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Questions d'emseig*. 21
Enseignement, travail personnel, missions, tout avait concouru à faire de lui un maître. Il y a dans le travail de cette jeunesse féconde une harmonie qui prouve qu'il était dirigé de haut, par un esprit qui savait son chemin.
D'abord, Graux avait en main tous les instruments du travail. A la connaissance des langues anciennes S il avait ajouté celle des principales langues européennes, allemand, anglais, danois, espagnol '.
Il possédait l'érudition bibliographique la plus étendue et la plus précise; il connaissait, pour les avoir étudiés de près, les catalogues des principales bibliothèques de l'Europe; directeur de la Renue des Revîtes, bibliothécaire à la bibliothèque de l'Université, il surveillait l'activité scientifique dans tout le domaine de la philologie ancienne. Il avait dressé pour luimême un inventaire de tous les manuscrits de Plutarque, qui se trouvent dans les bibliothèques européennes. Il était donc admirablement informé, et savait où se trouvait, en quelque endroit qu'elle fût, la matière de son travail.
Il était un paléographe de premier ordre et un critique de textes de grande autorité. M. L. Havet l'a dit âanslsi Revue critique : c H s'était livré avec une patience incroyable à un long et fastidieux labeur, la vérification de 'incipit et du desinit pour des centaines et des milliers de textes manuscrits. Jamais manœuvre obscur et
1. « Il était latiniste; la latinité de sa thèse sur Plutarquc a été remarquée, et lui-même savait juger le latin des autres. > Louis Havet, Revue ci^itique, 1882, t. I, p. i44.
2. Dans ses lettres datées d'Italie, dn voit qu il parlait Titalien, suppléant parfois un mot italien par un mot espagnol, mais se faisant comprendre. Il n'aurait pas eu de peine assurément à se rendre complètement maître de la langue. Cf. ci-dessus, note 1,
docile ne mérita par un travail plus rebutant la pitié des littérateurs. Tout en compulsant les in-folio et en classant ses fiches, Graux, dans le secret de sa pensée, soumettait la science paléographique à une refonte presque générale; il l'embrassait d'un coup d'oeil, et, sans se laisser guider par les idées courantes, il brisait et en reformait les cadres. Nul ne connaissait mieux que lui la forme des écritures; il avait approfondi après Ritschl les questions relatives à la stichométrie; il savait trouver mille révélations dans le genre des reliures, dans les armoiries qu'elles portent, dans la nature des encres, dans la matière du papier, dans le dessin des filigranes, qu'il avait parfois le soin de reproduire dans ses catalogues. > Ses Notices sommaires des manuscrits grecs de la bibliothèqm royale deCopenhagvs ^ sont un modèle du genre; elles disent ce que valent les Notices sur les manuscrits grecs d'Espagne, demeurées inédites, mais préparées pour l'impression, avec copie de nombreux et quelquefois assez longs passages. Son grand travail sur la, Stichométrie, publié dans la Revue de philologie ^ (avril 1878), avait si bien renouvelé les notions acquises sur la matière, ainsi que Graux le raconte dans une lettre à ses parents, du 6 mai 1878, que Blass lui écrivit : « Mes positions sont menacées. » Il avait eu la satisfaction de mettre au jour des fragments inédits, ceux que nou^ avons cités, à savoir, V Éloge d'Aratios et de Stephanose et V Apologie des Mimes, de Chorikios % une Lettre d'Harpocration à un empereur *, un supplément au Corpus parœmiographorum grœcorum ^; un impor-