l'action et avant l'action immatérielle, quand elle résiste au corps; immortelle, par ses nobles instincts; qui connaît la distinction du bien et du mal par la conscience',* la satisfaction intérieure, le remords, et l'existence de Dieu par le spectacle du monde et d'elle-même,
la philosophie se bornant à forcer les hommes de faire attention pour voir ces vérités en eux, pour les voir telles que la nature les y a gravées de sa puissante main. Si les esprits voués aux études littéraires ont besoin de ces vérités, si, sans elles, ils ne comprennent ni la littérature, qui vit des idées religieuses et morales, ni l'histoire, qui suppose au moins la liberté et la distinction du bien et du mal, ni en un mot rien, où a-t-on vu que les esprits voués aux études scientifiques n'en ont pas besoin ? Les jeunes élèves de médecine iront dans les amphithéâtres et dans les hospices, bien pourvus de. physique, de chimie, de mécanique; en voyant l'influence des organes sur la pensée et sur le sentiment, ils seront tentés de matérialisme, et personne ne les aura avertis, personne, prévoyant l'objection redoutable, ne l'aura discutée et détruite ! Ces savants ne lèveront jamais les yeux de dessus leurs livres, et, en observant le train des choses humaines, ils ne seront jamais tentés de croire que nul être sage et juste ne le conduit? Il n'aura pas été utile qu'un homme exercé, soulevant à l'avance les difficultés qui doivent se soulever d'elles-mêmes un jour, les examinât sincèrement devant eux et y répondît ce que la raison répond pour raffermir la croyance à Dieu ? A quCji enfin sert-il de cacher si soigneusement ^^x
14 LETTRB5 l^fr VKÉtSBiÛJfÊSMKHT
ja moft 'gêfW; q^el»qa'% matent, PtiMoil^défà^pBi^' ICttophie, oonmie'si, de» leur entt«é^ dans IcriAOïiilè; ite ne^vmeïit pas y i^aoMitiferitouDes les erwiirs^ attiëifiAme-, panUtéisme, nfatë^iàiisHMs*, fatftlii«i&,. comtnufiisme,etc., ormime' si'Oê^fte'iàBOteenoecFéEHprtt, «i préciettsemeirt 5 conservée, dormit servir -S ^ aut;re crtose qu^Â le» efi^poser seme^ ûéf^se àlà^ sëdttction de do^rïneHB quite adiiftjrmt' pour-^ tenu* ' neuTéauté, ^ qui sont deuleitteiit' ti«iiië& • mioste l«'ittdndel Quelle' pitié!
Le'pvMic» ùAt peu' d'attention à 6e»*réfot9»eB^ de>lë>phili^ophTe et^àe VhteMipe^ partie q&'li anélé tn^ ù^xppéée-\ai bif\ikfoa«iôn et ti<è&>atlëlitir-à«aL' 8«ivre'te»elfêts; pourtâtit/s'ii y aqual^e k^ûb^ (foi mérite le blâme, o'^t cela. Les- âmtëUTB^ddpMti. d^études ont pu,, mn» }& savoir, se trompm* jmr les résuttate ftitttiPs dfe la bifurcation ; mais (piand ils portaient la main sur deux enseignem^ettts libéraux, ils savaient ce qu'ils faisaient* et iifl étaient sâHS exeuse. Je cmins quUl ïie fetillO' appliquer ici> le mot de Gbamfort sur la Harpe : « C'est un homme qui se sert de ses défauts p^aur cacher ses vices. »
Le plan d'études, si sévère pour l'histoire «et. W pfhilôsophie, a mainttou, a' fèrtilléla< pratiquerai»^ Mats latins et des> diftoours Mlns» Je ne goêM^x pl«4'utiHté des vers latin9-et dfes' disdotfï^- latUt^y
je- 'R» dis de bbttae fdl^ ji^mets méia&f.&i <&!.> retits fi9£âs^ s^s^ 1^ '^i^oitémLtssttt, fuf cm :pfelut ëcrim >* .ett^%fiti, Vôi^oir^pr^ise; maiB àcdtédB câtteqUesT-
Yiennen^oes aUtms> qoéâttoBS • : ài Gdmftîenr â^out-dla ^ if^ds? l^,t<lià&s- tm't^m^tdonti)éfé^<^iutes ls)y, a-t^l amoun iâtiTMl t>i^ElS'4itîr0 ({«o^œM'^là? Rëponkloiia-^ ffâHâhemâni. S^ Ufte oth^quaultaiiie dfëlèves qfà
jrtfrssent on fAi'vettinént'prdâter^n «eïiigenrea,<»t arririéfit à i]^l^«ie^tàtettt ? coïnMiên , sii de ^i»D4ài on . dte <îeiwt cpii i^d«»ttnetttà'éti*e'prof^ clËrwa )e& ôtep, car ^enfit) renseignement n'est pas ; fait peur le • pneflâssepat; tnais le.piiofèssM»?at:pomr l'èâseignement^ Géisc êtaïà, il ne s'agit .t>li£9 dlaSech tlX5n ou de v&a&me f&nr ou coïrtpe certains exercices, et Yoici tcutè la question. : PenseigneïneiBt. edt41 fait poar lé grand nombre ou pour le petit, n'ewibre?n me sewiblequ^on ne peut la pélgRouduÉr, que d'une^ seule manière ; pourmon compte Jen'bé^ site pas. Llenselgnement, si on . a qneBque. cons-icifence, doit s'adresser à tous, se préoccuper dès : écrits ordinaires qui forment Timmense, maje^ ritéf prendre par la main les élèves de capacité c^e^ammne, leur apprendre à marcher, les mener* attts^i loin que possible. Geusc qui toi des ailes vgh' leront. n ne faut pas s^ei^én^d'jnfiuenœîde.l/en^'
seignement sur les esprits supérieurs : ceux-là trouvent toujours leur route; quand ils ne se forment pas tout seuls, leur génie original se forme sous les maîtres môme qui le contrarient, ils sortent comme Voltaire des écoles des Jésuites.
Je voudrais, pourquoi pas? qu'on donnât à lire de bon latin le temps qu'on met à en faire de mauvais ; je voudrais qu'on sortit du collège possédant son antiquité. On discutera tant qu'on voudra contre les anciens, ils ont ce mérite : ils ont rendu les idées simples dans leur forme simple, sans recherche de l'effet. Il y a des classiques dans tous les temps et dans tous les pays, ceux qui, éminents par Tordre de la composition et la pureté du langage, laissent des modèles sans danger ; mais il n'y a d'anciens que là où se rencontre la naïveté, et la naïveté n'est pas plus facile à retrouver dans les lettres que, dans les sciences, l'étonnement. Anciens et classiques sont sans aucun doute les hommes avec qui il convient de faire vivre la jeunesse, si on veut la nourrir de ce qu'il y a de plus sain et lui donner le goût de la simplicité, sans laquelle il n'y a pas de grâce véritable ni dans la vie ni dans les écrits. L'Université l'a toujours voulu; c'est, dans tous les programmes, la partie qui ne change pas; et pourtant les élèves connaissent-ils suffisamment ce qu'on tient à leur faire connaître? Je
^TAT DBS ÉTUDES 17
- ne le pense pas, et je dis tout de suite pourquoi : l'explication remporte sur la lecture, la grammaire sur ranalyse littéraire. On prend dans un auteur une partie, on ne permet aux élèves que le texte, et ce texte est scrupuleusement interprété à travers une année, morceau à morceau. C'est une ' excellente étude de langue ; mais la grammaire a ' peu:d*attraits pour la plupart de ces jeunes es- . prits : ils suivent le professeur parce qu'il le faut, : et ne sont pas intéressés comme s'ils lisaient tout : un ouvrage de suite. Il est vrai que, pour cela, on devrait mettre entre leurs mains les traductions, lire, analyser avec eux les auteurs, noter avec eux les plus beaux passages, leur donner le désir de lire ces passages dans la langue originale, les expliquer devant eux en leur imprimant le sentiment des beautés étrangères, leur annoncer qu'ir y en a de pareilles dans d'autres ouvrages et d'autres auteurs, où on irait les chercher ; ils prendraient ainsi une grande considération pour la littérature qui est si puissante pour charmer ou pour remuer
les esprits, et pour quelques littératures particu-
lières où cette puissance paraît. Disons-le, la Jécture
i des auteurs français ne remplace pas celle-là : notre dix-septième siècle, qui figure principalement dans les classes, est trop sévère pour de tels lecteurs; ce qui le rend pour nous, plus âgés, inestimable, ce
48 LETTBBS SDK.Ii'8N6BmNEMENT
fond sédewx où panatesent ccmstaawiniwït ieavgMncte^ règles du ^oùt et de la vie^ oe ioni eat fait poftir efJwer la jauaes^B, On Fétonn€(paitiàii«n l'amenait à croire qu'il; y a ohez les liatins et;?les GreQ$, chez les Sreos surtout, une multitude :d?onvBages.qui renobanteraient, qu'ils .pouiraieïitirKre Homère comme les Mille et tme nuitSy Hérodote eoHune un roman, Tiai(Cite oomme une satire contemporaine ; qu'en ouvcanl Démostiièn^e , Ëiacbyle., Sophoole., Euripide, ils auraient des plaisirs d'éloquence et de poésie comuae on egà a au théâtre ou dans rassemblëe d'une nation libi». Si l'éducation doit apprendre qoéique chose, elle doit surtout donner le désir d*iippi?endre ; si elle doit nourrir Tesprit , elle :^dcât aurtout.exciter son appétit, 4ui créer des goûtai toi imprimer un mouvement et qui dure* Quediaeim jiuge l'éducation présente par cesprincipes^-Lettrès ou sciences, je voisbieaa qu'on donne au9D;pe»nés gens une clef pour ouvrir les trésors quê^gïles renferment, mais ils n'ont pas envie d-entrer.
Trop longtemps, dans l'Université, surtaxât aous l'ancienne administration des lycées, la le<!twe a été regardée comme du temps perdu • ou comme un danger. Du temps perdu? Sat<^e qu-^e ne nourrit pas^ Est-ce qu'elle n'éw^ie pas l'esqpclt? Est-ce qu'elle ne lui fait pas-BOirtir
^TAX DKS ^TUPSS 19
çu'U existe? liîn d^eiger? Tout est da^gerei|}ç:,pQur une âjQfte ioerte, msds quand eUe est vivante, 1^ twreat.da la vie emporte tout. W^^ de Sévign('% .,qui en^eigftait à ]»<?"• de Grig»an à a«aer s^;flHe, lui w^eigiiait an»jif.à rélever et lui écrivait dws sift*hardie«;s.e : « Powr Pauline, cette devoreu15je.de » livres, j'aime mieux qu'elle en. avale de, inauT^ïais » çue de ne ^poinît aiwer A lire. » (i5 jajivier l,69J(),)iB'oFcez.méB;e un.peu.le sens q^aAd il »'^git 4eî;ig|irç9»l^,. c'est. J^pure raiso».
<)» ^ préoi^ejcjxpie du ijdveau, des -études -avec
^japde r^o» ; auel est le mpyen de le main-
,te»ir'? .Be»dre Tensieignement plus diCftcile?
!NQ^,.qHoi. qu'il. semble. Car une fois ^enseig^e-
ment élevé, il reste à élever les jeunes gensjuis-
q[U'à.V.enseigfjemen±,.et c'est là la difficulté : il no
.sWiÇftt .pa3 de.les tmr à ; s«)i, il iaut.qu'Us suivent.
ftiç, il yim^a, toujours quelques écrits. supérieurs
,gui. suivront; ma,is: ce.^ont diçs saillies, des ^i-
nfiïMseî^^.ce nle^.pas u» , niveau, ; le 1 ni veau s^eca.. là
QÙ,le.'iw»tire auy-a.mojité. Le commun àe^s intejji-
gf»«e(5}<*ont les i^telUgôHQes ordinaires; resprit,a
,s^,taiUetmpye»ne comme le corps, et pour chaque
. i^f Ae- la vie. ; la nature a ses mesures qui ne . spnt
jm^.les, nôtres. Si vous voulez enseigner à qjael-
gij^8tWis,vx)usôtes libre; si vous vjoulez enseiguer
f^ tôu^„'Cowpe, il convient, prenez, la .moyenne et
marchez. A ce compte, dans les lettres et dans les sciences, il y aura quelque chose à sacrifier.
Si on veut aussi se préoccuper un peu du génie de la nation que Ton forme, il n'y a pas à hésiter, on devra donner aux] lettres le plus grand nombre et la plus grande place. La France n'est pas déshéritée de l'esprit' scientifique : elle a en ce genre des noms à opposer aux' noms les plus éclatants des autres pays; mais son génie est surtout littéraire. Esprits singulièrement sociables, nous- recherchons les idées qui,' comme elles'défrayeht la conversation d'un salon, défrayent lé commerce du monde; nous les rendons claires, intéressantes, acceptables partout, et les lançons ainsi dans la circulation de l'univers.
Quand un jour on réformera ce qui existe, ose-
rai-je recommander un intérêt qui a paru moindre aux chefs de l'Université, celui des professeurs ? Ce n'est rien de" dire âùx'"élèves : Respectez les professeurs.il faut d'abord les respecter soi-même, et assurément on ne relève pas beaucoup lé pro-
fesseur de philosophie et le professeur d'histoire,
quand on fait de Tun le répétiteur de toutes sortes
de choses pour le baccalauréat, de l'autre ce que nous avons vu; ni les professeurs de tout ordre, quand, au lieu de leur laisser quelque indépendance pour ménager le temps de leur classe, on
règle de quart d'heure en quart d'heure ce* qui sera donné à chaque exercice, et on les astreint à rendre compte à chaque fois. De plus, en dehors des classes, on les charge de conférences multipliées, qui ôtent aux élèves le temps de travailler par euxmêmes et aux maîtres la liberté de l'étude ou du repos.
Le baccalauréat termine les études ; il ne les termine pas seulement, il les règle ; car l'Administration doit évidemment les mettre en* rapport l'un avec l'autre, et les élèves, au défaut de l'Administration, prendront ce soin. L'histoire du baccalauréat est facile à faire. .Voici les deux grands changements qu'il a subis dans l'usage et dans la forme. Dans l'usage, après qu'il eut été longtemps un certificat d'études sérieuses, le gouvernement s'est avisé que ce serait là un bon obstacle pour prévenir l'encombrement des carrières, et l'a placé à la porte de ses écoles pour en défendre l'entrée ; dans la forme, après avoir consisté surtout dans un examen oral, il en est venu à consister surtout dans un examen écrit. Nous avons à considérer ces changements . • ,.
22 LETTRES StrR L'ÈNSEÏdFlîÉMENT
C'est ane règle constante ^xxe, dé réiiStoÉtetf^étt^ît ' et de Teiâmen oral, il n'y en a jaitfaîs qti'iîXL t^ùï soit sérieux : lorsque Texatoen ^écrît est difficile, rexamen oral ne compta pas, et récipi^quemeitt ; ajtrès un grand obstacle fhancbi, les^eïâfflinatiôtil*!^ se reprocheraient d'en créer un autre * de' . m^èf' force. Or, maintenant c'est l'examen écrit qufést' à peu près tout. Deux compositions, l'une de version latine, l'autre de dissertation, latine encore ou française, six heures d'épreuve à tête reposée, priment naturellement une interrogation de trois quarts dTieùre. Aittsi, cette efn(;ycftypé(Me dès^ôbbnâissances humaines qu'on appelle bactâl^Ariréàt* ès' lettres se réduit, dans la ^râtîtïttê, à'ttné ëprêiî'^ deMtin, seteohdaîrenient de'françfais; et- bôttitoe 11 làtrt renoncer à'Un Mhi qui ait cotrlétir' latine, ou à un français qui ait couleur franteâiise, on ne se* prend qu'aux plus grofs man'quementè ôOTrtre* lagraihm'âilc^, aux violations delà sj^tjftaxe-et-iâurtout^ (le l'orthographe, tout en .les dëptoraiït, et faisairt là part< de rétourderîe et de la peur; S^fl y ô une iml'tie scientifique du baccalauréat lîttfehitre, iry a aussi une coiïviântton tatîte entité lés • candiitetg ^ et les jtrges, lesunsconyehanfde dèmtindîèr peu-, lês autres de ne pras répondre' dataiitage, conwntfOtt qui existe aussi entre les candidate ' au baccalauréat es sciences et les juges de la partie lit-
ténsdire de 1-^sam^!^ isolèiitîfiQiie. C'^ \u fùt^e ctosiebDBe».
On (se rëctie sttr rêtendiïe'dti pr«fgr^â»ïïj» cîô Imi«-
calaua*éat ''littâ^airo, il me semble injuàtGWïeïït, car
jetiŒB'irois'pâ:*ti^op (pt^m pût se passer -de rhis'feôire,
d©4fe» géi^graphie, nioe qu'on en pourrait riôtran-
cbltt; on a«eu.râttèïitl^i!r pour les» élèves* de réduire
à.^euî^la^pMl0sdphî^; enân, la^leoture'deB meilleurs
cnsonciages, dm meiifôttrs autâurs daâf^^ei», est
bten placée ilà; mdig de r^;îd.!¥due du bîiaGaiâuréat
soifinltjSque^mmeiditiîn génëmL rîeïi, tà^dig ^'îl
y 'diâe^HsaiesEiGes^mitfères^'Ottidès pâ^iës? de sïnie&BeB
<|tti« )pfOi!Bmiettt y'éli«adifii£^^^:€^ en être eKcllies
Uteenvesoft. Je n^ënâd^ii n^ninon pluâ:: admirant
oi^^inajBtejetiBembte^ «t i@on'vaÉûietri<jue'ldi science de
nsftwbiaâieUdifô ^Têfmsà\ jedë^^ire seuleimtxt que,
s^iii smnâeût qtielqae)oait3KC)y.snie^ iOn . sauv^ umpre^
gmanne^ pdur mantrer aux géuénatâons futuree
qndteiéft^ilà fô»ie de ^lle^i^ comnve oai oonBertce
le» pesantes dVfitmres de» ctevaiiers pour étornier
nstitê ^ ftdbless^
Le baccalauréat es âi^ienegâ^ est 'ef£igé piditr M ÉGi9iôB fbresttêt^ey milifôiiridt , polj^ehnique., nermdleret pour^PÉColè de méoteoine. &v^ il est intâriMT mis eacanaens d&B Éeoles noronale et pol5^ tâUbaiique, pâs^il^lauxéxâmenfi:sp(éciaax,dës Ésoles^ f«»eatière et millUsiire. Il semble que, sauf pour
l'École normale, où il est le commencement d'une série de grades à prendre, il peut être supprimé pour les Écoles forestière, militaire et polytèchnique, comme épreuve; moindre ou égale, et que, si ces; Écoles ^regrettent quelques parties de Texamen, elles peuvent bien leur donner dans leur examen d'admission l'importance convenable.. Ainsi, chacune se recrutera comme elle l'entendra , le . baccalauréat ne sera plus forcé de se conformer . aux exigences des écoles, et l'enseignement des collèges suivra sa propre direction, poursuivra son : propre but, qui est l'instruction générale, au lieu ; de dissiper l'encombrement des services publics. II. ne sert, même pas .toujours à cela.: Le baccalauréat; étant exigé pour l'École de Saint-Cyr, il fonctionne à sa façon dans les temps ordinaires; mais dès que les besoins surviennent, comme le baccalauréat ne fournit pas assez, et de peur que l'École ne reste . vide, le Ministre de la guerre sollicite l'indulgence pour ses candidats. Ainsi, le gouvernement se préoccupe d'abord de dresser une barrière qu'il se préoccupe ensuite d'abaisser.
-Reste l'École de médecine. Je voudrais. bien sa- ' voir, quel rapport il y a entre la médecine et les figures dans l'espace, les courbes usuelles, la tri- : gonométrie, les formules de la physique et de la mécanique mathématiques. La médecine est à la.
ÉTAT DBS ÉTUDES ; ; 25
fois une science naturelle et une science morale : elle vit de faits qu'elle analyse et qu'elle classe,, dont elle. étudie les causes et les lois; de faits phy-. siques, quand elle étudie la machine humaine, les changements qui y surviennent par son propre mouvement ; de faits moraux, quand elle étudie les effets du corps sur Tâme et de Tâme sur le corps, soit qu'elle voie dans le cours des idées et des passions un symptôme des affections des organes, ou que, pour expliquer les mouvements qui se passent dans ces organes, il lui faille remonter jusqu'aux idées et aux passions, qui ont *là un contre-coup inévitable et un si fort retentissement. La médecine est toute en observation et en induction, nulle part en raisonnement abstrait. Elle n'a donc besoin, comme préparation, que de la science naturelle et de la science morale, et peut ne savoir, en mathématiques, que ce que tout le monde doit savoir. Il est donc bien de demander au médecin futur des connaissances de physique, de chimie, d'histoire naturelle, de cosmographie, et il ne sera, pas mal de lui demander quelques connaissances , morales, quelques notions de l'esprit et du cœur de l'homme, si on ne veut pas qu'il traite l'homme comme une plante ou comme une bête. Or, pour cela, la littérature ne lui sera pas inutile, la littérature, chose humaine par excellence; et si on
26 LETTRES {S0« L'ftNSBtâirftMENT
pemB'ipa^ la ootiiiaissânofer^«'Ulioiiime<aiMe»<{ii«^ qae dïôseà démêler avec la phllosopMe, il fÀudtta s^'rëftigûer à la phllosopbie : aû^yidg^atnme aietu^l, si fbrt sïir la méthode, onajofftefaqn^i^ïeB qmu^ iiom, poia^quenot)^ fUtttrnifédiBohi aipfxrain» peu si'dAnsce oofrpBtiLii-y â* p&B un hâtej iju©! fest cetiMIe, s'iruyapas'enluiuae més^Hi» tine iiiia*gitftttioit, des' sestiïnente. V^Èsiteim pït»gr»mi«e a'fait cesstîrttpulëîr, qwe» n'a pitt» lè'WOTiv«a«#
n fSititcfue le'baoealâtHrëat n© BK«t!plu»'qiie la' pfeave d'ôtudes^Wen ftlites, domtoac- rtlè» peuwiït ^^Wiôftdtfespttr'lfegwiiïd nombre^^iïê^'êispMlÉ^. 'Ffiâ**^ principe, le Waccttlaurtttt^ôà i^oièsaôei^'dtelrtéliâttiiMi^ sonxiabie; le bac^aléttiîéât^'Mb^é»^ ra9ti^6igta»fi»t ses^ëprèUYes écrites, seîi(W«em*,potii«oett^paW, àila version latine,- comme d)ôiiMie'épw«votâ»iMlfi»6tJ*e iMtiçaîs^, épi^euveçui'd'âillëtms'^iwptepa 'saifô'és^ cltire; 'et si^le système^ de teetitfei^, «^tifle^semlilto é!te^4e bon; était appMqné-daflstes^oîàKse», lès e»*minafièars' auPftieftitei droit d'^ôî^^p 'Ç«e4e»^ «eaïi** ()ate'^ecïsi^nt'lu'l«a'aul:eHï«t!^'^oiit i1^* pât>)eât> M'IMi^ d'à^roir lu Hoto^ê3iei'et?'Virgite, pÉa*»'ewèmç*èï éam^
poup*efet usage'.
Ifeiî se Teprësieiitè, à-propoà' de TfeXÉmieni ^tt»- (Iue«*iondti niveanv qtte^ûôtts avo!Mrre»eontt*ôe *liTOpos des ^tûdeiy. Pô^p Mwer, n'y ^a^-il>4ptfâ
éprouvée, à cbâtgêr lè^s pfogrâftfim6fe?'fflè!i» IMeti'
Jtattf L'éiiattfeîiadiïèi difficile ne serti^ aitordatolè
qtl'à-'qtîelctùefs-tms; de là une rëo^lattiati^da UttïVer^
setter; et, clle^ îfe^exâmiîiateui's, larec M mnsdmtB'
d^éxîgértiHJp, lèrfegpet desaci'ffle^'râveHîr ^'tftiit^
dfe ^etmes' gettfs. 0è lettrcôté; les eatidid&ti^, . iûOttH
pEaAëS"de prépater âérîetfôettient to ■ tel e^aaweïr,
pi*e?iïdrt)iït ièfe 'exp^édîéitts ; et ' ce wnt e«6ttx4ài qui ,.
se ppëèetttànt érr fouie ;'à^tlû moment' yf^ttné,' fét^
ceïîtltes portes. Benïamlè^ie^posôiBle, volis4^^«*e2,
ett^combâtfèLnt, tiiate'tbus4'àai*e2r; dëtûand^ pltlft^
V<ytis*attrerïïioiliS', cela-esft'îïïévit&W^i Qtte^^ô^ lë^
gtelàtètïTS'dér'Penîôeig^iièbiiEttt ^àe'pet-suadfeïiit^Biôti -de^
ccftte vértt^ préfttçué*: au dtelàd'iaûpoitit, «n n'est
pliïs m'Mtt^; on ne Mit^plus le «iVeau, il ' se Mt.
Ne Càichtms rien V afttssi Mêii* tonrt 'le 'mondfe lë< sait; pnrffesiseurs, éifeVes' et* parents': afvec Ife^yjstêiïre âttiïel du- baccalauréat, raiàfi coiftitoeAt Hés chtrses âe passent: Bèfts la ciassse de trôfàiigw«v çuei^ qifôfôfe^Vaïft, Un élêrw se pi*ëpati3'spéiclalenïettt* au hâtîcalâtûMéat. En attead:ànti(ïu'il^ppfenfite aut!h? cïïose, îrâpprétitf le* programme; puis, arnréMd^ ce' c^c^rtme, il Nna dMt dènraitt' lui à rexâuiian'; 11 ne' veuitt3*r, ne veut entendre, ne veut < faille ^tpie*^ gttîkûfèhe là: Ô'iiVrîr^son eàprit, se fôrmer^un s^ns^ drtrft; êmïieUîrsott imagination, assurer* son gbût
(je ne parle môme pas des sentiments, pour qu'on ne se moque pas de moi), tout cela détourne. Un chemin à faire, tant aujourd'hui, tant demain, cela est clair, on voit où on va, on sait où on est; à mesure que le temps avance, Fimpatience prend, on ne marche plus, on court, et, parvenu au fossé qui sépare du but, on se lance, les yeux fermés, en
invoquant la chance. Beaucoup tombent au milieu,
quelques-uns arrivent à l'autre bord, pour l'édification commune ; les victimes s'en retournent, se sèchent et se remettent un peu, puis reprennent leur élan. Que la chance leur soit en aide! Et maintenant qu'ils comptent leurs richesses : au lieu d'un esprit vigoureux par une bonne nourriture bien digérée, par de convenables exercices, une mémoire surmenée; au lieu de science, un programme; au lieu de facultés, des numéros.
. Quel est, dans tout cela, le rôle des parents? Les parents, « fort dociles », perdus dans les détours des programmes et pleins de déférence pour la volonté de leur fils, n'interviennent, quand ils interviennent, qu'avec la plus grande, discrétion. S'il y en a qui, par prévoyance de l'avenir, exigent le double diplôme, au moins n'y en a-t-il guère; il
leur faudrait, avec les lumières et la fermeté, de
la fortune, c'est-à-dire des choses qui ne sont pas à tout le monde. Un des étonnements de ce temps-^
ci, qui en a teaucoup, est la mansuétude des parents^ Ils veulent être aimés ; quoi de mieux? mais ils ne savent donc plus que, pour être aimé durablement, ' il •' faut être respecté d'abord,* et qu'on n'est pas respecté' quand on* ne maintient pas la part de légitime pouvoir qu'on a reçue; que,' pour être aimé toujours, il faut, au besoin, consentir un moment à ne pas l'être. Ce courage convient aux pères; et, puisqite par l'entraînement des occupations qui absorbent le père, la conduite, des enfants revient souvent à la mère, je dirai qu'il y a peu de spectacles plus touchants que celui d'une mère qui, avide d'être aimée, de complaire à son fils, de satisfaire ses moindres caprices, s'arrête, et voyant évidemment l'intérêt solide de ce flls quelque part où il ne le voit pas lui-même, prend l'autorité, tandis que son cœur saigne en l'exerçant. C'est là de l'héroïsme, un héroïsme que les femmes tenteraient plus souvent si elles songeaient que' par les coups du sort elles peuvent à tout instant devenir le chef unique de la famille, héroïsme tôt' où' tard reconnu par ceux qui en ont souflTert et qui assure l'autorité pour les temps de crise, et pour le temps même ou on n'a plus le droit de l'exiger.' Du reste, ifest plus facile qu'on ne croit de prendre im parti, en fait d'éducation et d'instruction : il y à là des principes naturels, faciles à con-
30 LETTQWiSW lJfiN$9W7B:MENT
sultan. Bn:éflhwatiaii».il iaut s^tc^ <tray«ail^, «c- Qoptar ime> dlsflj^iliû^, ^appiâer un plaiw* à. un
nuenneat -k«riétu(te9,-géaéraJa)si; tes vocatiûus-d^ . eowyrant J'QfipJicateou, .Afv ec .du\boJX seuset^de Ja .bonueîT«ola»*é,,iV.e»t,TOCor/e/PkQ33il>te4e se rwpufi»ttw.Powl4<PE^arattoftgéuéKalftvWeu dej^s
i\Qm.'ne fio»iwa&.jdu^^u^'ra}u;îen.r4gunQ, eLgulon
00 fait» plu${ pan or(lrefilâ^tpriét]^^,0u«d^$ miUUu^^,
.on pQut délib^r^^Yi^ gpu fil,s^,le Jatre xéfiéçimy
.lui {paTOiiierfitBe » »d toipéï^iw^nieij', constater awç. .lui
' ^ nési^Mate» .llm^iter îàtdistwgwr.4as .déf5û^,.i?ié»Js
#/Ifa faxd;^^ ^ i/icAiAté et Ja/jpiuiâ^uci^^ cçm-
î.purdj? dôvaot lui te^ exigences 4>une>6amèye,a^c
i](ft!'&rtu»e*tet les seepurs. dont? 0». di^oae^;,^^?,
wftHi^ a^iirèet'll^preuw, faite, pj?eudr>e.4a tosbww»-
îWlttéj^umaw^itnwcJaw?. ïliy.ai (teus/ui>^d^lihé?:a-
Itt«xiiiajd9iâ;i .«utoîe {du^.^ GimfHm' de .biau ^^^i^ir
que^iteos/'l^a îft^iivEdianB.ia^oJ^Ue^.de la j^uUQ§»e;
^^i^.afffè^ tqw^'oesfsoi^s, $i>6^ a.mal choiâî.fjiaroa-
?to»jôaimiil¥iwifRfa?ïwdrerseç,. droite, WQ^Itoçi . cfea-
-eua-àisaiplaee*
J'aime.' la. jewue^ee, et j'en ai été ai«ié< <peutètm)»o.up cela, Une fois qu'elle.jest trayaiJteuse.et himaètOif jeiliil^iafgFé d'être viYautç, d'ôtnçrJUeumnsevet jeiuei \m.na v^ew^ipitô ^ ce que Âe,v4^I-
lis. Aussi, je souffre de voir les expériences qu'on fait sur elle : c'est bien assez des pièges que sa légèreté lui tend ; on devrait au moins ne pas la tromper.
Adieu, mon cher et ancien collègue, à bientôt rhistôire détaillée du baccalauréat.
(30 janvier 1857.)