‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 14 sur 65 · AVANT-PROPOS XXI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XXI

et que les uns après les autres se trouvent être des mensonges, non parce que ceux qui les ont faits ont voulu mentir, mais parce qu41s ont été impuissants à se dégager du fardeau des opinions acquises et des coutumes établies. Il y aurait à oser plus d'une nouveauté , petite et grande ; mais si nous avons un parti de destructeurs, où donc sont les novateurs?

Nous voilà bien loin, ce semble, de renseignement supérieur et de ses méthodes, pas si loin cependant, et bien que nous ne voulions pas attribuer à l'école, si haute qu'elle soit, la puissance de transformer le monde, il est certain que, si elle mettait en circulation chaque année, parmi les hommes qui se destinent à la politique, des esprits préparés à l'étude des questions et capables de les dominer, nous arriverions peut-être à mieux faire qu'à nous épuiser sur place.

Mettons que nous venons de dire des utopies. On ne niera pas du moins que l'organisation des facultés, composées d'un corps de maîtres et d'un corps d'étudiants travaillant ensemble, aura pour

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effet d'accroître la production scientifique de la France. Cet effet est déjà visible : il se marquera de plus en plus. Pour ne parler que de l'histoire, il est d'un heureux augure que des revues provinciales soient nées, où se trouvent des travaux de valeur ; que les thèses doctorales deviennent plus nombreuses et qu'il ne s'en rencontre plus où il n'y ait un sérieux effort et des qualités de méthode; que l'on se soit mis à travailler pour ce public d'étudiants, entre les mains duquel on va placer d'excellents instruments de travail, manuels scientifiques et recueils de bibliographie ; que des apprentis se forment ainsi en plusieurs ateliers et que Ton puisse prévoir le jour où de vaillants ouvriers, employés à telle ou telle partie delà tâche, exploreront et fouilleront notre histoire nationale. Ceux qui passent leur vie à étudier celte histoire savent les obscurités qu'on y a laissées, et qu'elles ne peuvent être dissipées que par un effort collectif de travailleurs entendus à la besogne.

Comparez ici encore une Faculté sans élèves à uneFaculté de maîtres et d'étudiants. Vous pourrez avoir dans la première des maîtres éminents, — et des noms de professeurs illustres se présentent tout de suite à l'esprit. — Ils écriront un ou plusieurs beaux livres, qui feront honneur à la littérature nationale et à l'esprit français. Mais vous aurez aussi des maîtres d'esprit ordinaire, inca*

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