‹ Questions d'enseignement supérieur ecclésiastiqueChapitre 22 sur 41 · Bulletin, 1900, p · texte numérisé non relu

Bulletin, 1900, p

2. Depuis 1901, le séminaire historique a continué de travailler sur les antiquités et l'hagiographie méridionales; voyez « Saint Vidian de Martres Tolosane et la légende de Vivien des chansons de geste » {Bulletin, 1902) ; « Le diplôme d'indulgence pour la construction de l'église Sainte-Foy-de- Gonques », 1041-1052 » (Ibid.) ; « L'évêché d'Ari§itum » (Ibid.) ; « La formation de la légende de sainte Enimie », (Ibid, 1903); — puis sur l'histoire générale et la patristique, voyez « Les sources de l'Eranistes deThéodoret» (Revue d'hist, eccLy de Louvain, 1905) ; « La formation de la légende des papes Libère et Félix » (Bulletin, 1905) ; « Les fraudes littéraires des schismatiques lucifériens » (Ibid. 1906). — D'autres mémoires préparés ainsi dans le travail collectif du séminaire restent à publier.

sonnelle. A peine arrivé à Toulouse, à la rentrée de 1898-1899, je m'appliquai à intéresser quelques ecclésiastiques de nos étudiants aux travaux, si activement poussés un peu partout en Europe, d'ancienne littérature chrétienne. La critique textuelle ne pouvait être notre fait, au moins au début.

Mais la recherche des sources d'un auteur est une investigation qui ressemble parfois à un jeu : nous en fîmes l'épreuve sur les Commentarii in Genesim du pseudo-Eucher, qui ne sont qu'un centon de saint Augustin, d'Isidore de Séville, de saint Grégoire, d'Alcuin, de nos Tractatus Origenis et de quelques sources non reconnues.

La critique de provenance pu d'authenticité est un exercice plus propre qu'aucun autre à développer le sens critique : nous nous appliquâmes, par exemple, à fixer la date des homélies stationales de saint Jean Ghrysostome, homélies prononcées à Gonstantinople, et dont, depuis, le R. P. Pargoire, suivant l'indication par nous donnée et poussant notre enquête à fond, a pu dé-

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Ensemble et à Tenvi, nous appréhendons de plus en plus les synthèses prématurées et ces schématisations artificielles où se com-^ plaisent les esprits oratoires et doctrinaires. Certes les idées abstraites gardent leur prix : mais combien il est rare que ceux qui les manient n'en abusent point? Pour nous, nous avons le souci dominant de vouloir connaître bien les faits, tous les faits connaissabies, avant de conclure, de crainte qu'une conclusion hâtive ne soit ruinée par l'apparition d'un petit fait nouveau, ou par l'observation plus attentive d'un fait qu'on croyait connaître . Toute construction nous fait trembler pour elle, dont la base positive n'est pas constituée par des faits trois fois éprouvés.

Mais si les enquêtes documentaires et les monographies de détail semblent attirer de préférence nos meilleurs érudits catholiques ; — si nos séminaires poussent et préparent spécialement à de pareilles études ; — gardons-nous de professer que les textes et les documents sont tout, par réaction contre l'esprit théologique ou juridique.

Il ne faut pas que nos écoles catholiques belges ou françaises aient Tapparence de laisser à d'autres le monopole des constructions vigoureuses ou ingénieuses , et de nous enfermer dans la simple et éternelle préparation des matériaux. Apprenons à nos élèves à admirer des œuvres, comme celles de Fustel de Coulanges ou de Kurth, deux maîtres deThistoire critique en langue française, des œuvres, où l'exégèse des textes et des documents originaux et où l'analyse des faits et des témoignages est l'opération préalable, fondamentale, et nous dirions presque exclusive, si cette analyse et cette exégèse n'avaient pas pour résultat de rétrouver sous la lettre morte la réalité des institutions, des pensées, des sentiments, de la vie.

Quand il s'agit de l'histoire ecclésiastique et de la vie de l'Eglise, ce résultat vaut tous nos soins et nous paye de toutes i\os peines.

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