‹ Questions d'enseignement nationalChapitre 8 sur 65 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

cet obstacle. Il faudra peut-être limiter pour un temps le nombre des boursiers, en calculant chaque année le nombre probable des vacances dans l'enseignement secondaire ; mais il faut faire pénétrer de plus en plus dans le corps enseignant Tidée que la banale, vulgaire et insuffisante épreuve du baccalauréat ne suffira point à quiconque demande à rÉtat qu'on lui confie charge d'âmes.

A côté de ces élèves, qui forment déjà le noyau du personnel des étudiants en lettres, il reste une large place pour tous les jeunes gens de bonne volonté, et il faut dire, en y insistant, que les Facultés ne doivent point devenir des séminaires •uniquement occupés de là préparation au professorat.

C'est chose connue qu'un grand nombre de jeunes gens ne savent que faire au sortir du lycée. Pendant longtemps, tant que les Facultés des lettres ne donnaient pas autre chose qu'une collection de cours publics, il ne semblait pas que ce fut « faire quelque chose » que de suivre ces cours. On n'acquérait point, par là, une qualité. L'aspect de ces auditoires où les têtes blanchissantes ou blanchies étaient les plus nombreuses donnait Tidée que cet enseignement s'adressait à des retraités, non à des apprentis. « Il va toujours faire son droit, disait le père de famille en parlant de son fils, et nous verrons

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après ! » Et b'est ainsi que beaucoup de jeunes gens ont «fait leur droit», faute de pouvoir faire autre chose, sans se destiner pour cela aux carrières juridiques, et alors que renseignement des facultés des sciences ou des lettres leur aurait été bien plus profitable. Chacun de nous connaît nombre de cultivateurs, d'industriels, de commerçants, d'oisifs, qui ont encombré dans leur jeunesse, sinon les salles des cours, au moins les registres d'inscription des Facultés de droit, et dont la place était dans les laboratoires ou dans les auditoires de la Sorbonne. Ils y auraient reçu et des notions plus utiles à leur vie, et cette culture générale, qui est trop rare dans notre pays. Il faut s'attendre à voir durer encore quelque temps cette coutume singulière. On n'apercevra, on ne comprendra clairement que dans quelques années le rôle nouveau des Facultés des lettres. Il appartiendra surtout aux professeurs qu'elles auront formés, et qui resteront, si elles le veulent bien, en relations avec elles, d'avertir les meilleurs élèves des lycées et des collèges, que tout n'est point fini pour l'éducation de l'esprit, et qu'il y a en France un certain nombre de Facultés où l'on fait autre chose que des cours publics et des examens de baccalauréat.

Les Facultés des lettres n'auront- elles pour élèves que ceux qui ne sont point les élèves

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