‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 54 sur 65 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

de sentir. S'il parle du beau ciel étoile qu'il a admiré à Grenade, il ajoute qu'il remarque bien que le pôle a baissé, que la Grande Ourse, qui est circompolaire en France, disparaît en partie sous l'horizon : t Si je savais mieux mon ciel, ce serait intéressant. On ne devrait pas voyager sans savoir son ciel : je l'apprendrai un jour *. » — Il fait une excursion dans la Sierra de Guadarrama, c montagne bien élevée, dit-il pour sa mère, qui n'a ni précipices, ni avalanches, ni toutes les vilaines manières du commun des grandes chaînes. » Il y admire le paysage, mais il observe le phénomène de la formation des torrents par la fonte des neiges, et il étudie la roche pour savoir en quel terrain il se trouve'. — Les mille choses qui attirent les touristes le laissent froid, ou du moins il n'y va pas tout d'abord ; il commence par travailler, puis, quand il juge qu'il le peut, il se donne une récréation d'un jour ou deux, comme 11 fait à Tolède, d'où il écrit le 11 janvier : « Plus de philologue dans ma peau ! Il n'y reste qu'un touriste! » Il se refuse à se détourner de son chemin pour assister à une fête. Au mois de février, à Madrid, on l'engage à retourner à Séville pour y voir la célèbre foire : c Que m'importe à moi, écrit-il, tel que la Pro vidence m'a bâti, la gaieté andalouse ' î » Il se fait une fête au contraire de « se retirer du monde » , et d'aller passer un mois « dans la tranquillité de l'Escurial. » Admirablement reçu par le bibliothécaire, il fut installé dans une cellule où il travaillait toute la journée, fenêtre ouverte. Sur la porte étaient écrits ces mots : Pax est in cella, forts autem plurima bella. Il a passé là les meilleures heures du voyage d'Espagne.

1. Lettre, déjà citée, à M. l'abbé Magnier, de Grenade, i^^ octobre 1875.

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